Conflit au Moyen-Orient : il« ne reste pratiquement rien à frapper » en Iran, selon Trump

DAKAR,11 MARS 2026(JVFE)-La guerre en Iran et au Moyen-Orient est entrée dans son douzième jour ce mercredi 11 mars. Israël a une nouvelle fois mené des frappes sur l’Iran et Beyrouth, tandis que trois navires ont été touchés par des “projectiles inconnus” près du détroit d’Ormuz.

Le président américain Donald Trump a déclaré ce mercredi 11 mars 2026 qu’il « ne reste pratiquement rien à frapper » en Iran. Selon lui, les objectifs militaires américains et israéliens auraient été largement atteints, rendant une fin du conflit imminente. 

Lors d’un entretien avec le média Axios, Donald Trump a affirmé que la guerre se terminerait « bientôt ». Il a précisé : « Dès que je souhaiterai que ça s’arrête, ça s’arrêtera ».

 Le président a souligné que l’Iran avait « perdu son armée de l’air » et que ses principaux dirigeants avaient été éliminés. Il a également mentionné que les forces américaines avaient déjà frappé plus de 5 000 cibles.

Bien qu’il évoque une fin rapide, Trump a précisé qu’il gardait « certaines des cibles les plus importantes pour plus tard » en cas de besoin et que le calendrier de retrait restait à sa seule discrétion.

Ces déclarations ont contribué à une détente sur les marchés, faisant repasser le prix du baril de pétrole sous la barre des 90 dollars après un pic à 120 dollars. 

En parallèle, le commandement militaire américain (Centcom) a appelé les civils iraniens à s’éloigner des ports du détroit d’Ormuz, considérés comme des cibles militaires potentielles. De son côté, Emmanuel Macron a tempéré ces propos en prévenant que les capacités militaires de l’Iran ne sont pas pour autant « réduites à zéro ».

Au moins huit personnes ont été tuées mercredi dans une nouvelle frappe israélienne dans le sud du Liban, a affirmé le ministère de la Santé.

“Le bilan provisoire de la frappe israélienne sur la ville de Tibnine, dans le district de Bint Jbeil, est de huit morts”, a-t-il annoncé dans un communiqué. Selon l’Agence nationale d’information (Ani, officielle) la frappe a visé un bâtiment occupé par des déplacés, et cinq membres d’une même famille figurent parmi les victimes.

L’armée iranienne dit vouloir frapper “les centres économiques et les banques” dans le Golfe, après une attaque israélo-américaine sur un établissement bancaire de Téhéran.

“L’ennemi nous a donné carte blanche pour cibler les centres économiques et banques” appartenant aux États-Unis et à Israël dans la région, a déclaré le quartier général central de Khatam al-Anbiya, affilié aux Gardiens de la Révolution, selon un communiqué diffusé par la télévision d’État.

Selon les médias locaux, une frappe israélo-américaine a “tué des employés” d’une banque de la capitale qui travaillaient “exceptionnellement” pour préparer le paiement des salaires du mois.

“Une agence de la plus vieille banque de mon pays a été bombardée alors qu’elle était pleine d’employés”, dénonce le chef de la diplomatie, Abbas Araghchi, assurant sur X que les forces armées “se vengeraient de ce crime”.

Des drones visent ce soir plusieurs quartiers de Téhéran, tuant des membres des forces de sécurité, rapporte l’agence de presse iranienne Fars, les attribuant à Israël.

Ces drones ont survolé plusieurs quartiers du sud de Téhéran ainsi que le nord de la capitale iranienne.

Comme son ennemi israélien, l’Iran a assuré mercredi être prêt pour une guerre longue, douze jours après le début des attaques américano-israéliennes, un conflit régionalisé qui menace l’approvisionnement en pétrole de l’économie mondiale.

Les navires marchands appartement à la Grèce, le Japon et la Thaïlande ont subi des frappes de drone et missile durant leurs passages dans le détroit d’ormuz qui a été déclaré fermé par la marine iranienne. Téhéran endommage le 14ème navire initiant une tentative de passage du détroit depuis le début de la guerre.

Cette escalade marque un tournant critique pour le commerce mondial, car le détroit d’Ormuz est le point de passage d’environ 20 % de la consommation mondiale de pétrole.

 En déclarant le détroit “fermé” et en ciblant systématiquement les navires (14 impacts confirmés), Téhéran utilise ses capacités résiduelles de guerre asymétrique (drones suicides et missiles côtiers) pour compenser la perte de son armée de l’air mentionnée par Trump.

Les frappes contre des navires grecs, japonais et thaïlandais forcent des nations jusqu’ici neutres ou prudentes à se positionner, ce qui pourrait conduire à une protection militaire accrue des convois commerciaux.

