DAKAR, 10 février 2026(JVFE-Le gouvernement cubain a annoncé le 6 février 2026 une série de mesures d’urgence pour faire face à l’une des pires crises énergétiques de son histoire sous pression américaine. .
Ces pressions “nous poussent à appliquer un ensemble de décisions, en premier lieu pour assurer la vie de notre pays, les services de base, sans renoncer au développement”, a déclaré le vice-Premier ministre Oscar Pérez-Oliva Fraga, à la télévision d’Etat.
“Le carburant sera destiné à la protection des services essentiels pour la population et aux activités économiques indispensables”, a résumé le vice-Premier ministre, accompagné de plusieurs ministres, dont ceux du Travail de l’Éducation et des Transports.
Parmi les mesures annoncées figurent la réduction à quatre jours de la semaine de travail dans les administrations et les entreprises d’Etat, le télétravail, des restrictions à la vente de carburant, une réduction des services de bus et de trains, ainsi que la fermeture temporaire de certains établissements touristiques. En matière d’éducation, les journées de cours seront plus courtes et les universités fonctionneront sous forme semi-présentielle.
Mesures principales
- Semaine de quatre jours : Le temps de travail dans les entreprises d’État et les administrations est réduit à quatre jours (du lundi au jeudi) pour économiser l’énergie.
- Télétravail : Généralisation du travail à distance pour réduire les déplacements et la consommation des bureaux.
- Restrictions de transport : Réduction drastique des services de bus et de trains interprovinciaux.
- Rationnement du carburant : Les ventes sont limitées (ex: environ 20 litres par utilisateur) et certains carburants ne sont plus vendus en pesos cubains mais en dollars.
- Éducation et santé : Réduction des heures de cours, fermeture temporaire de certaines universités et report des interventions chirurgicales non urgentes.
Contexte de la crise
Cette situation critique est accentuée par plusieurs facteurs :
- L’arrêt des livraisons de pétrole vénézuélien suite à l’enlèvement du président Nicolás Maduro par les forces américaines début janvier 2026.
- Le durcissement du blocus américain avec des menaces de taxes douanières contre les pays fournissant du pétrole à l’île.
- Une pénurie totale de kérosène annoncée pour une durée d’un mois, obligeant les compagnies aériennes à repenser leurs vols vers l’île.
Le Kremlin a dénoncé des « méthodes asphyxiantes » de la part de Washington, tandis que les autorités cubaines tentent d’éviter un effondrement total du système électrique.
L’économie de l’île, sous embargo américain depuis 1962, avait commencé à se redresser à partir de 1997, portée par le développement du tourisme et l’investissement étranger. A partir de 2000, le pays avait pu compter sur un accord de coopération signé avec le Venezuela du président Hugo Chavez (1999-2013), prévoyant un approvisionnement en pétrole contre l’envoi de médecins, de professeurs et autres professionnels.
Or ces livraisons se sont totalement taries à la suite de l’enlèvement du président Nicolas Maduro début janvier par les forces américaines, et Donald Trump a fait monter la pression sur l’île communiste, enferrée depuis six ans dans une sévère crise économique. Le président américain a signé un décret indiquant que les Etats-Unis pourraient frapper de droits de douane les pays vendant du pétrole à La Havane. Il a par ailleurs assuré que le Mexique, qui fournit Cuba en pétrole depuis 2023, allait cesser de le faire.
Pour justifier sa politique, Washington invoque une « menace exceptionnelle » que ferait peser Cuba, île caribéenne située à seulement 150 km des côtes de la Floride, sur la sécurité nationale américaine. Le gouvernement cubain accuse Washington, qui n’a pas caché sa volonté de voir un changement de régime à La Havane, de vouloir « asphyxier » l’économie de l’île.
Fodé CISSE, Journaliste, Rédacteur en Chef & Directeur de Publication © JVFE

