Conflit au Moyen-Orient :Donald Trump menace le nouveau dirigeant choisi par l’Iran

DAKAR,09 MARS 2026(JVFE)-Le président américain Donald Trump a prévenu que le nouveau guide suprême iranien désigné dimanche « ne tiendra pas longtemps » sans son aval, et ce avant même que le nom du successeur d’Ali Khamenei ne soit dévoilé.

À la suite de la désignation d’un nouveau Guide suprême en Iran pour succéder à l’ayatollah Ali Khamenei, Donald Trump a déclaré que ce dernier « ne tiendra pas longtemps » s’il n’obtient pas l’aval des États-Unis. 

Ces menaces s’inscrivent dans un contexte d’escalade militaire majeure débutée le 28 février 2026 par une opération conjointe américano-israélienne contre l’Iran. 

Le président américain a adopté une posture d’ingérence directe dans la succession iranienne, affirmant vouloir un dirigeant qui apporte « la paix et l’harmonie ».

Le président Donald Trump a encore affirmé hier, sur son réseau Truth Social, que les Etats-Unis vont « frapper très durement » l’Iran avec une nouvelle série d’attaques qui, selon lui, viseront des cibles jusque-là épargnées.
Cette annonce intervient alors que les attaques américano-sionistes conjuguées se poursuivent quotidiennement, en témoignent les bombardements subis, hier, par l’aéroport de Téhéran où un important incendie s’est déclaré.

Comme en écho, le président iranien Massoud Pezeshkian a martelé sur la télévision d’Etat que son pays ne cédera jamais aux exigences de Washington et de son allié sioniste .

« Aujourd’hui, l’Iran sera frappé très durement! », a écrit Donald Trump sur Truth Social, tout en menaçant d’élargir les attaques à « des zones et des groupes de personnes qui n’avaient encore jamais été considérés comme des cibles ».
Il n’a pas précisé ni la nature des zones ni celle des groupes de personnes que son propos inclut.
Hier, le conflit a abordé la deuxième semaine tandis que le pétrole poursuit son ascension, entre brusque envolée et relative accalmie.

Il faut dire que la guerre n’épargne pratiquement aucun pays de la région moyen-orientale, l’Iran ayant quasi quotidiennement répliqué aux attaques américano-sionistes par des salves de missiles et de drones à l’encontre des bases américaines de l’ensemble des pays membres du Conseil de Coopération du Golfe (CCG). En outre, le blocage du détroit d’Ormuz où des dizaines et des dizaines de navires sont à l’arrêt sur ordre des compagnies qui les ont affrétés, parmi lesquelles les plus importantes dans le monde, risque de durer malgré la toute récente annonce de Washington sur une improbable escorte des bâtiments durant leur traversée hasardeuse. Téhéran a aussitôt averti que la réponse sera aussi ferme qu’immédiate.
Cette paralysie des flux d’hydrocarbures ne devrait pas s’estomper avant plusieurs jours, voire plusieurs semaines, malgré les tentatives américaines pour donner le change.
Au soir du 28 février, date du lancement pour la seconde fois des attaques américano-sionistes contre l’Iran, alors engagé dans des pourparlers avec Washington sur le nucléaire, le président Trump avait exhorté le peuple iranien à écarter les dirigeants de la République islamique, créée en 1979.

C’était manifestement un objectif nouveau, après que les Etats-Unis et l’entité sioniste affirmaient leur intention d’anéantir les capacités balistiques de l’Iran tout en l’empêchant de se doter de la bombe atomique, une accusation sans cesse démentie par Téhéran.

Après des milliers d’attaques depuis une semaine, au cours desquelles d’importants dirigeants politiques et militaires iraniens ont été tués, la situation demeure incertaine et les objectifs, tant avoués qu’occultés des Etats-Unis et de leur allié sioniste, s’avèrent aujourd’hui encore plus ou moins théoriques, face à une riposte systématique et déterminée de l’Iran. 

Ses déclarations incluent : 

Trump a prévenu que sans la reconnaissance de Washington, le nouveau pouvoir iranien serait éphémère.

Il a écarté toute possibilité d’accord, exigeant une « capitulation sans condition » de la part de Téhéran.

Il a laissé entendre que les États-Unis avaient leurs propres candidats privilégiés, tout en s’opposant à la nomination de Mojtaba Khamenei, le fils de l’ancien Guide.

Le président n’exclut pas l’envoi de troupes au sol et menace d’« éliminer » les dirigeants actuels. 

Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a rétorqué que le choix du successeur incombe exclusivement au peuple iranien.

L’Iran a menacé de cibler les sites pétroliers dans le Golfe si Israël continue de frapper ses infrastructures énergétiques. Les Gardiens de la révolution se disent prêts à affronter « au moins six mois de guerre intense ».

 L’escalade fait craindre le pire à Beyrouth, où près de 10 % de la population a déjà été déplacée par les frappes. 

« Le vote pour nommer le guide a eu lieu et le guide a été choisi », a annoncé dimanche matin Ahmad Alamolhoda, membre de l’Assemblée des experts, précisant que le secrétariat de l’instance annoncerait le nom ultérieurement. Mais plusieurs heures après, son nom n’était toujours pas connu.

D’autres membres de cette assemblée chargée de désigner le nouveau leader, qui ne s’est pas réunie en présentiel, ont confirmé la désignation, l’un d’eux suggérant que le nouveau guide serait Mojtaba Khamenei, fils du défunt ayatollah au pouvoir depuis 1989 et tué au premier jour de la guerre le 28 février.

Donald Trump, qui avait fait savoir jeudi qu’il n’accepterait pas que Mojtaba Khamenei prenne la relève, a mis en garde.

 « Il [le nouveau guide suprême, NDLR] va devoir obtenir notre aval. S’il n’obtient pas notre aval, il ne tiendra pas longtemps », a-t-il déclaré, alors que le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi a réaffirmé que le choix du successeur d’Ali Khamenei incombe au « peuple iranien » et à « personne d’autre ».

Le peu d’empressement de l’Iran à annoncer le nom de son nouveau leader peut aussi s’expliquer par les menaces qui le vise. Israël a annoncé mercredi qu’il serait « une cible ».  

Outre Mojtaba Khamenei, considéré comme l’une des personnalités les plus influentes du pouvoir, le nom d’Hassan Khomeini, petit-fils du fondateur de la République islamique, l’ayatollah Rouhollah Khomeini, est également évoqué.

Téhéran menace les sites pétroliers

La désignation du nouveau guide suprême survient alors que l’Iran, toujours secoué par d’intenses frappes, assure être prêt à « au moins six mois de guerre », faisant fi des appels à la « capitulation inconditionnelle » lancés par Donald Trump. Ce dernier a évoqué un possible envoi futur de troupes au sol en Iran pour contrôler les stocks d’uranium enrichi du pays.

Dimanche après-midi, des explosions été entendues dans la capitale, déjà plongée au petit matin dans l’obscurité et enveloppée d’un voile noir, selon les journalistes de l’AFP.

PHOTO MAJID ASGARIPOUR, WANA, FOURNIE PAR REUTERS

De la fumée s’élève de réservoirs de carburant de Shahran après une frappe à Téhéran, en Iran, le 8 mars 2026.

L’armée israélienne a dit avoir frappé « plusieurs » réservoirs de carburant utilisés selon elle pour faire fonctionner les infrastructures militaires, avant d’annoncer dans l’après-midi avoir frappé le QG de la force aérospatiale des Gardiens de la Révolution, l’armée idéologique du pouvoir iranien.

Après cette première attaque rapportée contre des infrastructures pétrolières iraniennes depuis le 28 février, l’armée iranienne a menacé de cibler des sites pétroliers de la région. « Si vous pouvez supporter un pétrole à plus de 200 dollars le baril, continuez avec ce jeu », a-t-elle menacé.

Aux abords des sites touchés, des forces de sécurité en imperméable, pour se protéger des retombées toxiques, et munies de masques de protection respiratoire, filtrent la circulation. Les vitres des immeubles résidentiels aux alentours ont été soufflées.  

La distribution d’essence est désormais limitée à 20 litres par véhicule, et des files d’attente s’étirent le long des stations-service de Téhéran, a constaté l’AFP dimanche, journée de reprise après une semaine fériée décrétée après la mort d’Ali Khamenei.  

« L’air est devenu irrespirable », témoigne une habitante jointe par téléphone depuis Paris : « La guerre est en train de s’étendre. Ce n’est pas ce que nous voulions. Nous ne voulions pas qu’ils bombardent nos richesses nationales pour nous rendre encore plus pauvres que nous ne le sommes déjà ».

Selon le dernier bilan du ministère iranien de la Santé, plus de 1200 personnes ont été tuées et plus de 10 000 civils blessés, des affirmations que l’AFP n’a pas pu vérifier.

