
DAKAR, 03 MARS 2026(JVFE)-En représailles aux frappes israéliennes et américaines, Téhéran a interdit dès le samedi 28 février au soir aux navires de commerce et aux pétroliers d’emprunter le détroit d’Ormuz. C’est un passage stratégique parce qu’il voit transiter une grande partie des productions mondiales de pétrole et de gaz.
Le détroit d’Ormuz est le principal goulet d’étranglement maritime pour le pétrole du Moyen-Orient.
Les oléoducs terrestres permettent également d’exporter ces hydrocarbures et d’éviter le détroit d’Ormuz, lieu stratégique et seule ouverture maritime vers la mer d’Oman et l’océan Indien, qui voit transiter 21% du pétrole mondial.
Il etait envisable qu ‘en cas d’agression, Téhéran n’hésiterait pas à bloquer l’accès au détroit d’Ormuz. Quelques heures après les premières frappes israéliennes et américaines au matin du 28 février, elle était mise à exécution. Pas d’annonce officielle, mais des messages radio envoyés aux navires. Pour l’industrie du pétrole, c’est une situation sans précédent. Environ 20 % de l’approvisionnement mondial en pétrole et en gaz naturel liquéfié doit transiter par cet étroit passage pour sortir du Golfe persique.
La situation au détroit d’Ormuz est devenue critique au début de mars 2026, provoquant une onde de choc sur l’économie mondiale. Bien que le détroit ne soit pas officiellement “fermé” par un blocus physique total, il est de facto paralysé en raison des hostilités militaires.
État de la situation (Mars 2026)
- Suspension du trafic : Depuis le 28 février 2026, les grandes compagnies maritimes comme Maersk, Hapag-Lloyd et MSC ont suspendu leurs passages ou dérouté leurs navires vers le Cap de Bonne-Espérance.
- Menace militaire : Téhéran a interdit le transit aux navires de commerce en réponse à des frappes israéliennes et américaines. Le niveau de menace maritime a été relevé à “critique” par le Joint Maritime Information Center.
- Incidents réels : Au moins trois pétroliers ont été endommagés par des projectiles entre le 1er et le 2 mars, et un marin a été tué lors d’une attaque de drone.
Risque géopolitique : En cas de blocage, une grande partie des exportations de pétrole et de gaz de la région serait bloquée, impactant les prix mondiaux.
Le détroit est le verrou de 20 % de la consommation mondiale de pétrole et d’un cinquième du gaz naturel liquéfié (GNL).
- Envolée des prix : Le prix du baril de Brent a bondi de 13 % dès l’ouverture le 2 mars, dépassant les 80 dollars, avec des prévisions pouvant atteindre 120 dollars si le blocage se prolonge.
- Coûts de transport : Le déroutement des navires autour de l’Afrique augmente massivement les délais et les frais de transport, alimentant les pressions inflationnistes mondiales.
- Assurances : De nombreux assureurs ont commencé à retirer leur couverture pour les risques de guerre dans le golfe Persique, immobilisant davantage de navires.
Alternatives limitées
Même en utilisant au maximum les oléoducs alternatifs en Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis, environ deux tiers des exportations du Golfe resteraient bloquées.
Malgré les oléoducs saoudiens et émiratis, la majorité des exportations du Golfe dépendent de cette voie maritime, rendant une fermeture du détroit paralysante pour l’approvisionnement
À l’ouverture de la cotation dimanche 1er mars au soir, sans surprise le baril de Brent, qui sert de référence pour la production du Golfe, a bondi et atteint 82 dollars. Vendredi, juste avant l’attaque contre l’Iran, son prix n’était que de 72 dollars. Et c’est bien le but recherché par Téhéran. Le pouvoir iranien veut utiliser ce levier pour mettre la pression sur Donald Trump, qui ne veut pas d’un pétrole cher. En menaçant une partie des revenus pétroliers des pays du Golfe, Téhéran pousse aussi ces États à agir en faveur d’une sortie de crise.
L’ouverture des marchés le dimanche 1er mars 2026 a effectivement été marquée par une flambée brutale des cours du pétrole, avec un baril de Brent atteignant brièvement les 82 dollars. Cette hausse de plus de 10 % fait suite aux frappes menées par les États-Unis et Israël contre l’Iran, provoquant une riposte immédiate de Téhéran.
Le président américain a indiqué que l’opération militaire pourrait durer “un mois ou plus”. Or, une hausse durable du prix du baril contredit sa volonté de maintenir un pétrole bon marché pour l’économie américaine.
Le trafic des pétroliers est quasiment à l’arrêt dans ce passage stratégique par lequel transite environ 20 % de l’approvisionnement mondial. L’Iran utilise ce levier pour internationaliser la crise et forcer les pays du Golfe à réagir.
Des attaques de drones ont visé des infrastructures clés, notamment la raffinerie de Ras Tanura en Arabie saoudite, forçant le géant Saudi Aramco à suspendre temporairement certaines opérations.
Pour tenter de stabiliser les marchés, l’OPEP+ a convenu d’augmenter sa production de 206 000 barils par jour dès avril, bien que cette mesure soit jugée insuffisante par les analystes pour compenser les risques de rupture totale de l’offre. Les analystes de banques comme Goldman Sachs et Citi avertissent que si le conflit se prolonge au-delà de trois semaines, le Brent pourrait franchir la barre symbolique des 100 à 120 dollars.
Fodé CISSE, Journaliste, Rédacteur en Chef & Directeur de Publication © JVFE
