L’administration Trump a lancé cette semaine des audiences sur le remaniement de l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM), un accord de libre-échange signé par Donald Trump en 2020 durant son premier mandat

 DAKAR, 23 AOUT 2026 (JVFE)—Howard Lutnick, le secrétaire américain au Commerce, a déclaré vendredi que le président Donald Trump était déterminé à revoir l’accord commercial nord-américain et a vivement critiqué le Canada pour sa stratégie de négociation commerciale, ajoutant : « Ils sont nuls. » (« They suck »)

Vendredi, Jamieson Greer, représentant américain au commerce, n’a pas exclu que M. Trump saborde l’ACEUM : le président veut uniquement « des accords avantageux », a-t-il dit au site Politico.

Mercredi, M. Trump avait déclaré que l’accord « expire dans environ un an, et soit on le laisse expirer, soit on conclut – peut-être – un autre accord avec le Mexique et le Canada », ajoutant que ces deux pays avaient « profité des États-Unis comme presque tous les autres pays ».

L’antipathie de M. Trump pour le libre-échange n’est pas nouvelle. Avant les élections de 2016 et une fois élu, il a plusieurs fois menacé de supprimer complètement l’ALENA.

Un porte-parole du département du Commerce a déclaré que Lutnick parlait du déséquilibre commercial injuste des États-Unis avec le Canada et de la façon dont le Canada « vivait aux crochets » (« sucks off ») de l’économie américaine de 30 000 milliards de dollars.

Lutnick, qui s’exprimait dans le cadre d’une conférence organisée par le média Semafor, s’est montré particulièrement critique à l’égard des efforts déployés par le Canada pour résister à l’administration Trump. Il a rejeté la suggestion d’un ancien responsable commercial canadien – selon laquelle des négociations plus lentes pourraient profiter au Canada, dans la mesure où elles laisseraient le temps à la pression politique sur l’administration Trump de s’accentuer – et a indiqué qu’il s’agissait de « la pire stratégie [qu’il ait] jamais entendue ».

Interrogé sur l’engagement de Trump à prolonger l’Accord Canada–États-Unis–Mexique, un accord commercial qu’il avait renégocié lors de son premier mandat, Lutnick a répondu que le président « pense que c’est un mauvais accord ».

S’il estime que certains aspects des relations des États-Unis avec le Canada et le Mexique sont « fondamentaux », Lutnick considère que l’accord commercial dans son ensemble constitue « une mauvaise politique industrielle qui a nui à l’Amérique ». « Il y a beaucoup de bon dedans, mais il y a énormément de mauvais », a-t-il ajouté. « Et il doit être reconsidéré dans l’intérêt de l’Amérique. »

Kush Desai, porte-parole de la Maison-Blanche, a déclaré que Lutnick avait été « mal cité ».

Le secrétaire Lutnick soulignait à juste titre de quelle façon le Canada, tout comme de nombreux autres “alliés”, profite de l’économie et du peuple américains depuis des décennies.

 Kush Desai, porte-parole de la Maison-Blanche

Dans ses remarques, Lutnick a vanté les investissements aux États-Unis promis par certains pays étrangers, mais a déclaré que l’administration n’envisageait pas d’autoriser des constructeurs automobiles chinois comme BYD à ouvrir des coentreprises aux États-Unis.

Il a également prévu que la croissance économique américaine atteindrait 6 %. Les données publiées en mars montrent que l’économie a progressé de 0,7 % au quatrième trimestre de l’année dernière et de 2,1 % sur la totalité de 2025.

Lutnick a également tourné en dérision les récentes démarches entreprises par Mark Carney auprès de la Chine, les qualifiant d’« absurdes », et affirmant que les États-Unis étaient le « plus grand consommateur au monde ».

Il a souvent qualifié cet accord signé en 1992 de « pire accord commercial jamais conclu », lui attribuant la délocalisation d’emplois et d’activités manufacturières vers le Canada et le Mexique.

Durant son premier mandat, M. Trump a maintes fois semblé à un doigt de retirer les États-Unis de l’accord. En 2018, vers la fin des négociations, il a menacé d’écarter le Canada et de signer un accord seulement avec le Mexique.

Sept ans plus tard, M. Trump dénonce à nouveau tout accord donnant accès sans droits de douane au marché américain. Il a imposé des droits de douane à tous les pays, y compris au Canada et au Mexique.

Dès son retour au pouvoir, il a imposé des droits de douane à ces deux pays, invoquant leur rôle dans la facilitation du trafic de fentanyl vers les États-Unis. Il a ensuite imposé des taxes supplémentaires, notamment après une publicité ontarienne critiquant les droits de douane.

M. Trump a depuis suspendu plusieurs droits de douane sur le Mexique, en vertu, notamment, de ses bons rapports avec la présidente Claudia Sheinbaum. Il s’est montré plus dur avec le Canada, suspendant les négociations et affirmant que les États-Unis ne devraient pas importer de voitures, de bois ou d’autres produits canadiens et que le pays devrait devenir le 51État américain.

Deux accords bilatéraux ?

Selon des sources de l’administration Trump, on envisage de scinder l’accord tripartite en deux accords bilatéraux, estimant que les négociations avec le Mexique étaient plus faciles que celles avec le Canada. M. Greer a évoqué cette possibilité dans son entrevue à Politico. La relation États-Unis–Canada est « totalement différente » de celle avec le Mexique, a-t-il dit.

Kim Glas, présidente du National Council of Textile Organizations, qui représente les fabricants américains, a averti que cela pourrait avoir des « conséquences imprévues ». Elle a dit souhaiter des améliorations à l’ACEUM, mais selon elle, le message le plus important de son secteur est que l’accord commercial doit être préservé.