Par ailleurs au Liban, le cœur de Beyrouth a été touché dans la nuit par une frappe sur un hôtel situé sur la touristique corniche.

PHOTO CLAUDIA GRECO, REUTERS

L’hôtel Ramada a été frappé par Israël, le 7 mars 2026 à Beyrouth, au Liban.

Israël a dit avoir mené une « frappe de précision » contre « d’importants commandants » de la Force Qods, branche des opérations extérieures des Gardiens de la Révolution.

Le bilan des frappes israéliennes menées dans le pays contre le Hezbollah pro-iranien s’élève désormais à 394 morts, a indiqué dimanche le ministre de la Santé libanais.

Le bilan des frappes aériennes menées par l’entité sioniste vendredi dans l’est du Liban s’est alourdit à 41 martyrs et 40 blessés, a indiqué l’agence de presse libanaise (ANI) citant le ministère de la Santé. La série de frappes sionistes sur la village de Nabi Chit et dans les environs, dans le district de Baalbek à l’est du Liban, a fait au total 41 martyrs et 40 blessés, souligne l’ANI. Un précédent bilan faisait état de neuf morts et 17 blessés. Les équipes de secours et de protection civile libanaises poursuivent leurs opérations dans les zones touchées afin de déblayer les décombres et d’évacuer les blessés, ajoute la même source. En violation du cessez-le-feu en vigueur conclu depuis fin novembre 2024, l’armée sioniste poursuit ses agressions contre le Liban, faisant des centaines de martyrs et de blessés. Le cessez-le-feu stipulait que les forces sionistes devaient retirer leurs forces du Sud-Liban. Or, l’armée sioniste maintient cinq avant-postes sur le territoire libanais, une mesure critiquée par les autorités libanaises, qui exigent la fin de ce déploiement . 

Le roi du Bahreïn « attristé »

En riposte aux bombardements, l’Iran continue de tirer missiles et drones vers des infrastructures dans le Golfe, riche en hydrocarbures et qui abrite plusieurs bases militaires américaines.  

Le Koweït a fait état de frappes sur des réservoirs de carburant de son aéroport, Bahreïn de dommages sur une station de dessalement.  

En Arabie saoudite, deuxième producteur mondial de pétrole derrière les États-Unis (l’Iran étant dans les dix premiers), c’est le quartier diplomatique de Riyad qui a été visé par une attaque de drone, déjouée selon le gouvernement. Une autre frappe a visé le gisement de pétrole de Shaybah (sud-est), tandis qu’un « projectile » tombé sur une zone résidentielle au sud de Riyad a fait deux morts.

Des explosions ont également été entendues à Abou Dabi, ainsi qu’en Israël où les secours ont fait état de six blessés.

PHOTO DYLAN MARTINEZ, REUTERS Traînées de fumée dans le ciel après l’interception par Israël de missiles lancés depuis l’Iran, vues de Tel-Aviv, en Israël, le 8 mars 2026

Dans une rare intervention publique, le roi du Bahreïn Hamad ben Issa al-Khalifa s’est dit « profondément attristé » par ces « attaques sans précédent » qui « ne sauraient être justifiées par aucun prétexte de la part de l’Iran ».  

Le chef de la Ligue arabe a, lui, qualifié d’« irresponsables » les attaques de l’Iran sur ses voisins. La Chine et la Russie restent quant à elles largement en retrait malgré leurs liens étroits avec Téhéran.  

Le conflit paralyse une grande partie des flux d’hydrocarbures en provenance du Golfe. Le détroit d’Ormuz demeure au centre des inquiétudes, avec quelque 20 % de la production mondiale de pétrole et près de 20 % du gaz naturel liquéfié (GNL) qui y transite habituellement.

Un septième militaire américain est mort

Un septième militaire américain est mort dans la guerre contre l’Iran. « La nuit dernière, un militaire américain est mort des suites de ses blessures subies pendant les premières attaques menées par le régime iranien à travers le Moyen-Orient », écrit le commandement américain pour la région sur le réseau social X. Il « avait été grièvement blessé sur les lieux d’une attaque contre les troupes américaines en Arabie saoudite le 1er mars », lendemain du déclenchement de l’offensive israélo-américaine, précise-t-il.

La communauté internationale et l’ONU appellent à la retenue pour éviter un embrasement total de la région. 

Fodé CISSE, Journaliste, Rédacteur en Chef & Directeur de Publication © JVFE

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