Antananarivo : le procès de la retentissante affaire des « Boeings iraniens » s’est ouvert ce mardi 22 septembre 2026 devant le Pôle anti-corruption (PAC)

DAKAR, 22 Septembre 2026 (JVFE)—Le procès de la retentissante affaire des « Boeings iraniens » s’est ouvert ce mardi 22 septembre 2026 devant le Pôle anti-corruption (PAC) d’Antananarivo, à Madagascar. Trente-trois prévenus (personnes physiques) ainsi que cinq sociétés font face à la justice.

Le cœur du scandale

L’affaire remonte à juillet 2025. Cinq avions de type Boeing 777-200, qui devaient initialement rester sur la Grande Île pour être exploités par une compagnie locale, ont clandestinement rejoint la flotte de la compagnie iranienne Mahan Air à Téhéran, après des escales par le Cambodge et l’Afghanistan.

Pour contourner l’embargo et les lourdes sanctions américaines frappant l’Iran, les cerveaux du réseau ont exploité frauduleusement des certificats d’immatriculation provisoire officiellement délivrés par l’Aviation Civile de Madagascar (ACM).

Les profils et chefs d’accusation

Trente-trois. C’est le nombre des accusés dans l’affaire des cinq Boeing 777-200, qui se présenteront à la barre du Pôle anti-corruption (PAC), à partir d’aujourd’hui. Un peu plus d’un an après le scandale, cette entité judiciaire annonce en effet le début du procès

Le banc des accusés rassemble un large spectre d’acteurs de l’administration et du secteur privé :

 Parmi les prévenus clés figurent l’ancien ministre des Transports Valéry Ramonjavelo, limogé peu après le scandale, ainsi que l’ancien colonel Damasy de l’ACM.

Des hommes d’affaires comme Khushwinder Singh et des entités morales telles que la société écran Udaan Aviation.

Les chefs d’inculpation incluent notamment l’atteinte à la souveraineté de l’État, l’abus de fonctions, la corruption, le faux en écriture publique, l’association de malfaiteurs et le blanchiment de capitaux.

Le colonel Damasy devrait avoir l’occasion de s’expliquer un peu plus sur ce fait étant donné qu’il fait également partie des accusés dans le procès .

D’autres anciens responsables de l’ACM, des associés, des présumés complices des pseudos-promoteurs et des salariés des entreprises happées par l’affaire y figurent aussi.

Outre les personnes physiques, cinq sociétés sont en effet sur le banc des prévenus, dont la société UDAAN Aviation qui avait été utilisée comme interface pour les discussions avec les autorités malgaches. « Atteinte à la souveraineté de l’État, abus de fonctions, corruption, faux en écriture publique, usurpation de fonctions, association de malfaiteurs et blanchiment de capitaux » sont les chefs d’accusation annoncés par le PAC.

Une menace pour le ciel malgache

Parallèlement aux poursuites judiciaires, le nouveau directeur général de l’ACM a tiré la sonnette d’alarme auprès de l’Assemblée nationale. Faute d’élucider rapidement les ramifications de ce vol illégal de grande envergure, Madagascar s’expose à de lourdes sanctions internationales de l’OACI (Grave Safety Concern), ce qui pourrait paralyser et isoler l’ensemble de l’aviation civile nationale.

Fodé CISSE, Journaliste, Rédacteur en Chef & Directeur de Publication © JVFE

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *