Cette fois, le Hezbollah n’aide pas l’Iran

Dakar ,18 juin 2025 (JVFE) -Lorsque Naim Qassem , l’ancien professeur de chimie aux cheveux grisonnants  , le Hezbollah libanais qui a succédé à Hassan Nasrallah ,tué le 27 septembre dans une frappe israélienne sur la banlieue sud de Beyrouth, à la tête du Hezbollah formation pro-iranienne, s’est accordé une interview télévisée le 12 juin, le symbolisme affiché a marqué un changement subtil mais significatif. Finis les portraits de l’ayatollah Khomeini et les omniprésents drapeaux iraniens. Derrière lui, l’étendard jaune du Hezbollah et le cèdre libanais.

le Hezbollah « ne lancera pas sa propre attaque » en représailles aux bombardements israéliens contre l’Iran

Aoun et Salam mettent en garde contre des répercussions au niveau régional, voire mondial, après les frappes israéliennes.

Une milice autrefois redoutable reste à l’écart de la guerre

Un responsable du Hezbollah a déclaré vendredi à l’agence Reuters que le parti-milice libanais soutenu par Téhéran ne lancerait pas unilatéralement sa propre attaque contre Israël en réponse aux frappes israéliennes contre l’Iran. « Le Hezbollah ne lancera pas sa propre attaque contre Israël en représailles aux frappes israéliennes », a indiqué ce responsable à Reuters, sous couvert d’anonymat, alors qu’une source au Grand Sérail avait confirmé à L’Orient-Le Jour que l’armée libanaise avait contacté le parti chiite pour l’appeler à ne pas impliquer le Liban dans le conflit.

Après la mort de Hassan Nasrallah, son successeur présumé, Hachem Safieddine, a également été tué dans une frappe israélienne début octobre. Sa mort a été confirmée la semaine dernière par le Hezbollah, dont plusieurs autres chefs ont été tués.

Naïm Qassem, 71 ans, fait partie des fondateurs du Hezbollah en 1982. En 1991, il était devenu secrétaire-général adjoint du mouvement, un an après les accords censés réconcilier les Libanais après la guerre civile (1975-1990).

Dernièrement, il était apparu lors de trois allocutions télévisées depuis la mort de Hassan Nasrallah, la dernière datant du 15 octobre.

Il avait alors affirmé à l’adresse des Israéliens que “la solution” qui permettrait le retour chez eux des habitants du nord d’Israël déplacés par les tirs du Hezbollah depuis un an était “un cessez-le-feu”. Il menaçait, en cas contraire, de frapper “partout” en Israël.

Israël mène depuis le 23 septembre des frappes aériennes massives au Liban, visant notamment les bastions du Hezbollah. L’État hébreu affirme vouloir mettre fin aux tirs visant le nord de son territoire, frontalier du sud du Liban, et permettre le retour des habitants chez eux.

Depuis le 23 septembre, plus de 1 700 personnes ont été tuées au Liban, selon un décompte de l’AFP basé sur les données du ministère libanais de la Santé.

Le pays tente de se remettre d’une guerre dévastatrice de plus de 13 mois entre le Hezbollah et l’État hébreu. Un conflit qui a fait plus de 4 000 morts au Liban et occasionné de lours dégâts matériels dans de nombreuses villes et villages, notamment la banlieue sud de Beyrouth. Le parti avait décidé unilatéralement d’ouvrir un front de « solidarité » avec Gaza le 8 octobre 2023, au lendemain de l’attaque du Hamas en Israël et du début de l’offensive israélienne sur Gaza.

