DAKAR, 12 juillet 2026 (JVFE)—L’Iran a lancé dimanche des missiles et des drones contre ses voisins du Golfe et annoncé qu’il refermait le détroit d’Ormuz en représailles à de nouvelles frappes américaines, intervenues après l’attaque par les forces iraniennes d’un navire marchand qui a été abandonné en flammes par son équipage dans le détroit d’Ormuz
La trêve au Moyen-Orient vient de voler en éclats le 12 juillet 2026 avec la fermeture du détroit d’Ormuz par l’Iran et le lancement immédiat de 140 frappes de représailles américaines.
L’Iran a affirmé samedi avoir « tenu parole » vis-à-vis des États-Unis depuis la signature d’un protocole d’accord de cessez-le-feu, que le président américain Donald Trump a une nouvelle fois donné pour terminé après la reprise des hostilités cette semaine, accusant au passage Téhéran de vouloir l’assassiner.
Cette reprise des hostilités, assortie de l’annonce par Téhéran d’une nouvelle fermeture du détroit, met une fois de plus à mal le cessez-le-feu théoriquement en vigueur entre les deux ennemis, qui ont échangé ces derniers jours des menaces de vengeance et de destruction totale.
Au Koweït et aux Émirats arabes unis, les autorités ont dit faire face dimanche matin à des attaques aériennes. Les sirènes d’alerte ont retenti au Bahreïn, et au Qatar, des journalistes de l’AFP ont entendu des explosions et assisté à des interceptions dans le ciel du sud de la capitale Doha.
Les autorités de l’émirat ont confirmé avoir intercepté des missiles. Les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de l’Iran, ont déclaré dans un communiqué cité par les médias officiels qu’ils avaient visé une base aérienne américaine au Qatar « en réponse aux attaques continues » des États-Unis.
Plus tôt, l’Iran avait annoncé la fermeture « jusqu’à nouvel ordre » du détroit d’Ormuz, par lequel transitait en temps normal un cinquième du commerce mondial d’hydrocarbures, après y avoir tiré sur un navire.
« Plusieurs navires ont tenté d’emprunter une route non autorisée et ont ignoré nos avertissements et nos rappels », ont écrit les Gardiens dans un communiqué. « Un navire qui avait mis en danger la sécurité maritime en désactivant ses systèmes a été touché par des tirs d’avertissement et arrêté », ont-ils poursuivi.
Les Gardiens de la Révolution iraniens ont décrété la fermeture du détroit stratégique « jusqu’à nouvel ordre ». Cette décision fait suite à l’attaque par l’Iran du GFS Galaxy, un porte-conteneurs battant pavillon chypriote. Un deuxième navire marchand a également été frappé par Téhéran.
Le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (CENTCOM) a mené une vaste campagne aérienne ciblant environ 140 sites militaires en Iran (dépôts de munitions, radars côtiers et sites de missiles). Le secrétaire à la Défense américain, Pete Hegseth, a averti que l’Iran « payait le prix d’un mauvais choix ».
En réaction aux bombardements américains, l’Iran a élargi ses frappes de missiles et de drones contre plusieurs pays du Golfe abritant des bases américaines. Des explosions et des interceptions ont été signalées au Qatar (visant la base d’Al Udeid), au Bahreïn, au Koweït, en Jordanie et aux Émirats arabes unis.
Le président américain Donald Trump a officiellement déclaré que le protocole d’accord et la trêve signés en juin dernier étaient désormais « terminés ». En parallèle, le nouveau Guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, a promis une « vengeance inévitable » pour la mort de son père Ali Khamenei, tué au début du conflit en février 2026.
Selon l’agence de sécurité maritime britannique UKMTO, l’attaque a eu lieu à 9 milles nautiques (environ 17 km) à l’est de la péninsule de Moussandam, appartenant au Sultanat d’Oman, et a causé un incendie à bord. « L’équipage a abandonné le navire et embarqué sur un canot de sauvetage », a-t-elle indiqué.
En retour, le Commandement central de l’armée américaine (Centom) a annoncé avoir mené environ 140 frappes contre des cibles militaires en Iran, la troisième série depuis mardi, visant « des sites de missiles et de drones iraniens, des moyens navals, des dépôts de munitions, des réseaux de communication et des postes de surveillance côtière ».
Des médias iraniens ont fait état d’explosions dans le sud du pays, à Bandar Abbas, Sirik, Jask, sur l’île de Qeshm, ainsi que dans la province du Khouzistan, frontalière de l’Irak, sans signaler de victime dans l’immédiat.
« L’Iran a fait un mauvais choix. Maintenant ils paient », a écrit sur X le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth.
Selon le CENTCOM, le navire touché par l’Iran est le GFS Galaxy, un porte-conteneurs battant pavillon chypriote. « Un membre d’équipage civil est porté disparu et le navire n’est pas en mesure de poursuivre sa route en raison d’un incendie à bord et de dégâts importants subis par la salle des machines », a-t-il détaillé.
Detroit fermé
« Le détroit d’Ormuz sera fermé jusqu’à nouvel ordre et jusqu’à la fin des interventions américaines dans cette région ; aucun navire ne sera autorisé à le traverser », ont écrit les Gardiens, qui ont par la suite annoncé avoir frappé « un deuxième navire qui violait les régulations dans le détroit d’Ormuz », sans plus de précisions.
