DAKAR, 10 JUIN 2026 (JVFE)—De violentes émeutes anti-immigration ont éclaté à Belfast, la capitale de l’Irlande du Nord, le mardi 9 juin 2026. La ville reste sous haute tension alors que les autorités redoutent une intensification des affrontements.
Les tensions ont débuté après une agression à l’arme blanche survenue le lundi 8 juin au soir dans le nord de la ville. La victime, un homme d’une quarantaine d’années, a subi de graves blessures au visage, aux yeux et au dos.
L’interpellation et l’inculpation d’un réfugié originaire du Soudan ont mis le feu aux poudres.
Le déroulement des violences
Des figures de la mouvance nationaliste et d’extrême droite britannique ont relayé des appels à manifester sur les réseaux sociaux.
Les rassemblements ont rapidement basculé dans l’émeute le mardi soir. Des groupes d’individus masqués ont déambulé dans les rues.
Les manifestants s’en sont pris violemment à des quartiers résidentiels et commerciaux connus pour abriter des communautés issues de l’immigration, incendiant plusieurs commerces et biens.
Rues désertées, commerces fermés, renforts de police : Belfast redoute mercredi de nouvelles violences au lendemain d’émeutes anti-immigrés qui ont secoué la capitale nord-irlandaise, déclenchées après une attaque au couteau pour laquelle un réfugié soudanais a été inculpé.
La victime de cette agression, un homme d’une quarantaine d’années identifié comme Stephen Ogilvie, a perdu un œil et a été hospitalisée. Sa famille a lancé un appel au calme.
Le premier ministre britannique Keir Starmer a dénoncé les violences « choquantes et complètement inacceptables » qui se sont déroulées à Belfast. « Il est clair que des personnes ont été ciblées la nuit dernière en raison de leur origine et je ne le tolérerai pas », a ajouté le dirigeant.
Mardi soir, des centaines de personnes se sont rassemblées à plusieurs endroits de Belfast, principalement dans des zones loyalistes à majorité protestante.
Visages masqués, certaines ont incendié des bus et des véhicules, et mis le feu à des habitations, ciblant notamment celles où vivaient des personnes d’origine étrangère et obligeant les pompiers à en évacuer les résidents.
Les appels à manifester avaient été relayés par des figures d’extrême droite, notamment le militant Tommy Robinson – de son vrai nom Stephen Yaxley-Lennon – et par le milliardaire américain Elon Musk.
Mercredi matin, des habitants étaient choqués dans les quartiers touchés par les émeutes, où des véhicules étaient calcinés et où des débris jonchaient les rues.
« C’est terrifiant », raconte Anselme Shima, arrivé en 2013 de République démocratique du Congo. « J’ai deux enfants à la maison et ce matin je me demande : “est-ce que je dois les emmener à l’école ?” », dit-il, inquiet.
À 17 h locales, alors qu’une pluie fine tombait sur la ville, la tension restait palpable : de nombreux magasins et restaurants avaient baissé le rideau, les rues du centre-ville ayant été désertées, a constaté l’AFP.
Des graffitis à caractère islamophobe s’affichaient aussi sur plusieurs murs et rideaux métalliques de commerces du quartier où un bus avait été incendié la veille.
Face à la crainte de nouveaux débordements, des établissements scolaires ont libéré leurs élèves dès la mi-journée, tandis que l’opérateur public des transports a annoncé que ses bus et trains achèveraient leur service plus tôt.
Le chef de la police nord-irlandaise, Jon Boutcher, a annoncé la mobilisation d’effectifs supplémentaires. Des renforts du reste du Royaume-Uni devraient arriver jeudi.
À ce stade, trois arrestations ont eu lieu et « d’autres suivront », a annoncé le secrétaire d’État britannique responsable de la Sécurité, Dan Jarvis.
Ces violences ont été déclenchées après la propagation d’une vidéo de l’attaque au couteau survenue lundi, qui montrait l’assaillant, assis sur un homme à terre, en sang, lui portant des coups.
Une agression filmée, impliquant un réfugié soudanais de 30 ans inculpé pour tentative de meurtre.
Des émeutiers d’extrême droite ont ciblé des résidents étrangers, causant des destructions importantes et paralysant la ville, malgré les appels au calme de la famille de la victime.
le suspect présenté à un juge, au lendemain de manifestations violentes à l’appel de l’extrême droite ; la famille de la victime appelle au calme
Le suspect de l’attaque au couteau perpétrée lundi à Belfast a comparu, mercredi 10 juin, devant un juge de la capitale de l’Irlande du Nord. Hadi Alodid, un Soudanais âgé de 30 ans, a refusé la présence d’un avocat et était accompagné d’un interprète arabophone. A l’issue de l’audience, il a été maintenu en détention jusqu’à une prochaine comparution, prévue le 8 juillet. Il est inculpé de tentative de meurtre, possession d’une arme blanche dans un lieu public et menaces de mort envers une opératrice radio du Service national de santé (NHS)..
Le ministère de l’intérieur a déclaré que le suspect était entré en Irlande du Nord en 2023, en provenance de la République d’Irlande, après être venu de Paris. Il a obtenu le statut de réfugié, avec un titre de séjour valide jusqu’en 2028. La police nord-irlandaise a écarté la piste terroriste, même si le motif de l’attaque reste incertain.
La victime, un homme d’une quarantaine d’années, a été hospitalisée avec d’« importantes blessures aux yeux et de graves lacérations au dos et au visage », selon la police. Il a perdu son œil gauche, a-t-il été rapporté au tribunal mercredi.
Fodé CISSE, Journaliste, Rédacteur en Chef & Directeur de Publication © JVFE
