DAKAR,1er avril 2026(JVFE)-Initialement centrée sur des enregistrements privés attribués à l’animateur Pape Cheikh Diallo, l’affaire des audios fuités s’est élargie à de nombreuses figures publiques suite à la diffusion d’allégations par divers influenceurs et activistes.
Voici le point sur les nouvelles plaintes enregistrées par la Division spéciale de cybersécurité (DSC) :
- Khalifa Sall : Le leader de Taxawu Sénégal a déposé plainte contre l’individu surnommé « Idy Missionnaire ». Il lui reproche la diffusion de contre-vérités et de propos diffamatoires le liant indûment à cette affaire [Libération].
- Pape Alé Niang : Le Directeur général de la RTS a actionné la justice contre l’activiste Abdou Karim Guèye (Karim Xrum Xaax). La plainte porte sur des faits de diffamation et de diffusion de fausses nouvelles [Libération].
Ces deux nouvelles procédures s’ajoutent à celles déjà entamées par la chanteuse Viviane Chidid et l’internationale de basket Yacine Diop, marquant une volonté ferme des personnalités citées de laver leur honneur face à ce qui est décrit comme une campagne de désinformation numérique.
Les délits de diffamation et de diffusion de fausses nouvelles sont strictement encadrés par le Code pénal et la loi sur la cybercriminalité, particulièrement lorsqu’ils sont commis via des plateformes numériques.
Voici les sanctions principales prévues par la législation sénégalaise :
1. Diffusion de fausses nouvelles
Prévue par l’article 255 du Code pénal, cette infraction vise la publication ou la reproduction de nouvelles fausses ou de pièces falsifiées :
- Peine d’emprisonnement : 1 à 3 ans.
- Amende : 100 000 à 1 500 000 francs CFA.
- Circonstances aggravantes : Les peines peuvent être plus lourdes si la diffusion est jugée de nature à porter atteinte à l’ordre public ou à troubler les institutions.
2. Diffamation et Injures
La diffamation (allégation d’un fait qui porte atteinte à l’honneur) et l’injure sont réprimées par les articles 258 et suivants :
- Emprisonnement : Généralement de quelques mois à 2 ans selon la qualité de la victime (particulier, agent public, etc.).
- Amendes et dommages-intérêts : La condamnation pénale est presque toujours assortie du paiement de dommages-intérêts aux victimes pour réparer le préjudice moral.
3. Dispositions spécifiques à la Cybercriminalité
Depuis la loi n° 2016-29, l’utilisation d’un système informatique (réseaux sociaux, applications de messagerie) pour commettre ces actes renforce l’arsenal répressif :
- Traçabilité : La Division Spéciale de Cybersécurité (DSC) dispose de moyens techniques pour identifier les auteurs de comptes anonymes (comme « Idy missionnaire »).
- Sanctions administratives : Outre la prison, le juge peut ordonner l’effacement des données litigieuses ou la fermeture de comptes/pages incriminés.
Ces sanctions visent à responsabiliser les acteurs du web face à la montée des “fake news” et du cyberharcèlement au Sénégal.
Fodé CISSE, Journaliste, Rédacteur en Chef & Directeur de Publication © JVFE
