Moyen-Orient :l’Iran fait face aux menaces de Trump

DAKAR, 29 janvier 2026(JVFE)-L’Iran, « le doigt sur la détente », est prêt à répondre à toute attaque américaine, a affirmé mercredi le chef de la diplomatie iranienne répliquant aux menaces de Donald Trump, tout en répétant être prêt à un accord « juste et équitable » sur le nucléaire.

Abbas Araghchi a posté mercredi soir sur X un message mêlant menace et ouverture, après la mise en garde de Donald Trump affirmant que « le temps était compté » pour Téhéran.

Il a ajouté que « l’Iran a toujours accueilli favorablement un ACCORD NUCLÉAIRE mutuellement bénéfique, juste et équitable […] qui garantisse les droits de l’Iran à une technologie nucléaire PACIFIQUE et assure l’absence TOTALE D’ARMES NUCLÉAIRES », reprenant quasiment en miroir les termes du message du président américain.

 « Espérons que l’Iran acceptera rapidement de “s’asseoir à la table et de négocier un accord juste et équitable-PAS D’ARMES NUCLÉAIRES », avait auparavant déclaré Donald Trump sur son réseau Truth Social, tout en menaçant Téhéran d’une attaque « bien pire » que les frappes américaines menées contre ses sites nucléaires en juin dernier.

Peu après cette mise en garde, le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio a estimé quant à lui que l’Iran était « plus faible que jamais » et dit s’attendre à ce que les manifestations reprennent à terme.

Plus tôt dans la journée, Abbas Araghchi avait appelé les Américains, s’ils voulaient engager des pourparlers, à « cesser les menaces, les demandes excessives ».

Pour conjurer la menace d’intervention, l’Iran multiplie les contacts diplomatiques.  

Le président Massoud Pezeshkian s’est entretenu avec le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, qui lui a assuré que Riyad n’autoriserait pas l’usage de son territoire pour une attaque contre l’Iran.

Côté qatari, le premier ministre et chef de la diplomatie, Cheikh Mohammed ben Abdelrahmane al-Thani, a réitéré auprès de Ali Larijani, un proche conseiller du guide suprême iranien, « le soutien du Qatar à tous les efforts visant à la désescalade ».  

Au Caire, le ministre des Affaires étrangères Badr Abdelatty a parlé à la fois avec MM. Araghchi et l’émissaire américain Steve Witkoff, soulignant l’importance de « travailler à la désescalade ».  

 « Il est mauvais de relancer la guerre », a pour sa part affirmé le chef de la diplomatie turque, Hakan Fidan.

Le représentant chinois à l’ONU Fu Cong a de son côté mis en garde mercredi le Conseil de sécurité contre tout « aventurisme militaire » en Iran.

Dans le même temps, l’Iran a prévenu qu’il considérerait les pays voisins comme » hostiles « si leur territoire était utilisé pour le frapper.

Un haut responsable des forces navales des Gardiens de la Révolution a menacé d’un blocage du détroit d’Ormuz, passage clé pour le transport mondial de pétrole et gaz naturel liquéfié.

À Téhéran, de nouveaux panneaux montrant des frappes sur le porte-avions américain et portant des slogans anti-américains sont apparus, ont constaté des journalistes de l’AFP.

Parallèlement, de nouveaux bilans émergent sur la répression des manifestations qui ont défié le pouvoir iranien. D’après un bilan actualisé de l’ONG Human Rights Activists News Agency (HRANA), basée aux États-Unis, 6221 personnes ont été tuées durant le mouvement de contestation.

Parmi ces morts, elle a décompté 5856 manifestants, 214 membres des forces de sécurité, 49 passants et 100 mineurs.  

L’organisation, qui dispose d’un vaste réseau de sources dans le pays, enquête sur plus de 17 000 décès potentiels supplémentaires et estime qu’au moins 42 324 personnes ont été arrêtées dans une répression qui se poursuit.  

Selon HRANA, un premier procès lié aux manifestations s’est ouvert mardi près de Téhéran contre un homme accusé du meurtre d’un policier.  

La documentation de la répression par les ONG reste entravée par la coupure générale de l’internet imposée depuis le 8 janvier.

La mobilisation avait été lancée par des commerçants de Téhéran contre le marasme économique, encore aggravé par le rétablissement en septembre par l’ONU de sanctions internationales liées au programme nucléaire de Téhéran.  

