RDC-Rwanda:l’accord de paix préliminaire

Dakar,23 juin 2025 (JVFE)-L’annonce a été faite dans un communiqué conjoint publié mercredi 18 juin par les États-Unis, la RDC et le Rwanda, après plusieurs jours de pourparlers de paix à Washington.

« Les équipes techniques de la République démocratique du Congo et de la République du Rwanda ont paraphé le texte de l’accord de paix, en présence de la sous-secrétaire américaine aux Affaires politiques, Allison Hooker », indique le communiqué.

Les efforts visant à promouvoir la paix et la stabilité dans la région des Grands Lacs seront également discutés lors d’un prochain sommet des chefs d’État à Washington, ajoute le communiqué.

Il précise que les deux pays signeront l’accord final à Washington le 27 juin, en présence du secrétaire d’État américain Marco Rubio.

L’accord de paix RDC Rwanda  a franchi une étape majeure à Washington. Les délégations de la République démocratique du Congo et de la République du Rwanda ont paraphé ce texte stratégique, en présence d’un représentant du Qatar et sous la médiation des États-Unis.

Cette avancée diplomatique témoigne d’une volonté commune de mettre fin aux tensions prolongées entre les deux pays.

Le document s’appuie sur la déclaration de principes du 25 avril 2025. Pendant trois jours, les représentants congolais et rwandais ont mené des échanges qualifiés de « constructifs ». Ces discussions ont porté sur des enjeux politiques, sécuritaires et économiques. La signature officielle de l’accord est prévue le 27 juin, en présence du secrétaire d’État américain Marco Rubio.

L’accord RDC Rwanda, en cours de négociation à Washington, provoque une vive réaction du Dr Denis Mukwege. Dans un communiqué publié le 19 juin 2025, il s’oppose à un texte qu’il juge trop vague et dangereux pour l’avenir du peuple congolais.

Ce futur accord, signé sous médiation américaine et observation du Qatar, promet la fin des hostilités, le respect de l’intégrité territoriale de la RDC, le désarmement des groupes armés, le retour des déplacés, et un mécanisme d’intégration économique régionale. Mais pour Mukwege, ces dispositions passent sous silence l’essentiel : la justice.

« Aucun accord ne doit passer sous silence les massacres subis par la population civile congolaise », déclare-t-il.

« La paix ne se limite pas à faire taire les armes. Elle exige justice, vérité et réparations. » 

Le prix Nobel de la paix critique aussi l’absence de reconnaissance claire de l’agression de la RDC par le Rwanda. Il dénonce un processus « opaque, non inclusif » qui, selon lui, favoriserait l’agresseur au détriment des victimes.

Il pointe également l’oubli des exigences de la résolution 2773 du Conseil de sécurité, qui impose un retrait immédiat des troupes rwandaises et la fin du soutien au M23.

Les principales dispositions de l’accord de paix rdc rwanda 2025

L’accord prévoit plusieurs engagements majeurs :

  • Le respect mutuel de l’intégrité territoriale
  • L’interdiction totale des hostilités
  • Le désarmement et désengagement des groupes armés non étatiques
  • La création d’un mécanisme conjoint de coordination sécuritaire, fondé sur le CONOPS du 31 octobre 2024

En outre, le texte inclut des mesures pour le retour des réfugiés, l’accès humanitaire et un cadre pour une intégration économique régionale renforcée.

Médecin et prix Nobel de la paix, le docteur Denis Mukwege qui s’est lancé en politique à l’occasion de la dernière présidentielle, en 2023, est le premier à avoir réagi. Dans un long communiqué, celui-ci dénonce le caractère « opaque » et « non inclusif » de cet accord en négociation, position qu’il avait déjà défendue fin avril lors de la signature à Washington d’une déclaration de principe pour la promotion de la paix et le développement dans la région des Grands Lacs par les chefs de la diplomatie rwandaise et congolaise, Olivier Nduhungirehe et Thérèse Kayikwamba Wagner. « En l’état actuel des choses, l’accord reviendrait à accorder une prime à l’agression, à légitimer le pillage des ressources naturelles congolaises et à contraindre la victime à aliéner son patrimoine national en sacrifiant la justice en vue de garantir une paix précaire et fragile », écrit Denis Mukwege

Un soutien diplomatique fort

Le Qatar et les États-Unis ont apporté un appui décisif tout au long du processus. Leur rôle de facilitateurs a permis une coordination fluide entre les deux pays signataires. Les gouvernements congolais et rwandais ont salué « les efforts conjoints » et l’engagement constant de leurs partenaires.

En route vers une paix durable

Un sommet présidentiel se tiendra prochainement à Washington. Il visera à consolider les acquis de l’accord de paix RDC Rwanda 2025 et à ouvrir une nouvelle ère de coopération dans la région des Grands Lacs

La mise en place d’un cadre d’intégration économique régionale figure parmi les dispositions points contenues dans l’accord de paix entre la République Démocratique du Congo et le Rwanda sous la médiation des États-Unis. Cette disposition inquiète au sein de l’environnement sociopolitique congolais au regard du rôle de Kigali dans le pillage des ressources naturelles dans l’Est de la RDC.

