Dakar,12 NOVEMBRE 2025(JVFE)-C’est par lettre, datée du 10 septembre 2025, que le président de la coalition « Diomaye Président » a informé Aïda Mbodj, présidente de ladite coalition, de la fin de sa mission. « Je l’ai remerciée pour son engagement et son dévouement sans commune mesure, à la tête de la Coalition pour la victoire du 24 mars 2024 », a informé le président Bassirou Diomaye Faye dans sa note.
À la veille de l’élection présidentielle de 2024, la coalition Diomaye Président avait été créée pour soutenir la candidature de Bassirou Diomaye Faye. Mais plus d’un an après sa victoire, la coalition est traversée par de fortes turbulences internes, liées à la gestion jugée autoritaire de sa présidente, Aïda Mbodj.
Plusieurs membres dénoncent en effet un mode de fonctionnement trop rigide, reprochant à Aïda Mbodj d’exclure régulièrement du groupe WhatsApp de la coalition certains alliés pour avoir exprimé un avis divergent.
Ce climat de méfiance et de censure aurait progressivement installé une forme de léthargie, poussant une frange de militants à créer un nouvel espace de réflexion et d’action.
C’était dans ce contexte qu’est née la Plateforme nationale de la majorité présidentielle Jub Jubal Jubanti, dirigée par Sidy Makhtar Coly et Pape Sène. Présentée comme une alternative dynamique, celle-ci rassemble plus de 400 membres dans un groupe WhatsApp où se tiennent régulièrement des débats sur les politiques gouvernementales, les décisions du président Diomaye Faye, celles du Premier ministre et les activités de l’Assemblée nationale. Ces échanges ont notamment abouti à l’élaboration d’un plan de communication gouvernemental, présenté à l’Assemblée nationale et salué par les autorités.
Informée de cette initiative, Aïda Mbodj et ses partisans dénoncent une manœuvre visant à « saboter l’unité de la coalition ». La présidente, reprise par le quotidien d’information, réfute toute léthargie interne et assure que la coalition demeure active, citant de récentes propositions soumises au chef de l’État en vue d’un changement de nom et de perspective.
Cette polémique a relancé les débats au sein de la coalition, notamment sur le groupe WhatsApp des leaders, où de nombreux membres ont réaffirmé leur soutien à Aïda Mbodj. Certains accusent les dissidents d’utiliser les canaux internes pour préparer une opposition déguisée, tandis que d’autres les invitent à quitter la coalition sans créer de tensions.
De leur côté, Sidy Makhtar Coly et ses alliés assument leur démarche et revendiquent leur légitimité : ils disent œuvrer depuis plusieurs mois en dehors du cadre officiel de la coalition, tout en restant loyaux au projet politique de Diomaye Faye. Refusant de céder aux attaques, ils affirment vouloir se concentrer sur l’essentiel : accompagner le régime et contribuer à son rayonnement.

Dans la même lettre, il a attiré son attention sur une nécessaire réorganisation de la Coalition, dans le but de la rendre plus opérationnelle, mieux structurée et pleinement performante, au service de leur projet commun. « Je lui précisais que cette réorganisation devait être menée, dans une démarche inclusive qui nécessite la tenue d’une réunion de la Conférence des leaders. C’est pourquoi, j’avais demandé à Madame Aïda Mbodj de convoquer, dans les meilleurs délais, ladite Conférence afin de passer le témoin, à cette occasion, à son successeur qui prendrait le relai à compter de cette date », a-t-il ajouté.
« Je ne doute point que son expérience, son engagement et son esprit fédérateur nous seront d’un très grand apport dans la restructuration de notre organisation qui devra déboucher sur une coalition plus forte, au service de la vulgarisation positive de l’action du gouvernement, sous la conduite éclairée du Premier Ministre Ousmane Sonko », a-t-il conclu.
Cette décision intervient quelques jours seulement après la déclaration remarquée du Premier ministre Ousmane Sonko, lors du téra-meeting tenu à Téra. À cette occasion, le leader politique avait tenu à clarifier la position de la coalition présidentielle sur la question de la coordination. « Aïda Mbodji est la seule coordonnatrice de la coalition présidentielle », avait affirmé Ousmane Sonko, balayant les rumeurs faisant état d’un possible remplacement. Face aux spéculations évoquant la désignation d’une autre femme à ce poste, Ousmane Sonko s’était montré catégorique : « Il n’en sera jamais question. »
Le Premier ministre avait même lancé un avertissement à ceux qui nourriraient des ambitions politiques contraires : « Celui qui veut s’affirmer n’a qu’à descendre dans l’arène politique. » Ces propos, perçus comme un soutien direct à Aïda Mbodji, visaient à calmer les tensions internes et à réaffirmer son autorité au sein de la coalition. Pourtant, la décision présidentielle de mettre fin à son mandat vient prendre le contrepied de cette position et risque de relancer les spéculations sur les dissensions au sommet de la majorité.
Une conférence sera convoquée dans les meilleurs délais afin d’organiser la passation de service avec son successeur, qui prendra le relais à compter de cette date.

