DAKAR, 15 MAI 2026 (JVFE)—« La guerre en Iran, dans le détroit d’Hormuz, devrait tous nous interpeller à travailler deux fois plus. Les coûts du pétrole augmentent. Je ne suis pas de ceux qui disent “le malheur des uns, fait le bonheur des autres”, mais je pense que c’est une situation dont l’Afrique peut tirer profit. »
Cette déclaration de Brice Clotaire Oligui Nguema, président de la transition au Gabon, a été prononcée lors de l’Africa CEO Forum à Kigali. Elle met en lumière sa vision stratégique face aux tensions géopolitiques au Moyen-Orient et leurs impacts sur l’économie africaine.
🛢️ La hausse des cours du pétrole
Les tensions en Iran et les menaces sur le détroit d’Hormuz (un point de passage clé pour le commerce mondial d’hydrocarbures) font grimper le prix du baril de pétrole.
Pour les pays africains producteurs de pétrole (comme le Gabon, le Nigeria ou l’Angola), cette hausse génère des revenus financiers supplémentaires immédiats.
📈 L’opportunité économique pour l’Afrique
Le président gabonais incite les dirigeants et les acteurs économiques africains à “travailler deux fois plus” pour capter cette richesse et ne pas la gaspiller.
Tout en refusant de se réjouir du malheur d’autrui, il adopte une posture réaliste. Selon lui, l’Afrique doit profiter de cette conjoncture pour renforcer sa souveraineté économique.
L’objectif sous-jacent est d’utiliser ces gains pétroliers imprévus pour financer le développement des infrastructures, diversifier l’économie et transformer localement les matières premières.
Face aux tensions au Moyen-Orient, l’Afrique doit ériger une vision stratégique pour contrer les impacts économiques mondiaux (volatilité pétrolière et inflation) et en tirer parti en misant sur son intégration.
Le président gabonais a régulièrement rappelé l’urgence d’une diplomatie économique africaine audacieuse face aux crises globales. Sa doctrine repose sur plusieurs axes :
- Souveraineté et substitution : Réduire la dépendance aux importations extérieures et favoriser la transformation locale des matières premières (telles que le manganèse et l’agriculture) pour créer de la valeur ajoutée sur le continent.
- Sécurité des ressortissants : Face à l’escalade sécuritaire, son administration a pris des mesures concrètes, notamment l’organisation du rapatriement des compatriotes gabonais vivant dans les zones à risques au Moyen-Orient.
- Diplomatie d’influence : Renforcer le rôle diplomatique du Gabon et les partenariats stratégiques pour hisser l’Afrique comme un acteur incontournable et non un simple spectateur des rivalités mondiales.
Enjeux pour l’économie africaine
La crise au Moyen-Orient impacte directement les pays africains via la hausse des cours du pétrole et des ruptures potentielles d’approvisionnement. Toutefois, cette situation d’instabilité est perçue par de nombreux dirigeants comme une opportunité historique :
- Accélération de la ZLECAf : Le repli sur soi des grandes puissances oblige l’Afrique à renforcer son propre commerce intra-africain.
- Nouvel échiquier diplomatique : En évitant tout alignement aveugle, le continent peut attirer des investissements alternatifs et diversifier ses partenaires stratégiques.
Fodé CISSE, Journaliste, Rédacteur en Chef & Directeur de Publication © JVFE