 L’Iran « répondra comme jamais » en cas d’agression américaine, a réagi la mission iranienne à l’ONU sur X mercredi, après que le président américain Donald Trump a affirmé que « le temps était compté » avant une attaque. Plusieurs bâtiments de guerre américains sont positionnés dans la région.

Donald Trump a averti mercredi 28 janvier que « le temps était compté » avant une attaque contre l’Iran, secoué par un vaste mouvement de contestation réprimé dans le sang, Téhéran menaçant de répondre « comme jamais » en cas d’opération américaine. L’arrivée récente au Moyen-Orient d’un porte-avions et de son escorte porte désormais à dix le nombre de bâtiments de guerre américains dans la région, mettant à la disposition de Donald Trump une puissance de feu considérable s’il décidait de frapper l’Iran. Voici ce que l’on sait.

Dans son message publié sur son réseau Truth Social, Donald Trump, qui a brandi à plusieurs reprises la menace d’une intervention militaire face à la répression sanglante des manifestations en janvier, a évoqué cette fois-ci le dossier nucléaire iranien.

 « Espérons que l’Iran acceptera rapidement de “s’asseoir à la table” et de négocier un accord juste et équitable – PAS D’ARMES NUCLÉAIRES », a-t-il écrit, menaçant Téhéran d’une attaque « bien pire » que les frappes américaines menées contre ses sites nucléaires en juin dernier. Washington s’était alors joint à la guerre de 12 jours déclenchée par Israël contre son ennemi juré, soupçonné par les Occidentaux de vouloir se doter de l’arme atomique, ce qu’il dément.

Tout en pressant l’Iran de conclure un accord sur le nucléaire, Donald Trump a affirmé sur Truth Social que « le temps était compté » avant une attaque américaine contre Téhéran. « Une armada massive se dirige vers l’Iran », a déclaré le président américain.

Cette armada fait peu ou prou la même taille que celle déployée dans les Caraïbes avant l’opération américaine menée en début d’année pour enlever l’ancien dirigeant vénézuélien Nicolás Maduro dans le but de le traduire en justice à New York.

Un responsable américain a estimé mercredi à 10 le nombre total de navires américains au Moyen-Orient, dont le groupe aéronaval USS Abraham Lincoln, qui compte aussi trois destroyers et des avions de combat furtifs F-35C. Six autres bâtiments de guerre américains sont également déployés dans la région, trois destroyers et trois navires de combat littoral.

Peu après la mise en garde du président américain, son chef de la diplomatie Marco Rubio a estimé quant à lui que l’Iran était « plus faible que jamais » et dit s’attendre à ce que les manifestations reprennent à terme. De son côté, le chancelier allemand Friedrich Merz a affirmé mercredi que les jours du régime iranien étaient « comptés », estimant même que « cela pourrait se compter en semaines ».

La mission iranienne à l’ONU n’a pas tardé à réagir, affirmant sur X que l’Iran « répondrait comme jamais » à toute attaque américaine. « L’Iran se tient prêt pour un dialogue basé sur le respect et les intérêts mutuels – mais si on le pousse, il se défendra et répondra comme jamais ! », selon le message.

Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a affirmé, lui, que l’armée de son pays était prête « le doigt sur la gâchette » à riposter à toute attaque américaine, mais sans exclure des négociations sur le programme nucléaire de l’Iran.

« Nos courageuses Forces armées sont prêtes – le doigt sur la gâchette – à répondre immédiatement et avec puissance à TOUTE agression contre notre terre, notre espace aérien et nos eaux bien-aimés », a écrit Abbas Araghchi sur X. « Dans le même temps, l’Iran a toujours accueilli favorablement un ACCORD NUCLEAIRE mutuellement bénéfique, juste et équitable – sur un pied d’égalité, et à l’abri de toute coercition, menace et intimidation – qui garantisse les droits de l’Iran à une technologie nucléaire PACIFIQUE et assure l’absence TOTALE D’ARMES NUCLEAIRES », a-t-il ajouté.

Le porte-avions et les navires qui l’accompagnent ont été envoyés au Moyen-Orient au moment où les autorités iraniennes réprimaient durement des manifestations initialement motivées par des revendications économiques mais qui se sont transformées en mouvement de masse contre la République islamique.

Donald Trump a plusieurs fois menacé de frapper l’Iran en réponse à la répression des manifestations mais il a semblé revenir sur cet avertissement après avoir assuré que Téhéran avait suspendu des exécutions prévues de manifestants.