Dans un communiqué publié vendredi également, le Hezbollah a en en outre « condamné fermement l’agression israélienne brutale qui a visé la République islamique d’Iran ». Le parti a déclaré que les frappes sur l’Iran « confirment que cet ennemi n’obéit à aucune logique ou loi, ne reconnaissant que le langage du meurtre, du feu et de la destruction ». « Tous les efforts déployés ces derniers temps pour préserver la stabilité et la sécurité dans la région ont été sapés et détruits par le gouvernement israélien, exposant ainsi la sécurité régionale et internationale à de graves dangers dont les conséquences peuvent être catastrophiques », ajoute le texte, qui souligne que Téhéran a « toujours fait preuve de retenue face aux provocations et aux agressions israéliennes et a répondu positivement aux initiatives internationales visant à désamorcer la crise, tout en maintenant fermement son droit naturel à développer l’énergie nucléaire à des fins pacifiques comme moyen d’assurer le progrès et le bien-être de son peuple ». « Le Hezbollah souligne que cette agression n’aurait pas pu avoir lieu sans l’approbation directe, la coordination et la couverture fournies par les États-Unis, malgré les tentatives de Washington de se distancer des conséquences », poursuit le communiqué du parti chiite, qui a présenté ses condoléances à l’Iran pour la perte des « nobles martyrs ».

À aucun moment le Hezbollah n’évoque dans son communiqué une éventuelle réponse militaire de sa part contre Israël.

L’allié du parti chiite, le président du Parlement, Nabih Berry, a publié de son côté un communiqué à la mi-journée pour dénoncer l’attaque israélienne contre l’Iran, la considérant comme « une menace contre tous les États indépendants, et contre la paix et la stabilité mondiales ». Il a appelé « la communauté internationale à prendre position franchement et sérieusement contre les agressions israéliennes qui ne tuent pas seulement des êtres humains et des enfants (…) mais aussi tout effort sérieux en vue d’une paix juste et globale dans le monde, et au Moyen-Orient en particulier ».

Plus tôt dans la journée, le président libanais Joseph Aoun avait écrit sur X que les « agressions israéliennes » contre l’Iran « n’ont pas seulement visé le peuple iranien, mais aussi l’ensemble des efforts internationaux déployés pour préserver la stabilité au Moyen-Orient ». Il avait souligné que « de telles agressions visent à saper toutes les initiatives et médiations actuelles pour empêcher la détérioration de la situation, initiatives qui avaient déjà franchi une étape importante », avant d’appeler la communauté internationale à une « action rapide et efficace afin d’empêcher Israël d’atteindre ses objectifs, désormais évidents pour tous, et qui, s’ils se concrétisent, risquent d’avoir les conséquences les plus graves ». Le président Aoun avait présenté ses condoléances aux autorités iraniennes pour les victimes des attaques israéliennes survenues à l’aube, qu’il s’agisse de responsables militaires ou de civils, tout en souhaitant un prompt rétablissement aux blessés.

De son côté, le Premier ministre Nawaf Salam avait condamné « fermement la grave agression israélienne contre l’Iran », qui constitue, pour lui, « une violation flagrante du droit international et de la souveraineté de l’Iran, et ses répercussions menacent la stabilité de toute la région et même la paix mondiale ». Une source au Sérail avait en outre souligné que « le gouvernement affirme que la décision de guerre et de paix est entre les mains de l’État ».

Le Courant patriotique libre (CPL, aouniste) avait exprimé, dans un communiqué, son « inquiétude » à la suite des frappes israéliennes et leurs possibles conséquences sur le Liban. « Le Liban ne devrait pas être partie prenante dans ce conflit », affirme le CPL, qui appelle « tout le monde à préserver la neutralité du pays et à ne pas intervenir dans ce conflit, dans l’intérêt supérieur de la nation et afin de préserver la sécurité de son peuple et de ses institutions ».

Pour sa part, le parti des Forces libanaises, farouche opposant au Hezbollah, semblait se féliciter de l’attaque. « Il était impossible de terminer la guerre du Déluge (d’al-Aqsa, ndlr) sans frapper l’Iran. Et après l’élimination progressive des bras, le moment est venu de se concentrer sur la tête, peut-on lire dans un post sur leur compte X. La guerre qui a commencé avec l’Iran ne peut se terminer qu’après que celui-ci ne signe un accord de reddition, comme l’a fait son parti au Liban ».

En cas d’échec, le régime pourrait se précipiter pour se procurer une bombe.