Jusqu’à présent, Téhéran autorise un seul couloir de navigation, le long de ses côtes, et exclut tout retour à la situation d’avant-guerre, quand le passage était gratuit dans le détroit d’Ormuz, ce que les États-Unis contestent.
Les États-Unis avaient déjà bombardé l’Iran dans la nuit de mardi à mercredi, puis au cours de la nuit suivante, après avoir imputé à Téhéran la responsabilité d’attaques contre des navires commerciaux. En représailles, l’Iran avait frappé des cibles au Koweït, à Bahreïn et au Qatar.
Washington et Téhéran ont signé le 17 juin un protocole d’accord, assorti d’un cessez-le-feu, se donnant 60 jours pour trouver une fin définitive à la guerre déclenchée le 28 février par une attaque israélo-américaine contre l’Iran.
Depuis, le président américain Donald Trump a affirmé à plusieurs reprises que ce cessez-le-feu était « terminé » en raison des attaques iraniennes contre des navires, tout en autorisant la poursuite des pourparlers avec l’Iran.
Le guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, a par ailleurs prévenu samedi que la « vengeance » était « inévitable » après les funérailles de son père et prédécesseur Ali Khamenei, tué au début des attaques israélo-américaines.

Le tombeau du défunt guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, se trouve dans le sanctuaire de l’imam Reza à Machhad, en Iran, comme le montre cette image diffusée le 10 juillet 2026.
« Ces criminels, dont les noms figurent sur une liste, emporteront dans leur tombe le souhait d’une mort paisible dans leur lit », a écrit Mojtaba Khamenei, désigné guide suprême en mars, mais qui n’est pas apparu en public depuis.
Vendredi, Donald Trump avait accusé l’Iran de vouloir le faire assassiner, et promis une nouvelle fois « de décimer et de détruire complètement toutes les régions d’Iran » s’il tentait de le faire.
Le ministère iranien de la Santé fait état de 17 morts et 115 blessés en Iran . Washington affirme avoir ciblé des installations militaires, tandis que Téhéran accuse les États-Unis d’avoir également frappé des infrastructures civiles pour entraver les déplacements vers les obsèques d’Ali Khamenei.
Les sanctions visant le pétrole iranien, suspendues dans le cadre du protocole d’accord du 17 juin, ont été réactivées. Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi y voit une « violation » du cessez-le-feu
Les marchés pétroliers affichent une stabilité précaire malgré la reprise immédiate des hostilités tandis que les forces navales occidentales se mettent en posture défensive maximale pour sécuriser le trafic maritime.
Conséquences et réactions internationales
Le détroit d’Ormuz est le point de passage d’un cinquième du commerce mondial de pétrole et de gaz naturel liquéfié (GNL). L’annonce de sa fermeture paralyse le trafic maritime dans la zone et fait immédiatement ressurgir la menace d’une flambée des prix de l’énergie sur les marchés mondiaux. Les pays médiateurs, notamment le Qatar et Oman, tentent d’urgence de maintenir des canaux de discussion politiques pour éviter une guerre régionale totale.
Réactions des marchés pétroliers : une flambée contenue
Contre toute attente, le prix du baril n’a pas explosé à la suite des frappes du 12 juillet 2026, montrant la relative résilience des opérateurs :
- Cours du brut : Le baril de Brent de la mer du Nord s’établit à 75,39 dollars (-0,67 %) et le WTI américain baisse à 71,55 dollars (-0,40 %).
- Inquiétude sur la demande globale : Les investisseurs craignent une « destruction de la demande » mondiale. L’Agence internationale de l’énergie (AIE) prévoit en effet une baisse de la consommation d’un million de barils pour l’année 2026.
- Utilisation des stocks stratégiques : Les ponctions massives réalisées par les États-Unis sur leurs propres réserves de brut permettent de maintenir un approvisionnement mondial fluide. Cela compense l’arrêt quasi total du trafic dans le détroit.
Paralysie logistique : En dépit de prix stables, la situation physique reste critique. L’Organisation maritime internationale (OMI) estime que 6 000 marins sont bloqués à bord de centaines de navires commerciaux pris au piège dans le Golfe.
Statut des forces navales internationales : alerte maximale
La sécurité maritime internationale s’organise face au blocus décrété par les Gardiens de la Révolution iraniens :
La marine américaine maintient sa configuration offensive et défensive d’avant la trêve. En parallèle des 140 frappes aériennes, les navires de guerre américains effectuent des missions de détection et de neutralisation des mines marines suspectées d’avoir été mouillées par l’Iran.
Plusieurs pays européens (dont la France et l’Allemagne) ainsi que l’Arabie saoudite et Bahreïn ont saisi en urgence l’OMI. Les marines occidentales préparent des opérations conjointes de déminage et d’escorte. Elles recommandent toutefois formellement aux armateurs d’éviter le détroit d’Ormuz jusqu’à nouvel ordre.
Téhéran rejette le principe de libre circulation internationale. Les forces navales iraniennes tentent d’imposer un couloir unique le long de leurs propres côtes côtières. Elles exigent que chaque navire se déclare 48 heures avant son passage sous peine d’être pris pour cible.
Fodé CISSE, Journaliste, Rédacteur en Chef & Directeur de Publication © JVFE
