Madagascar:la Banque centrale maintient le taux directeur à 12 % pour contenir l’inflation

DAKAR,06 février 2026(JVFE)-À Madagascar, la croissance économique est estimée à 3,4 % en 2025, portée principalement par le commerce et les services. Les perspectives pour début 2026 restent modestes, avec une reprise graduelle attendue à partir du deuxième trimestre. Sur le marché des changes, l’ariary a connu des évolutions contrastées face à l’euro et au dollar en 2025, avant de s’apprécier face aux deux devises en janvier 2026, une tendance jugée encourageante à court terme.

La Banky Foiben’i Madagasikara (BFM) a décidé de maintenir son taux directeur à 12,00 %, à l’issue de la dernière réunion de son Comité monétaire. Ce choix vise à préserver la stabilité économique du pays et à poursuivre la lutte contre l’inflation, tout en soutenant progressivement la croissance.

Selon cette « Décision de politique monétaire », l’inflation montre des signes d’accalmie. Elle est revenue à 7,2 % en décembre 2025, après un pic de 9,5 % un an plus tôt. La détente des cours internationaux, notamment du riz et du pétrole, ainsi que le resserrement monétaire engagé, ont allégé les pressions. Mais la BFM reste vigilante. Les tensions sur l’offre et la liquidité élevée du système bancaire entretiennent des risques.
Le gouverneur Aivo An­drianarivelo évoque une trans­mission lente des décisions monétaires. « On ne peut pas dire qu’il y a une transmission immédiate. La transmission est décalée », expliquait-il lors de la présentation officielle de ce rapport, hier à Antaninarenina. A Madagascar, les taux appliqués par les banques ne sont pas encadrés. « Quel que soit le taux directeur, il existe un décalage avec les taux du marché », précise-t-il, soulignant qu’une réflexion est en cours sur un éventuel encadrement

Selon la Banque centrale, ce niveau du taux directeur reste adapté à l’objectif d’une inflation autour de 5 % à moyen terme. Après une période de fortes tensions sur les prix, la situation montre des signes d’amélioration. En glissement annuel, l’inflation est retombée à 7,2 % en décembre 2025, contre un pic de 9,5 % enregistré en janvier de la même année. Cette baisse s’explique notamment par le recul des prix internationaux du riz et du pétrole, ainsi que par les mesures de resserrement monétaire mises en place ces derniers mois.

La Banky Foiben’i Madagasikara (BFM) maintient son taux directeur à 12,00 % pour stabiliser l’économie et lutter contre l’inflation, qui a baissé à 7,2 % en décembre 2025 contre 9,5 % en janvier 2025

. Cette politique prudente vise à contenir l’inflation fragile et la surliquidité bancaire, tout en soutenant une croissance de 3,4 % en 2025, avec une relance attendue pour début 2026. 

Les points clés du maintien du taux : 

  • Objectif Inflationniste : Viser une inflation proche de 5%5 %5% à moyen terme, malgré une désinflation fragile et des risques externes.
  • Conjoncture 2025-2026 : La croissance malgache a été de 3,4%3 comma 4 %3,4% en 2025, portée par le commerce et les services.
  • Marché des Changes : L’ariary s’est apprécié face à l’euro et au dollar en janvier 2026, avec des réserves de change atteignant 3,6 milliards de dollars.
  • Liquidités Bancaires : La BFM encourage les banques à utiliser leurs excédents de liquidité pour le financement de l’économie réelle, notamment face à une surliquidité du marché.
  • Approche Prudente : La BFM reste vigilante face aux risques géopolitiques et à la saison cyclonique pour consolider la stabilité. 

Pour 2026, la tendance générale reste orientée à la baisse, mais la Banque centrale se montre prudente. Elle souligne que la désinflation demeure fragile en raison de déséquilibres persistants entre l’offre et la demande, ainsi que d’un niveau élevé de liquidités dans le système bancaire. Un assouplissement trop rapide de la politique monétaire pourrait, selon BFM, raviver les pressions inflationnistes, affaiblir le pouvoir d’achat de l’ariary et freiner la reprise économique.

Sur le plan international, la croissance mondiale s’est établie à 3,3 % en 2025, avec une inflation en recul progressif, bien que contrastée selon les régions. L’Afrique subsaharienne continue d’enregistrer un niveau d’inflation élevé, autour de 13 %, tandis que les grandes banques centrales adoptent une attitude prudente face aux incertitudes économiques et géopolitiques.

Les réserves de change ont également été renforcées, atteignant 3,6 milliards de dollars, soit près de sept mois d’importations. Dans ce contexte, la Banque centrale encourage les banques à utiliser leurs excédents de liquidité pour financer l’économie réelle, plutôt que de les conserver auprès de la BFM.

Face aux risques externes, aux tensions géopolitiques et à la saison cyclonique, la Banque centrale affirme qu’elle continuera d’adopter une approche prudente, afin de consolider la stabilité macroéconomique et soutenir une relance durable et inclusive.

Fodé CISSE, Journaliste, Rédacteur en Chef & Directeur de Publication © JVFE

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