Le Sommet international sur la COP30 s’achève en queue de poisson.

DAKAR, 23 NOVEMBRE 2025(JVFE)-Le projet d’accord présenté par la présidence brésilienne ne mentionne à aucun moment l’élimination progressive du pétrole, du gaz ou du charbon, en raison de la vive résistance de grands pays producteurs et de certaines économies émergentes. Le texte se limite à un appel à accélérer l’action climatique sur une base strictement « volontaire ».

Cette absence a déclenché une vive controverse lors de la séance plénière finale. Le président de la COP30, André Corrêa do Lago, a brièvement suspendu les travaux après que les délégations de l’Union européenne, de la Colombie, du Panama et de la Suisse ont publiquement manifesté leur opposition en brandissant des drapeaux de protestation.

À la reprise de la séance, il a confirmé l’adoption du texte malgré les objections et les critiques concernant l’absence de possibilité pour les États de s’exprimer publiquement.
« Je suis désolé. Je n’ai pas vu les drapeaux », a-t-il déclaré.

Plus de 80 pays, dont la Colombie, la France et l’Espagne, s’étaient mobilisés durant les deux semaines de négociation pour obtenir une feuille de route explicite sur la sortie des énergies fossiles.

La Colombie s’est montrée particulièrement virulente. La ministre de l’environnement, Irene Vélez, a estimé que la conférence avait failli à sa mission première.
« La Colombie n’acceptera pas un texte qui nie la science, compromet l’objectif de 1,5 °C et tourne le dos aux populations et à la vie », a-t-elle déclaré.

Le président colombien, Gustavo Petro, a également exprimé son refus sur les réseaux sociaux :
« Je n’accepte pas que la déclaration de la COP30 n’affirme pas clairement, comme le dit la science, que la crise climatique est causée par les combustibles fossiles utilisés par le capital », a-t-il écrit.

Le commissaire européen à l’action climatique, Wopke Hoekstra, a résumé la déception de plusieurs délégations : « Nous aurions souhaité aller beaucoup plus loin, notamment en matière d’ambition », a-t-il reconnu, tout en précisant que l’Union européenne « soutiendra » néanmoins le texte adopté.

Malgré la controverse, le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva a salué une conférence « réussie », affirmant que « la science a prévalu, le multilatéralisme a gagné ». Le Brésil s’est engagé à œuvrer dans le cadre volontaire entériné, jusqu’à la passation de la présidence de la COP31 à la Türkiye.

Les discussions ont été marquées par l’absence notable des États-Unis, premier producteur mondial de pétrole, qui n’ont pas pris part au sommet organisé à Belém.

La conférence sur le climat a reconnu la nécessité de mesures supplémentaires, mais n’a pas réussi à les mettre en œuvre.

Le 17 novembre , le pape Léon XIII s’est adressé par visioconférence au sommet des Nations Unies sur le climat pour souligner que « les inondations, les sécheresses, les tempêtes et la chaleur accablante » étaient des signes que « la création implore » d’agir davantage face au changement climatique. Des pluies torrentielles et des inondations avaient déjà perturbé les premiers jours de la conférence, qui se tenait à Belém, ville brésilienne située aux portes de l’Amazonie. Quelques jours plus tard, le message papal semblait encore plus prophétique lorsqu’un incendie a ravagé le bâtiment et que les délégués ont dû être évacués. Michael Mann, un éminent climatologue américain, a qualifié cet événement de « métaphore troublante et pertinente » pour ces négociations, dont beaucoup estiment qu’elles ne sont plus adaptées à leur objectif.

La COP30 rejette l’abandon des énergies fossiles, suscitant des protestations de plusieurs pays

– La résistance des pays producteurs de pétrole a contraint le sommet à adopter un texte affaibli, fondé sur le volontariat, suscitant de vives condamnations de la part des délégations colombienne et européennes

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