La guerre d’Israël contre l’Iran en est à son cinquième jour. Militairement, l’Iran est à genoux. Israël a anéanti une grande partie de ses hauts gradés militaires et détruit ses défenses aériennes. L’aviation israélienne mène des raids de jour au-dessus de Téhéran, la capitale. Le 16 juin, les Forces de défense israéliennes ( FDI ) ont annoncé avoir détruit plus de 120 lanceurs de missiles balistiques iraniens, soit environ un tiers du total. L’Iran continue de tirer des missiles balistiques sur Israël, tuant des Israéliens. Mais les salves sont moins importantes que celles observées lors des affrontements entre Israël et l’Iran en avril et octobre de l’année dernière, et leur intensité s’est amenuisée. Tsahal a également annoncé avoir détruit le quartier général de la Force Al-Qods, la branche expéditionnaire du Corps des gardiens de la révolution islamique.

La GBU-57, puissante bombe anti-bunker américaine

Dans la nuit du 17 au 18 juin 2025, l’Iran a intensifié ses tirs de missiles contre Israël, qui a riposté en frappant deux sites de production de centrifugeuses. Aucun signe d’apaisement entre les deux pays : à la télévision, Ali Khamenei a assuré que l’Iran ne se rendra jamais, répondant à l’appel de Donald Trump, qui exhortait Téhéran à capituler.

Dans une allocution à la télévision iranienne, le guide suprême iranien, Ali Khamenei a affirmé que la nation iranienne « ne se rendra pas » et avertit Washington des conséquences « irréparables » qu’entraînerait une intervention américaine

► L’armée de l’air israélienne opère de nouveaux bombardements dans le nord et l’est de Téhéran, indiquant frapper des cibles militaires appartenant au régime iranien. La nuit dernière, Israël a ciblé deux installations de production de centrifugeuses, l’une à Téhéran, l’autre à Karaj. De son côté, Téhéran dit avoir touché deux centres du renseignement israélien.

 Au moins 585 personnes ont été tuées en Iran, dont des dizaines de femmes et de nombreux enfants, et plus d’un millier de blessés depuis le début de la guerre, selon l’organisation iranienne Human Rights Activists basée à Washington. Côté israélien, 24 morts et des centaines de blessés sont à déplorer depuis vendredi, selon les autorités.

Un énorme panache de fumée blanche à Téhéran a été aperçu mercredi vers 17h15 (13H45 TU) dans le sud-est de la capitale iranienne, après une nouvelle série de puissantes explosions, ont constaté des journalistes de l’AFP.

« Le premier groupe de Polonais vient d’atterrir à Varsovie […] Ils sont arrivés en Pologne via l’Egypte. Un autre vol demain », a posté sur X le ministre des Affaires étrangères, Radoslaw Sikorski.

Concernant l’Iran, certains employés de l’ambassade de Pologne en Iran vont également être rapatriés, ainsi que quelques ressortissants, selon la vice-ministre des Affaires étrangères, Henryka Moscicka-Dendys.

« Les familles du personnel de l’ambassade britannique à Tel Aviv et du consulat à Jérusalem ont été temporairement rappelées par mesure de précaution. L’ambassade et le consulat poursuivent le travail essentiel, y compris les services aux ressortissants britanniques », a indiqué le ministère des Affaires étrangères sur son site.

Le ministre israélien de la Défense, Israel Katz, a déclaré que l’aviation israélienne avait « détruit le quartier général de la sécurité intérieure du régime iranien. »

Une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux et vérifiée par Al Jazeera montre une explosion survenue près de l’aéroport Payam, à Karaj, à l’ouest de Téhéran alors qu’Israël annonce mener de nouvelles frappes contre la capitale iranienne.

Dans un communiqué, l’armée israélienne a déclaré que l’armée de l’air « frappe actuellement des cibles militaires appartenant au régime iranien à Téhéran. »

Autorisés à ne mener que des activités essentielles depuis le déclenchement du conflit, le ministre israélien de la Défense a annoncé un assouplissement des restrictions imposées à la population depuis le déclenchement du conflit avec l’Iran. À partir de 18h (15H TU), les Israéliens seront simplement invités à « limiter » leurs activités. Cette mesure s’applique à l’ensemble du territoire, à l’exception de plusieurs zones situées à proximité de la bande de Gaza et de la vallée du Jourdain.

Une nouvelle série de puissantes explosions a été entendue à Téhéran autour de 15H50 (12H30 TU). L’AFP reporte au moins cinq panaches de fumée noire dans l’est et le sud-est de la capitale iranienne. À l’heure actuelle, aucune information sur les bâtiments visés par ces bombardements.