Malgré la baisse temporaire du prix du baril suite aux annonces de Trump, la réalité d’un détroit physiquement impraticable risque de provoquer un choc d’offre massif si les pétroliers continuent d’être pris pour cibles.

L’Organisation Maritime Internationale (OMI), par la voix de son Secrétaire général Arsenio Dominguez, a fermement condamné ces attaques, les qualifiant d’« atteintes inadmissibles à la liberté de navigation ».

Une attaque survenue le 6 mars a causé la mort de quatre marins.

L’OMI estime qu’environ 20 000 marins sont actuellement bloqués dans le golfe Persique sous une pression mentale et sécuritaire extrême.

Les autorités conseillent désormais d’éviter totalement le détroit jusqu’à nouvel ordre. Les principaux armateurs mondiaux comme Maersk et Hapag-Lloyd ont déjà suspendu leurs passages.  Le marché de l’assurance maritime de Londres (Lloyd’s of London) est en état de choc, entraînant une explosion des coûts

Les primes d’assurance de guerre pour une seule traversée ont bondi, atteignant parfois 10 % de la valeur totale de la coque du navire. Pour un pétrolier standard, cela représente un coût supplémentaire d’environ 7,5 millions de dollars par voyage.

Les transporteurs imposent des “surcharges de conflit” massives, allant de 1 500 

 par conteneur (TEU) pour les marchandises transitant par la région.

De nombreux assureurs ont commencé à résilier les contrats existants dans le Golfe, exigeant des renégociations au cas par cas avec des tarifs « s’envolant ». 

Les trois navires marchands touchés ce 11 mars par des projectiles “inconnus” sont : 

  • Mayuree Naree (pavillon thaïlandais) : 3 membres d’équipage portés disparus.
  • ONE Majesty (pavillon japonais) : Frappé alors qu’il était au mouillage.
  • Star Gwyneth (pavillon des îles Marshall). 

L’Iran a réaffirmé qu’il ne laisserait passer « aucun litre de pétrole » tant que ses intérêts seraient menacés

Peu après que des panaches de fumée se furent élevés dans le ciel de Téhéran, une pluie noire s’est mise à tomber sur la ville. Puis, des résidants ont remarqué qu’un film épais et huileux s’était déposé sur leurs voitures et leurs maisons.

Le Hezbollah dit ce soir avoir visé le nord d’Israël avec “des dizaines de roquettes”.

L’armée israélienne annonce avoir lancé une série de frappes “à grande échelle” sur la banlieue sud de Beyrouth contre le Hezbollah et promet d’agir “avec une force considérable” contre le mouvement libanais pro-iranien.

L’agence de presse nationale libanaise a rapporté au moins “six lourdes frappes” sur la banlieue sud de Beyrouth.

L’armée avait peu avant fait état de tirs de roquettes nourris du Hezbollah sur le nord d’Israël. “À la suite des crimes graves commis par l’organisation terroriste Hezbollah, l’armée israélienne agira bientôt avec une force considérable contre ses installations, ses intérêts et ses capacités militaires” dans la banlieue sud, a par ailleurs prévenu le porte-parole en langue arabe de l’armée, le colonel Avichay Adraee, sur les réseaux sociaux.

Donal Trump annonce que “28 navires poseurs de mines” iraniens ont été frappés.

En affirmant que la fin du conflit dépend de sa seule volonté (« Dès que je souhaiterai que ça s’arrête… »), Trump utilise une rhétorique de domination totale pour forcer une reddition ou une négociation avantageuse.

La chute du baril sous les 90 dollars suggère que les marchés réagissent moins à la réalité militaire qu’à la perception d’une stabilité retrouvée, un point crucial pour une administration américaine en période de conflit.

 La réaction d’Emmanuel Macron illustre la prudence européenne traditionnelle face à l’optimisme américain, rappelant que les capacités de guerre asymétrique (cyberattaques, proxies) survivent souvent à la destruction des infrastructures classiques.

Washington menace de lourdes « conséquences militaires » l’Iran, qu’il suspecte de vouloir miner le détroit d’Ormuz, axe stratégique pour le pétrole mondial.

Le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté une résolution réclamant la “cessation immédiate” des attaques de l’Iran contre les États du Golfe et la Jordanie, cibles de nombreuses frappes depuis le début du conflit.

Le texte de la résolution condamne en outre “toute action ou menace” de l’Iran “visant à fermer, entraver ou interférer de quelque manière que ce soit avec la navigation internationale dans le détroit d’Ormuz”.

Porté par les membres du Conseil de coopération du Golfe (Bahreïn, Arabie Saoudite, Emirats arabes unis, Koweït, Oman et Qatar) ainsi que la Jordanie, le texte a été soutenu par 135 pays membres de l’ONU.

Fodé CISSE, Journaliste, Rédacteur en Chef & Directeur de Publication © JVFE

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