DAKAR,07 MARS 2026(JVFE)-–Donald Trump, en pleine guerre en Iran, a officiellement lancé samedi avec plusieurs alliés d’Amérique latine une « coalition militaire » pour « éradiquer » les cartels, si besoin à coups de missiles, et refait des déclarations offensives sur Cuba.
Le président américain Donald Trump a officialisé le lancement de l’« Americas Counter-Cartel Coalition » (Coalition des Amériques contre les cartels) lors du sommet inaugural « Bouclier des Amériques » à Miami.
Voici les points clés de cette nouvelle initiative :
S’inspirant de la coalition internationale formée pour vaincre l’État islamique (EI), Trump appelle à une mobilisation similaire pour démanteler les réseaux criminels et terroristes dans l’hémisphère occidental.
Au moins 17 nations ont signé une déclaration de sécurité commune, incluant des dirigeants de l’Argentine, du Chili, de l’Équateur, du Salvador et d’autres alliés régionaux.
L’accord repose sur l’engagement d’utiliser la « puissance militaire » plutôt que de simples opérations de police pour détruire les cartels.
Il a assuré en Floride que l’île communiste, en proie à une grave crise économique et sociale, « vivait ses derniers instants » et déclaré qu’il allait « s’en occuper ».
Le président américain a annoncé dans un discours « une toute nouvelle coalition pour éradiquer les cartels criminels qui infestent notre région ».
Douze dirigeants, pour certains adeptes enthousiastes de la rhétorique nationaliste du président américain, l’ont rejoint au Trump National Doral Golf à Miami pour ce sommet appelé « Bouclier des Amériques », dont le président argentin Javier Milei et le chef d’État du Salvador Nayib Bukele.
Donald Trump a quitté la Floride après son allocution pour rejoindre la base aérienne de Dover, au Delaware, où il doit accueillir les dépouilles des six premiers soldats américains tués dans la guerre contre l’Iran.
Échos avec l’Iran
Le conflit au Moyen-Orient et la stratégie du président américain en Amérique latine, a priori distincts, se font pourtant écho.
Le milliardaire de 79 ans veut appliquer en Iran la même méthode qu’au Venezuela.
Après avoir capturé le dirigeant vénézuélien Nicolás Maduro dans une opération spectaculaire, l’administration Trump, sans promouvoir une alternance politique, a décidé de traiter avec l’ancienne vice-présidente Delcy Rodríguez, en particulier en matière pétrolière.
Donald Trump répète aussi qu’après l’offensive en Iran, il tournera ses regards vers Cuba.
Au moment où nous accomplissons une transformation historique au Venezuela, nous sommes aussi impatients de voir le grand changement qui va bientôt se produire à Cuba.
Donald Trump
« Ils veulent négocier, ils sont en train de négocier avec Marco [Rubio, le chef de la diplomatie américaine] et moi-même », a encore dit le dirigeant républicain.
Narcotrafic
La rencontre de samedi porte en particulier sur la lutte contre le trafic de drogue, un « cancer, et nous ne voulons pas qu’il s’étende » selon Donald Trump.
« Nous travaillons avec vous pour faire tout ce qui est nécessaire. Nous utiliserons des missiles. Vous voulez qu’on utilise un missile ? », a demandé le président américain en évoquant la criminalité organisée dans la région.
« Ils sont extrêmement précis. Hop, pile dans le salon, et c’est fini pour ce membre de cartel », a-t-il lancé.
Washington mène déjà depuis septembre une intense campagne de frappes aériennes contre des bateaux qu’il présente comme impliqués dans le narcotrafic dans les Caraïbes et le Pacifique. Au moins 150 personnes ont été tuées dans ces opérations.
Irene Mia, experte du International Institute for Strategic Studies (IISS), explique toutefois à l’AFP que « sans le Mexique et le Brésil, il sera difficile de s’attaquer aux problèmes » de criminalité organisée.
Ni la présidente mexicaine Claudia Sheinbaum ni le président brésilien Lula, tous deux de gauche, n’ont assisté au sommet. Autre absent notable : le président colombien Gustavo Petro, lui aussi progressiste.
Stratégie Militaire et « Doctrine Donroe »
Le président a proposé l’appui de l’armée américaine, y compris par des frappes de missiles ciblées, pour éliminer les chefs de cartels si les pays partenaires en font la demande.
Trump a exhorté ses alliés à localiser les cibles : « Nous avons un armement incroyable […] vous avez juste à nous dire où ils se trouvent ».
Cette stratégie marque l’application de la « doctrine Donroe » (contraction de Donald et Monroe), réaffirmant l’Amérique latine comme la zone d’influence exclusive des États-Unis face aux menaces criminelles et aux influences étrangères comme celle de la Chine.
Trump a désigné le Mexique comme l’« épicentre » de la violence des cartels. La présidente mexicaine Claudia Sheinbaum a précédemment rejeté toute intervention militaire américaine sur son sol, la qualifiant de violation de souveraineté.
Cette annonce intervient après que les États-Unis ont mené des frappes contre des cartels en Équateur plus tôt cette semaine, et suite à la capture du président vénézuélien Nicolás Maduro en janvier 2026 sous des accusations de narcoterrorisme.
Kristi Noem, ancienne secrétaire à la Sécurité intérieure, a été nommée envoyée spéciale des États-Unis pour cette nouvelle coalition.
Donald Trump a décrit samedi le Mexique comme « l’épicentre de la violence des cartels. »
Son sommet a aussi vocation à affirmer les ambitions américaines face à Pékin sur le continent, à quelques semaines d’une visite de Donald Trump en Chine.
Il est une mise en application de la « doctrine Donroe », une contraction du prénom du président américain et du nom de James Monroe, qui avait, il y a plus d’un siècle, désigné l’Amérique latine comme la chasse gardée des États-Unis.
Les pays représentés samedi sont : l’Argentine, le Salvador, l’Équateur, la Bolivie, le Costa Rica, la République dominicaine, le Guyana, le Honduras, Panama, le Paraguay, le Chili, et Trinité-et-Tobago.
Donald Trump, qui brouille la frontière entre les affaires de l’État et la promotion de ses intérêts privés, organisera aussi le sommet du G20 dans son golf de Doral cette année.
La décision a été abondamment critiquée par l’opposition, même si la Maison-Blanche assure que le président américain n’en tirera aucun profit.
Fodé CISSE, Journaliste, Rédacteur en Chef & Directeur de Publication © JVFE