Des analystes estiment que les options envisagées par Washington incluent des bombardements de sites militaires ou des frappes ciblées contre des dirigeants pour faire tomber le pouvoir, aux commandes depuis la Révolution islamique de 1979. Pour conjurer la menace d’intervention, l’Iran multiplie les contacts diplomatiques.

Le président Massoud Pezeshkian s’est entretenu avec le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, qui lui a assuré que Ryad n’autoriserait pas l’usage de son territoire pour une attaque contre l’Iran.

Côté qatari, le Premier ministre et chef de la diplomatie, Cheikh Mohammed ben Abdelrahmane al-Thani, a réitéré auprès de Ali Larijani, un proche conseiller du Guide suprême iranien, « le soutien du Qatar à tous les efforts visant à la désescalade ».

Au Caire, le ministre des Affaires étrangères Badr Abdelatty a parlé à la fois avec MM. Araghchi et l’émissaire américain Steve Witkoff, soulignant l’importance de « travailler à la désescalade »« Il est mauvais de relancer la guerre », a pour sa part affirmé le chef de la diplomatie turque, Hakan Fidan. Le représentant chinois à l’ONU Fu Cong a de son côté mis en garde mercredi le Conseil de sécurité contre tout « aventurisme militaire » en Iran.

Côté européen, le chancelier allemand Friedrich Merz a affirmé que les jours du régime iranien étaient « comptés », estimant même que « cela pourrait se compter en semaines », et la France a indiqué soutenir l’inscription des Gardiens de la révolution, le bras armé de la République islamique, « sur la liste européenne des organisations terroristes ».

La France et l’Espagne ont manifesté leur soutien à la désignation du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) comme organisation terroriste, donnant ainsi un nouvel élan à une mesure symbolique que l’Union européenne a longtemps répugné à prendre.

L’idée d’inscrire le Corps des gardiens de la révolution islamique sur une liste noire est revenue sur le tapis après la violente répression des manifestants iraniens. Mais la France et l’Espagne, deux grands États membres, ont exprimé leur hésitation, jetant de sérieux doutes sur la possibilité d’atteindre l’unanimité nécessaire.

Le vent a tourné mercredi, un jour avant que les ministres des affaires étrangères ne se réunissent à Bruxelles pour discuter de cette question brûlante.

“La France soutient la désignation du Corps des gardiens de la révolution islamique sur la liste européenne des organisations terroristes”, a déclaré l’Élysée.

Des sources du ministère espagnol des affaires étrangères ont confirmé que Madrid voterait en faveur de cette inscription.

Le CGRI est accusé d’orchestrer la répression violente des manifestations en Iran, de fournir des armes à la Russie, de lancer des missiles balistiques sur Israël et d’entretenir des liens étroits avec des alliés armés tels que le Hezbollah, le Hamas et les Houthis du Yémen.

Les États-Unis, le Canada et l’Australie ont déjà désigné le CGRI comme une organisation terroriste. L’Allemagne et les Pays-Bas ont à plusieurs reprises exhorté l’Union européenne à leur emboîter le pas.

En début de semaine, l’Italie, qui était initialement réticente, a décidé d’approuver la décision après que de nouvelles données ont mis en évidence l’ampleur de la répression brutale exercée par l’Iran contre les manifestations de rue.

Selon l’agence de presse Human Rights Activists News Agency, qui vérifie chaque décès grâce à un réseau d’activistes en Iran, au moins 5 777 Iraniens ont été tués. (La coupure d’Internet a compliqué la collecte d’informations).

“La brutalité de ce que nous voyons a amené les ministres et les capitales à reconsidérer leurs positions”, a déclaré un diplomate de haut rang sous le couvert de l’anonymat.

“Il s’agit d’un signal important adressé au gouvernement iranien et d’une expression de soutien à la diaspora iranienne, qui réclame cette mesure depuis longtemps.

Désigner le CGRI comme organisation terroriste impliquerait un gel des avoirs, une interdiction de fournir des fonds et une interdiction de voyager pour tous ses membres, dont beaucoup sont déjà soumis à ces restrictions dans le cadre du régime de sanctions de l’UE.

Il s’agirait également d’une répudiation symbolique d’une organisation paramilitaire qui est en fait une branche de l’État sous l’emprise du guide suprême Ali Khamenei.

Fodé CISSE, Journaliste, Rédacteur en Chef & Directeur de Publication © JVFE

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