DAKAR, 27 Septembre 2026 (JVFE)—L’ancien Premier ministre guinéen Sidya Touré est décédé à l’âge de 81 ans le vendredi 25 septembre 2026 à l’Hôpital américain de Paris. Tombé malade à Abidjan (Côte d’Ivoire) où il vivait en exil, il y avait été admis environ deux semaines auparavant.
Circonstances du décès : Établi en exil à Abidjan (Côte d’Ivoire) depuis le coup d’État militaire de septembre 2021 en Guinée, Sidya Touré y est tombé malade. Il a ensuite fait l’objet d’une évacuation sanitaire vers la France, où il était hospitalisé à l’Hôpital américain de Paris depuis environ deux semaines avant de s’éteindre.
Leader historique de l’Union des forces républicaines (UFR), il a marqué l’histoire moderne de la Guinée en occupant les fonctions de Premier ministre de 1996 à 1999 avant de devenir un opposant farouche aux régimes successifs de Lansana Conté et d’Alpha Condé. Il s’était présenté à deux reprises aux élections présidentielles, en 2010 et 2015.
Nommé par le président Lansana Conté, il s’est distingué comme un réformateur économique pragmatique.
Il prend la tête de l’Union des forces républicaines (UFR) et se présente aux élections présidentielles de 2010 et 2015.
Son parti, l’UFR, faisait partie des 40 formations politiques dissoutes en mars 2026 par la junte militaire dirigée par Mamady Doumbouya. Sidya Touré est mort sans avoir pu revoir la Guinée, alors que son mouvement avait été écarté de l’élection présidentielle de décembre 2025.
Haut représentant (2016–2018) : Il occupe cette fonction sous le président Alpha Condé avant de s’en éloigner pour divergences politiques.
Un exil marqué par la répression civile
Après le coup d’État militaire de septembre 2021 mené par Mamadi Doumbouya, les relations de Sidya Touré avec la junte s’étaient fortement détériorées, le contraignant à s’installer à Abidjan. En mars 2026, l’UFR a fait partie des 40 partis politiques dissous par les autorités de transition lors d’une vaste offensive contre les libertés publiques
Sa disparition a suscité de vives réactions au sein de la classe politique:
L’actuel Premier ministre guinéen, Amadou Oury Bah, a salué sur X (anciennement Twitter) la mémoire d’un « réformateur pragmatique » et d’une figure marquante des trois dernières décennies.
L’ancien président Alpha Condé a regretté publiquement « qu’un homme qui a tant donné à son pays ait connu, à la fin de sa vie, l’épreuve de l’exil ».
Cellou Dalein Diallo, leader de l’UFDG également en exil, a déploré la perte d’« un ami, un compagnon de route et de lutte ».
Fodé CISSE, Journaliste, Rédacteur en Chef & Directeur de Publication © JVFE