Une série d’explosions d’origine indéterminée a été entendue mercredi à Téhéran peu avant 15h30 (12hTU). Un journaliste de l’AFP a aussi aperçu un panache de fumée noire s’élever dans le ciel depuis les quartiers est de la capitale iranienne.

Certains sites nucléaires sont très bien protégés, enfouis profondément sous la terre. À tel point que les missiles israéliens ne peuvent pas les atteindre. Seule la GBU-57, une puissante bombe américaine anti-bunker, pourrait causer des dégâts irréversibles

Lors de son allocution à la télévision iranienne, Ali Khamenei, guide suprême de la Révolution islamique, s’est adressé à son peuple et a menacé les États-Unis.

« Les gens intelligents, qui connaissent l’Iran, son peuple et son histoire, ne s’adresseraient jamais à cette nation sur un ton menaçant, car la nation iranienne ne se rendra jamais sous la pression. »

« Toute intervention militaire américaine serait inévitablement accompagnée de dommages irréparables. »

« L’Iran résistera avec vigueur à une guerre imposée, tout comme elle résistera avec vigueur à une paix imposée. » 

Dans son allocution à la télévision, Ali Khamenei menace les États-Unis : « Ils doivent savoir que l’Iran ne capitulera pas et que toute intervention américaine contre la République islamique aurait des conséquences irréparable. »

« Le peuple n’oubliera ni le sang des martyrs ni l’attaque commise contre son territoire », a encore déclaré le dirigeant iranien de 86 ans. Il salue « le courage de la nation iranienne », et affirme que l’Iran « résistera avec vigueur à une guerre imposée, tout comme elle résistera avec vigueur à une paix imposée. » 

L’ayatollah Ali Khamenei, guide suprême de la Révolution islamique, a entamé une allocution télévisée, selon l’agence Mehr. Il promet des représailles et affirme que la nation iranienne « ne se rendra jamais » sous la pression.

« Toute intervention militaire américaine serait inévitablement accompagnée de dommages irréparables. »

« L’Iran résistera avec vigueur à une guerre imposée, tout comme elle résistera avec vigueur à une paix imposée. » 

Dans son allocution à la télévision, Ali Khamenei menace les États-Unis : « Ils doivent savoir que l’Iran ne capitulera pas et que toute intervention américaine contre la République islamique aurait des conséquences irréparable. »

« Le peuple n’oubliera ni le sang des martyrs ni l’attaque commise contre son territoire », a encore déclaré le dirigeant iranien de 86 ans. Il salue « le courage de la nation iranienne », et affirme que l’Iran « résistera avec vigueur à une guerre imposée, tout comme elle résistera avec vigueur à une paix imposée. » 

L’ayatollah Ali Khamenei, guide suprême de la Révolution islamique, a entamé une allocution télévisée, selon l’agence Mehr. Il promet des représailles et affirme que la nation iranienne « ne se rendra jamais » sous la pression.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a déclaré que l’Iran avait le droit « légitime » de se défendre face à la campagne de bombardements en cours d’Israël, après une sixième nuit de confrontation entre les deux pays.

« C’est un droit très naturel, légitime et légal pour l’Iran de se défendre contre la brutalité et le terrorisme d’État d’Israël », a déclaré le dirigeant turc, un jour après avoir qualifié le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu de « plus grande menace pour la sécurité de la région ».

Le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Sa’ar, a affirmé que l’opération militaire d’Israël « se poursuivra jusqu’à ce que nous atteignions nos objectifs », lors d’un briefing avec des ambassadeurs étrangers sur le site d’impact d’un missile iranien, dans la ville de Bat Yam, au centre d’Israël.

Il a également accusé Téhéran de viser délibérément des zones civiles : « Le régime iranien cible volontairement les centres de population et assassine des civils. C’est une erreur. Il ne comprend pas que le peuple israélien est fort et soutient massivement l’opération. »

Reza Deghati, photo-journaliste franco-iranien, est l’invité international de la matinale RFI ce 18 juin. Au sixième jour de guerre entre Israël et l’Iran, il dit son espoir et son inquiétude. Il espère aussi pouvoir rentrer au pays natal.

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