DAKAR,06 février 2026(JVFE)-Une valorisation de 1 060 milliards d’euros pour l’ensemble SpaceX-xAI réduit l’écart avec Tesla, alors que Musk mise sur l’IA et l’espace, tandis que Tesla fait face au ralentissement de sa croissance et à l’érosion des subventions.
SpaceX, la société d’Elon Musk, est désormais valorisée 1 250 milliards de dollars (1 060 milliards d’euros) après sa fusion avec la société d’intelligence artificielle xAI, réduisant l’écart avec Tesla et rebattant les cartes au sein de son empire industriel.
La capitalisation boursière de Tesla s’établit à environ 1 580 milliards de dollars (1 340 milliards d’euros), soit seulement 26 % de plus que la dernière valorisation privée de SpaceX.
Sur le papier, la plus grande partie de la fortune de Musk provient désormais du groupe spatial plutôt que du constructeur de voitures électriques.
La valeur de Tesla a reculé au début de 2026. Le titre cède environ 6 % depuis le début de l’année, après l’annonce début janvier d’une baisse de 16 % des livraisons de véhicules et d’un recul de 3 % du chiffre d’affaires total en 2025 — sa première baisse annuelle jamais enregistrée.
Elon Musk a coupé court aux spéculations grandissantes concernant le lancement d’un « Starlink Phone ». En réponse directe à un article de l’agence Reuters suggérant que SpaceX explorait la création d’un appareil mobile, le milliardaire a utilisé sa plateforme X pour rétablir sa vérité.
SpaceX, l’entreprise spatiale d’Elon Musk, va absorber xAI, son entreprise d’intelligence artificielle qui développe le robot IA Grok et le réseau social X, a annoncé lundi le multimilliardaire, en pleine opération pour lever les milliards nécessaires à ses ambitions futuristes.
« SpaceX a fait l’acquisition de xAI pour former le moteur d’innovation (…) le plus ambitieux sur Terre (et au-delà), alliant l’IA, les fusées, l’internet spatial, les communications directes vers les mobiles et la plus importante plateforme d’information en temps réel et de liberté d’expression au monde », a écrit l’homme le plus riche du monde dans un message publié sur le site de SpaceX.
Cette fusion précède le projet d’introduction en bourse cette année du groupe de fusées et de satellites, annoncée comme la plus massive de l’histoire. SpaceX cherche à lever 50 milliards de dollars grâce à cette opération, a rapporté le Financial Times, selon qui l’entreprise vise une entrée en Bourse mi-juin.
Elon Musk, qui détient aussi Tesla, justifie cette fusion préalable comme une étape pour accomplir le « prochain chapitre » de SpaceX : construire en orbite des centrales photovoltaïques géantes, plus efficaces que sur la Terre, combinées à des centres de données d’IA.
L’annonce ne précise ni les modalités financières de l’acquisition, ni de calendrier de déploiement.
Ce projet, qu’il qualifie de « soleil conscient » (« sentient sun »), s’inscrit dans son ambition d’établir des « bases autonomes sur la Lune » avant « une civilisation entière sur Mars et au final une expansion dans l’univers », écrit Elon Musk dans son message, ponctué de références à la futurologie.
« Lancer une constellation d’un million de satellites fonctionnant comme des centres de données orbitaux est une première étape pour devenir une civilisation de type II sur l’échelle de Kardashev », autrement dit capable de capter toute l’énergie de l’étoile de son système, assure l’homme d’affaires en citant ce concept de classement établi dans les années 1960 par un astronome soviétique.
À plus court terme, « la demande mondiale d’électricité pour l’IA ne peut tout simplement pas être satisfaite avec des solutions terrestres (…) sans imposer des difficultés aux communautés et à l’environnement », justifie le multimilliardaire.
Concurrence avec Blue Origin
SpaceX domine le marché des lancements avec ses fusées réutilisables et possède la plus grande constellation de satellites, Starlink.
Elle développe aujourd’hui Starship, la plus grande fusée jamais conçue pour des voyages spatiaux habités.
Mais elle doit faire face à la concurrence annoncée de New Glenn, la fusée de Blue Origin, société spatiale du fondateur d’Amazon, Jeff Bezos.
La course opposant les deux multimilliardaires s’est récemment intensifiée autour du programme lunaire Artémis de la Nasa, après que l’agence spatiale américaine a évoqué la possibilité de se passer de SpaceX en raison de retards.
Selon Bloomberg, la nouvelle entité issue de la fusion de SpaceX et xAI afficherait une valorisation de 1 250 milliards de dollars. Le Financial Times avançait la semaine dernière un objectif de 1 500 milliards.
xAI, qui développe le robot conversationnel Grok et a absorbé en 2025 le réseau social X, trois ans après le rachat de Twitter, a été valorisée à 230 milliards de dollars lors d’une levée de fonds en janvier.
La valorisation de SpaceX, fondée en 2002 par Elon Musk, était estimée à 800 milliards de dollars fin 2025.
Le projet d’introduction en bourse du groupe d’ici cet été reste toutefois semé d’embûches administratives et politiques.
SpaceX est actuellement détenue par Elon Musk et par une multitude de fonds d’investissement. Alphabet, maison mère de Google, possède aussi des parts.
En devenant une société cotée, SpaceX devrait diversifier ses investisseurs, dont des particuliers, et permettre à ses actionnaires de vendre plus facilement leurs parts en empochant une importante plus-value.
En contrepartie, l’entreprise sera soumise à une plus grande transparence financière et pourrait subir une forte pression pour être rentable.
Un démenti catégorique
Alors que des rapports internes laissaient entendre que SpaceX envisageait de concevoir un smartphone capable de se connecter directement à sa constellation de satellites Starlink, la réaction du PDG ne s’est pas fait attendre. Elon Musk a été on ne peut plus clair :
« Nous ne développons pas de téléphone. »
Cette mise au point intervient alors que Starlink continue de dominer le marché de l’internet par satellite avec plus de 9 500 satellites en orbite. Si la technologie « Direct-to-Cell » (permettant aux téléphones actuels de se connecter aux satellites) est une priorité pour l’entreprise, la fabrication d’un matériel propre ne semble pas à l’ordre du jour.
Une hostilité marquée envers Reuters
Fidèle à son style habituel, Musk n’a pas seulement nié l’information, il s’en est pris violemment à la source du rapport. Dans un message séparé, il a fustigé l’agence de presse :
« Reuters ment sans relâche. »
Cette déclaration s’inscrit dans une relation historiquement tendue entre l’entrepreneur et les grands médias traditionnels, qu’il accuse régulièrement de propager de fausses informations pour nuire à ses entreprises (Tesla, SpaceX, xAI).
Pourquoi la rumeur persistait-elle ?
L’idée d’un téléphone Starlink n’était pas née de nulle part. Fin janvier, Musk lui-même avait répondu à un internaute qu’un tel projet n’était « pas hors de question à l’avenir », tout en précisant qu’un tel appareil devrait être radicalement différent des iPhones actuels, notamment en étant optimisé pour les réseaux neuronaux et l’intelligence artificielle.
Pour l’heure, les utilisateurs devront se contenter des partenariats de SpaceX avec des opérateurs existants (comme T-Mobile) pour bénéficier d’une couverture satellite sur leurs smartphones habituels.
Fodé CISSE, Journaliste, Rédacteur en Chef & Directeur de Publication © JVFE
