DAKAR,23 avril 2026(JVFE)-L’incertitude planait mardi sur la tenue de pourparlers de paix entre les États-Unis et l’Iran au Pakistan. Parallèlement, les tensions persistent dans le détroit d’Ormuz, suscitant des inquiétudes quant à la sécurité maritime, tandis que la crise humanitaire au Liban se poursuit malgré le cessez-le-feu.
Le Qatar a affirmé mardi que les efforts diplomatiques se poursuivaient «de manière intense» dans la région en vue de négociations entre l’Iran et les États-Unis, auxquelles Téhéran a dit se préparer.

«Les efforts se poursuivent de manière très intense», a déclaré le porte-parole du ministère qatari des Affaires étrangères, Majed Al-Ansari, lors d’une conférence de presse à Doha. «Nous travaillons en tandem avec tous nos voisins et les nations amies avec lesquelles nous collaborons actuellement», a-t-il précisé, citant la Turquie, l’Égypte, Oman et l’Arabie saoudite.
Des efforts diplomatiques intenses, soutenus par l’ONU et la Chine, visent à stabiliser la région après la prolongation d’une trêve fragile entre les États-Unis et l’Iran, qui a débuté le 8 avril 2026. Des discussions à Islamabad cherchent à résoudre le blocus du détroit d’Ormuz, tandis que l’Iran exige la levée des restrictions américaines.
La Russie appelle à préserver la trêve et soutient les négociations sous médiation pakistanaise. Un émissaire de l’ONU, Jean Arnault, a été dépêché pour consolider le cessez-le-feu.
Donald Trump a prolongé la trêve, préférant une issue diplomatique à l’option militaire, bien que maintenant un blocus naval. Un deuxième cycle de discussions est prévu à Islamabad.
L’Iran, via son ministre des Affaires étrangères, exige le retrait des forces américaines et la levée du blocus sur le détroit d’Ormuz pour garantir la liberté de navigation.
La France se mobilise pour la sécurité de ses ressortissants et soutient un accord solide, tout en s’inquiétant des tensions maritimes.
Les négociations se concentrent sur la levée des sanctions et le retour à un dialogue direct pour éviter une reprise du conflit armé qui a débuté en février 2026.
Alors que le Pakistan est prêt à accueillir un nouveau cycle de pourparlers de paix entre les Etats-Unis et l’Iran, le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a salué l’annonce faite, mardi soir, par les États-Unis de prolonger le cessez-le-feu, quelques heures avant son expiration.
« Il s’agit d’une étape importante vers la désescalade et la création d’un espace essentiel pour la diplomatie et l’instauration de la confiance entre l’Iran et les États-Unis », a dit son porte-parole, Stéphane Dujarric, lors d’un point de presse mercredi.
« Nous encourageons toutes les parties à tirer parti de cette dynamique, à s’abstenir de toute action susceptible de compromettre le cessez-le-feu et à s’engager de manière constructive dans des négociations afin de parvenir à une résolution durable et pérenne », a-t-il ajouté
Il a souligné que « le Secrétaire général soutient pleinement les efforts déployés par le Pakistan pour faciliter la poursuite des pourparlers » et « espère que ces efforts contribueront à créer les conditions propices à une résolution globale et durable du conflit ».
Saisie de navires commerciaux
En annonçant la prolongation du cessez-le-feu, le Président américain Donald Trump a toutefois affirmé que les Etats-Unis continueraient de bloquer les navires à destination et en provenance des ports iraniens. De son côté, l’Iran a exclu de rouvrir le détroit d’Ormuz tant que dure le blocus américain et a déclaré mercredi avoir saisi deux cargos près du détroit.
Pour sa part, le Secrétaire général de l’OMI, Arsenio Dominguez, a jugé « inacceptables » les attaques et les saisies de navires commerciaux.
Dans une déclaration à la presse, il a appelé une nouvelle fois « à la cessation de ces actes irresponsables et à la libération immédiate de tous les navires et gens de mer innocents ». « La désescalade, des mesures concrètes et le rétablissement de la liberté de navigation constituent la seule voie à suivre », a-t-il dit.