Au cours d’un entretien avec la presse en marge de son séjour à Rome en Italie, le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya a tenu à apaiser les congolais qu’il appelle à faire confiance aux autorités du pays qui selon lui, ne vont pas brader les intérêts de la République dans le cadre de ce processus de paix.

Selon lui, sur la question minière, la République Démocratique du Congo dispose d’une stratégie visant à garantir les intérêts de la population congolaise.

Mercredi 18 juin 2025, les équipes techniques de la République démocratique du Congo et de la République du Rwanda ont paraphé le texte de l’accord de paix, en présence de la sous-secrétaire américaine aux affaires politiques, Allison Hooker, en préparation de la signature ministérielle de l’accord de paix le 27 juin 2025, en présence du secrétaire d’État américain, Marco Rubio.

Cet accord a divisé la classe socio-politique congolaise. Si certains le considèrent comme une avancée, d’autres par contre estiment que signer un accord seulement avec le Rwanda c’est une mauvaise stratégie. Dénis Mukwege considère que les efforts de médiation qui éludent la reconnaissance de l’agression de la RDC par le Rwanda et un processus caractérisé par son caractère opaque et non inclusif, laisse à penser qu’il est à l’avantage de l’agresseur non sanctionné, qui verra ainsi ses crimes du passé et du présent blanchis en «coopération économique».

Le président américain Donald Trump a annoncé sur Truth Social qu’il avait contribué à la conclusion d’un accord de paix entre la République démocratique du Congo et la République du Rwanda. « Je suis très heureux d’annoncer avoir conclu, avec l’aide du secrétaire d’État Marco Rubio, un merveilleux traité entre la République démocratique du Congo et la République du Rwanda, dans leur guerre, connue pour ses bains de sang et morts violents plus encore que la plupart des autres guerres, qui s’est prolongée durant des décennies », a-t-il souligné, ajoutant que « des représentants rwandais et congolais seront lundi à Washington pour signer les documents ».

Cependant, Donald Trump a déploré sa certitude de ne pas recevoir le prix Nobel de la paix pour cela, ni pour « avoir arrêté la guerre entre l’Inde et le Pakistan, […] entre la Serbie et le Kosovo », ni pour « le maintien de la paix entre l’Égypte et l’Éthiopie ». « Non, je ne recevrai pas de prix Nobel de la paix quoi que je fasse, même concernant la Russie et l’Ukraine, Israël et l’Iran, quelle que soit l’issue ; mais le peuple sait, et c’est tout ce qui compte pour moi ! », a-t-il indiqué.

En janvier dernier, les rebelles de l’Alliance fleuve Congo (AFC)/Mouvement du 23 mars (M23), alliés au Rwanda, ont lancé une offensive contre deux centres administratifs situés dans l’est de la République démocratique du Congo, Goma et Bukavu. Les deux villes et leurs environs ont été placés sous leur contrôle.

Toutefois en juin, les parties au conflit, avec la médiation conjointe du Qatar et des États-Unis, ont réussi à rédiger le texte d’un accord de paix. Ce document comprend « le respect de l’intégrité territoriale et la cessation des hostilités » dans l’est de la RDC et « le désengagement, le désarmement et l’intégration conditionnelle des groupes armés non étatiques ».

La Russie a insisté sur « un arrêt immédiat » des hostilités et a appelé les parties à un règlement politique du conflit en République démocratique du Congo, condamnant les actions des rebelles. Moscou a également insisté sur la nécessité de négociations de paix entre la RDC et le Rwanda.

Deux jours après la signature à Washington d’un document préparatoire à un accord de paix entre la RDC et le Rwanda par des représentants des deux pays, l’événement continue de susciter de nombreuses réactions. C’est notamment le cas à Kinshasa où, face à ce texte, les avis divergent fortement dans l’opposition.

PUn sommet présidentiel se tiendra prochainement à Washington. Il visera à consolider les acquis de l’accord de paix RDC Rwanda 2025 et à ouvrir une nouvelle ère de coopération dans la région des Grands Lacs.

Paraphé sous l’égide des États-Unis, le compromis doit encore être validé par les ministres congolais et rwandais des Affaires étrangères qui pourraient y apposer leur signature le 27 juin, avant une possible rencontre au sommet entre Félix Tshisekedi et Paul Kagame au mois de juillet en présence de Donald Trump et, peut-être, d’autres chefs d’État africains. Reste que du côté de l’opposition congolaise, cet accord ne fait pas l’unanimité loin s’en faut, même si, dans sa grande majorité, celle-ci met toutefois en avant le besoin d’un dialogue inter-congolais à travers l’initiative des églises catholique et protestante pour l’organisation d’un forum national.

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