Elle a fait valoir que l’ensemble des usines et ressources des trois pays permet aux fabricants de produire des produits bon marché et de qualité rivalisant avec les produits fabriqués ailleurs. « L’ACEUM est un accord essentiel pour l’industrie textile américaine afin de concurrencer la Chine et l’Asie », a déclaré Mme Glas.

Une partie du secteur agricole a plaidé pour une révision limitée du pacte, décrivant le Mexique comme un marché « indispensable » pour l’orge et le maïs américains et un important fournisseur de fruits et légumes frais. Mais les producteurs maraîchers – avocats, poivrons, courges, etc. – de Californie et de Floride ont dénoncé les bas prix de la concurrence mexicaine et réclamé plus de protection, surtout durant les périodes de pointe saisonnières.

M. Trump et ses conseillers critiquent les importations canadiennes et mexicaines, les accusant de causer la faillite d’usines américaines, surtout dans l’automobile. Ils dénoncent les barrières commerciales canadiennes aux produits agricoles américains et reprochent au Mexique de faciliter la réexportation aux États-Unis de produits chinois. L’ACEUM a été négocié et signé par M. Trump, mais le président réclame aujourd’hui un « bien meilleur accord ».

Jusqu’à présent, les entreprises américaines qui dépendent de l’ACEUM profitent du régime commercial mondial de M. Trump. Car même si ses droits de douane sur les produits du Canada et du Mexique sont nominalement élevés, la plupart des exportations de ces pays vers les États-Unis demeurent exemptées en vertu de l’ACEUM.

De nombreuses entreprises ont réagi en faisant qualifier leurs produits aux règles de l’ACEUM afin de pouvoir les expédier aux États-Unis depuis le Canada et le Mexique. Et les États-Unis n’ont pas déchiré l’accord.

Cela reflète-t-il un soutien de l’administration Trump à l’accord ? Ou est-ce simplement que ses responsables n’ont pas encore eu le temps de s’en occuper ? On le saura bientôt. Le texte de l’ACEUM prévoit que les dirigeants des trois pays doivent se réunir dès juillet 2026 pour réexaminer l’accord.

Le taux tarifaire de 50 % est « gigantesque » en comparaison des droits de douane imposés jusqu’ici touche 28 milliards en exportations et également beaucoup de PME qui offrent des produits finis.

Le Canada aurait pu s’accorder un bref répit en concluant un accord avec le président américain Donald Trump, mais il aurait été « très perdant à moyen et à long terme ». Les Américains devenaient trop gourmands ». Ils souhaitaient notamment s’attaquer à certains pans des lois protégeant le français, ce qui n’a pas passé auprès des gouvernements québécois et canadien.

En outre, il croit que les Américains auraient pu se servir de gains dans cette

Le Canada a annoncé, samedi, que des contre-mesures seraient mises en place dès le 8 septembre sur plusieurs secteurs de l’économie américaine.

« Carney a un problème avec nous », a déclaré Lutnick. « Il monte dans un avion et va en Chine. Pense-t-il que la Chine, l’économie chinoise va acheter ses produits ? »

Le bureau de Mark Carney n’a pas commenté dans l’immédiat. Lors d’une visite en Chine en janvier, Carney a conclu un accord limité prévoyant l’importation chaque année au Canada de 49 000 véhicules électriques chinois assujettis à des droits de douane limités en échange de la suppression des droits de douane chinois sur un certain nombre de produits agricoles canadiens essentiels.

Négociations à venir

L’administration Trump se prépare à renégocier une fois de plus l’Accord Canada–États-Unis–Mexique, ou ACEUM, conclu par le président américain lors de son premier mandat en remplacement de l’Accord de libre-échange nord-américain vieux de plusieurs décennies. En vertu des règles de l’ACEUM, l’accord doit faire l’objet d’une révision conjointe d’ici juillet.

Les commentaires désobligeants ne sont pas nouveaux : Lutnick a déjà exprimé son mépris pour le Canada et ses positions commerciales par le passé.

Mais ils surviennent à un moment de calme relatif dans la relation tendue entre les deux partenaires et alliés, qui se préparent à entamer la négociation de leur accord commercial. Trump a suspendu les pourparlers en octobre, blâmant le Canada, en raison d’une publicité financée par la province de l’Ontario qui utilisait un discours anti-droits de douane de l’ancien président Ronald Reagan.

Trump et Carney se sont également affrontés en janvier, à la suite du discours historique prononcé par Carney au Forum économique mondial de Davos, en Suisse, au cours duquel il avait appelé les puissances moyennes comme le Canada à s’unir pour survivre aux turbulences et aux changements de l’époque actuelle.

Trump s’était offusqué de son discours. « Le Canada vit grâce aux États-Unis », avait-il déclaré à l’époque. « Souviens-toi de ça, Mark, la prochaine fois que tu feras tes déclarations. »

Plus récemment, cependant, la partie canadienne a tenté d’adopter un ton conciliant et de faire retomber la tension alors que les négociations commerciales reprennent.

Jeudi, Dominic LeBlanc, ministre canadien responsable des négociations avec les États-Unis, a déclaré que le Canada voulait un accord global et rapide.

Dominic LeBlanc

« J’aurais espéré que d’ici l’automne dernier nous ayons déjà réglé une partie du dossier », a déclaré LeBlanc à propos des droits de douane américains sur l’acier et d’autres produits canadiens. « Maintenant, nous sommes de retour autour à la table des négociations pour faire le travail. Ça progresse. Je peux vous l’assurer. »

Il a ajouté qu’il avait eu un entretien téléphonique avec Lutnick la semaine dernière, et a qualifié cet échange de 45 minutes de « productif ».

Fodé CISSE, Journaliste, Rédacteur en Chef & Directeur de Publication © JVFE

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