S’agissant du Liban, le porte-parole du Secrétaire général, Stéphane Dujarric a exprimé la tristesse de l’ONU à l’annonce du décès de l’un des deux Casques bleus français, grièvement blessés lors d’un incident survenu au sud du pays le 18 avril.
Agé de 31 ans, le caporal Anicet Girardin est décédé mercredi matin dans un hôpital parisien. Il a été gravement blessé lorsque son équipe de déminage, opérant au sein du contingent français de la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (FINUL), a été prise pour cible alors qu’elle dégageait une route à Ghanduriyah afin de rétablir l’accès à des positions isolées de la FINUL.
Il a succombé à ses blessures quelques jours après le décès du sergent Florian Montorio, survenu lors du même incident.
« Notre évaluation initiale indiquait à l’époque que les Casques bleus avaient essuyé des tirs provenant de groupes armés non étatiques — vraisemblablement le Hezbollah — au cours de cet incident », a rappelé M. Dujarric.
« Nous adressons nos plus sincères condoléances à sa famille, à ses amis et collègues, ainsi qu’au peuple et au gouvernement français. Le caporal de première classe Girardin est le cinquième Casque bleu de la FINUL à perdre la vie en raison des hostilités actuelles, alors qu’il exerçait ses fonctions et s’acquittait du mandat confié à la Mission par le Conseil de sécurité ».
Un troisième Casque bleu, lui aussi grièvement blessé lors de cet incident, a été rapatrié à Paris mardi et demeure sous soins médicaux. Un quatrième Casque bleu, qui n’avait subi que des blessures légères, a quant à lui regagné son poste au sein de son unité, dans le sud du Liban.
« Les attaques contre les Casques bleus sont inacceptables et doivent faire l’objet d’enquêtes rapides, afin que les responsables puissent être effectivement poursuivis et tenus de rendre des comptes. À cet égard, le Secrétaire général salue l’engagement exprimé par les autorités libanaises concernant cet incident », a dit le porte-parole du Secrétaire général.
Selon l’ONU, ces attaques s’inscrivent dans un contexte plus large, marqué par une « augmentation inacceptable des actes hostiles dirigés contre les installations de la FINUL et contre ses Casques bleus ».
« Des restrictions entravent le ravitaillement de certaines positions, suscitant une préoccupation croissante. Nous exhortons toutes les parties à garantir la libre circulation de nos Casques bleus, afin qu’ils puissent s’acquitter de leur mandat en toute sécurité et avec efficacité », a déclaré M. Dujarric.
Au début de l’année 2026, la Chine déploie des efforts diplomatiques intenses et soutenus pour se positionner comme un acteur clé de la stabilité mondiale, particulièrement dans des régions en proie à de fortes turbulences. Face à un “monde en bouleversement”, Pékin se présente comme une force de médiation pour la paix, axée sur le dialogue et la coopération économique, notamment à travers sa “diplomatie de grand pays”.
Voici les principaux axes de ces actions diplomatiques, basés sur des développements récents (début 2026) :

Le secrétaire d’État américain Marco Rubio rencontre le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi à Kuala Lumpur, le 11 juillet 2025.
Suite à une nouvelle escalade fin février 2026, la Chine a intensifié son dialogue avec les acteurs clés, notamment l’Iran et les pays du Golfe, pour éviter un embrasement.
Wang Yi, ministre des Affaires étrangères, et le président Xi Jinping ont promu des propositions de paix en quatre ou cinq points, appelant à un cessez-le-feu immédiat, à la souveraineté des États, et au dialogue.
Des diplomates, dont l’envoyé spécial Zhai Jun, ont été dépêchés dans la région (Golfe et Maghreb) pour des consultations, s’appuyant sur le succès de la réconciliation Arabie saoudite-Iran facilitée par Pékin.
La Chine renforce sa présence en Asie du Sud-Est, notamment au Vietnam et au Cambodge, en combinant des visites de haut niveau (Xi Jinping) avec des accords économiques, en réaction aux pressions politiques américaines.
Pékin intensifie sa coopération en matière de sécurité, y compris via des dialogues de haut niveau (ex: dialogue 3+3 avec le Vietnam) pour stabiliser son environnement périphérique.
La Chine cherche à se positionner comme le défenseur du Sud global, s’opposant à l’unilatéralisme et à la “loi du plus fort”.
En tant que membre permanent du Conseil de sécurité, la Chine insiste pour que l’ONU reste le canal central de médiation.
Pékin appelle au respect de la souveraineté nationale et au règlement pacifique des différends.
Ces actions s’inscrivent dans une stratégie plus large de la Chine visant à contrecarrer l’influence américaine et à projeter un modèle de gouvernance fondé sur la “sécurité commune”.
Fodé CISSE, Journaliste, Rédacteur en Chef & Directeur de Publication © JVFE

