ALERTE : la panique des réseaux sociaux (Fake News), un pagne fétiche qui peut causer la mort de celle qui le porte

 DAKAR, 29 AOUT 2026 (JVFE)—Les rumeurs sur internet associent souvent de fausses images à des histoires terrifiantes pour faire le buzz :

  • Une photo de tissu trouvée au hasard sur le web (ici, une nappe artisanale du Pérou) est reprise et associée à un texte alarmiste : « Attention, si vous achetez ou portez ce pagne venu de Guinée, vous allez mourir mystiquement ».
  • La réalité : Ce tissu coloré est totalement inoffensif. Les seuls vêtements qui causent des décès en Guinée sont les habits liés aux pratiques dangereuses de charlatans (comme les tests anti-balles mentionnés plus haut).

En Guinée, le lépi communément appelé pagne indigo, est un véritable patrimoine national. Comment se fabrique-t-il ? Les artisanes de l’association artisanale de Dalaba nous montrent tous les secrets du lépi.

Dans les croyances populaires et le mysticisme en Afrique de l’Ouest (notamment au Mali), l’idée d’un pagne fétiche ou d’un vêtement mystique qui peut causer la mort de celui qui le porte renvoie à des pratiques occultes bien spécifiques, mêlant interdits ancestraux et rituels de protection ou de vengeance.

Le tissu présenté sur votre image n’est pas un pagne africain (ni du Danfani du Mali, ni du Wax ou du Bazin), mais un tissu traditionnel péruvien (connu sous le nom d’Aguayo ou Lliclla).

Il s’agit très probablement d’une légende urbaine, d’une croyance mystique ou d’une rumeur populaire (souvent propagée sur les réseaux sociaux), car il n’existe aucune preuve scientifique ou fait avéré montrant qu’un tissu ou un pagne spécifique possède le pouvoir de causer la mort par simple contact physique.

Dans de nombreuses cultures africaines, les “pagnes fétiches” ou les vêtements rituels existent et sont investis d’une charge symbolique, spirituelle ou magique forte. Selon les croyances locales, enfreindre les interdits liés à ces objets sacrés (les porter sans y être autorisé, être impur, ou violer un totem) est censé attirer la colère des esprits, des malédictions ou des maladies graves pouvant mener à la mort.

Cependant, d’un point de vue rationnel et médical, un vêtement ne peut être mortel que s’il a été délibérément contaminé par une substance toxique (poison à contact cutané, produits chimiques hautement dangereux, ou agents biologiques), ce qui relèverait alors d’un acte criminel et non de la sorcellerie.

Dans les traditions animistes (comme chez les Bambaras au Mali ou les Sénoufos), certains pagnes traditionnels (souvent teints en Bogolan ou avec des écorces spécifiques) sont lavés dans des décoctions de plantes et des sacrifices rituels.

 L’interdit : Ces pagnes deviennent des “fétiches” de protection ou des parures pour les chasseurs traditionnels (Donzos) et les grands initiés.

Le danger de mort : Selon la croyance, si un homme ordinaire, un menteur, ou un non-initié s’amuse à porter ce pagne sacré, la puissance mystique (le Nyama) se retourne contre lui. Les anciens croient fermement que la personne peut devenir folle ou mourir subitement pour avoir violé l’interdit du fétiche

Au Mali et dans la sous-région, le pagne tissé accompagne l’être humain de la naissance à la tombe.

  • Certains pagnes tissés traditionnels ou linceuls sont exclusivement réservés aux rituels funéraires pour envelopper les corps des notables ou apaiser les ancêtres.
  • Porter un pagne destiné aux morts ou voler le pagne d’un défunt est perçu comme une provocation directe du monde spirituel, censée attirer une malédiction mortelle immédiate.

Dans les histoires de jalousie (notamment entre co-épouses en milieu polygame, ou rivalités amoureuses), le pagne est souvent utilisé comme support pour le fétichisme :

  • Un pagne peut être emporté chez un féticheur ou un charlatan pour y jeter un sort (maraboutage).
  • Offrir ce pagne “fétichisé” à sa rivale ou à un ennemi a pour but de lui transmettre une maladie mystique incurable dès qu’il touche la peau, menant à la mort si la victime ne trouve pas un guérisseur plus fort.

Le “Charlatan” : Un avertissement contre la mort

Comme évoqué précédemment, le motif de Wax baptisé « Charlatan » ou “L’œil de ma rivale” est parfois porté par les femmes précisément pour dire : « Vos fétiches et vos complots ne peuvent rien contre moi ». C’est un vêtement bouclier psychologique contre ces pratiques de sorcellerie.

En résumé : Dans la réalité physique, un tissu industriel ne tue pas. Cependant, dans la culture mystique africaine, porter un pagne qui a subi des rituels occultes, ou violer les lois d’un fétiche traditionnel, est considéré comme un acte extrêmement dangereux qui peut mener à une issue fatale.

La Rédaction © JVFE

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