La relation tumultueuse entre Donald Trump et Fox News se caractérise par des appels téléphoniques réguliers, des interventions en direct à l’antenne, mais aussi des périodes de vives tensions et de boycotts

DAKAR, 25 OCTOBRE (JVFE)—La relation tumultueuse entre Donald Trump et Fox News se caractérise par des appels téléphoniques réguliers, des interventions en direct à l’antenne, mais aussi des périodes de vives tensions et de boycotts.

À neuf jours des élections de mi-mandat, Trump et Obama mobilisent leurs électeurs dans le Michigan tandis que la course en Alaska fait l’objet d’une bataille juridique.

CE QU’IL FAUT SAVOIR

  • Le président Donald Trump doit tenir un meeting à Port Huron, dans le Michigan, alors que les républicains s’efforcent de conserver le siège au Sénat ciblé par le démocrate Abdul El-Sayed.
  • Les démocrates comptent sur l’ancien président Barack Obama et la représentante Alexandria Ocasio-Cortez pour mobiliser les électeurs dans les États clés et vérifier si leur message progressiste peut dépasser la base du parti.
  • Le ministère de la Justice cherche à bloquer la certification de l’élection sénatoriale en Alaska si le sénateur républicain Dan Sullivan perd, invoquant un risque de confusion chez les électeurs concernant un autre candidat du même nom.

Quand Donald Trump se lance en politique, Rupert Murdoch s’esclaffe. Comme beaucoup à l’époque, le magnat des médias sous-estime l’excentrique homme d’affaires. S’il ne croit d’abord pas en la candidature de cette « fraude », il saisit rapidement son potentiel audimétrique. Entre le 1er mai et le 31 juillet 2015, Donald Trump est, avec 31 apparitions, de loin le candidat républicain le plus présent sur sa chaîne Fox News. À mesure que le golfeur de Mar-a-Lago écrase ses concurrents, Murdoch se fait une raison. Il a tout intérêt à soigner l’ego du nouveau président des États-Unis, qui le lui rend bien en érigeant son antenne comme seule voix honnête au milieu d’un paysage médiatique « wokiste ».

Type d’événement / ContexteDescription de l’interactionRépercussions / Détails
Interventions en direct (ex: Fox & Friends)Trump téléphone directement aux matinales ou aux émissions du soir pour donner de longues interviews improvisées.Permet au président de s’adresser directement à sa base électorale sans filtre journalistique.
Plaintes en coulisses (Direction)Appels confidentiels aux dirigeants (comme la PDG Suzanne Scott) pour contester une couverture médiatique jugée injuste ou des sondages défavorables.Traduit l’exigence de Trump d’une loyauté totale de la part de sa chaîne historiquement favorite.
Pression publique et critiquesDéclarations publiques pour appeler au licenciement de certains reporters ou pour les réprimander en direct.Crée des frictions majeures avec les journalistes de terrain de la chaîne.
Boycotts et ruptures de transmissionTensions extrêmes menant au boycott réciproque (ex. lorsque Fox News s’est jointe à d’autres médias face aux interdictions d’accès à la Maison-Blanche).Suspension temporaire du suivi des images du président par le pool des chaînes américaines.

Les visages clés de cette relation

Des animateurs comme Sean Hannity ont agi à la fois comme fervents partisans à l’écran et conseillers informels par téléphone. Des membres de son équipe, comme l’ex-porte-parole Karoline Leavitt, rejoignent d’ailleurs régulièrement la chaîne comme commentateurs.

 Les journalistes plus indépendants (tels que Shepard Smith par le passé ou Peter Doocy) ont souvent été la cible des foudres téléphoniques ou publiques de Donald Trump dès lors qu’ils contredisaient ses affirmations

Durant un peu plus de deux ans, Donald Trump et Fox News filent le parfait amour. À tel point que le chef d’État tisse des liens avec des présentateurs qu’il appelle régulièrement pour commenter leurs émissions, leur souffler des sujets et même prendre des conseils, selon une enquête de Vanity Fair. Mais les mariages de raison ne durent jamais : à partir de 2019, Donald Trump prend en grippe certains journalistes. Shepard Smith, l’un des rares présentateurs de la chaîne à corriger régulièrement ses affirmations, finira par être évincé. Le président ne supporte plus les critiques, encore moins sur sa chaîne préférée. « Fox News ne travaille plus pour nous ! » s’émeut-il à la fin de l’été après que plusieurs sondeurs l’ont placé en difficulté face aux démocrates. Trump ne rompt pas pour autant. Il continue de protéger ses animateurs les plus fidèles : Sean Hannity, Tucker Carlson et Jeanine Pirro. Avec le big boss, le divorce n’a lieu qu’un an plus tard, lors de l’élection présidentielle de 2020.

L’escalade des interventions et des attaques téléphoniques de Donald Trump contre Fox News à l’approche des élections de mi-mandat du 3 novembre 2026 a un impact direct et mesurable sur la stratégie électorale républicaine. Face à une cote de popularité historiquement basse (36 % selon les sondages de la chaîne), ces interactions modifient profondément la dynamique de fin de campagne.

 Fragmentation de l’électorat conservateur

L’électorat républicain se retrouve divisé par l’attitude du président :

  • Contestation des médias : En fustigeant publiquement Fox News sur Truth Social ou par téléphone parce qu’elle accorde trop de temps d’antenne aux démocrates, Trump tente de remobiliser sa base radicale (MAGA).
  • Baisse d’audience et de confiance : Des analystes conservateurs de la chaîne (comme Brit Hume) soulignent que la rhétorique agressive de Trump et ses positions internationales deviennent un véritable fardeau politique pour les candidats républicains modérés.

Modification de l’agenda médiatique de fin de campagne

Le chassé-croisé entre Trump et la chaîne redéfinit les thèmes majeurs à quelques jours du scrutin :

  • Divergence sur l’économie : Alors que Trump tente de défendre son bilan économique dans ses meetings, Fox News diffuse des indicateurs contradictoires (comme la forte hausse des prix du carburant), forçant les candidats républicains locaux à recentrer leur discours sur l’inflation plutôt que sur la rhétorique présidentielle.
  • Le recours à la politique de la peur : Faute de pouvoir s’entendre sur les dossiers intérieurs, l’administration Trump et les présentateurs vedettes de la chaîne ont opéré une convergence éditoriale de dernière minute sur les questions migratoires (en utilisant par exemple les images de manifestations en France pour agiter la menace de “frontières ouvertes”) afin de doper la participation républicaine.

Tensions financières et panique au Congrès

Les sorties régulières de Trump à l’antenne ou en coulisses s’inscrivent dans un contexte de panique stratégique :

  • Appels à l’aide financiers : Le président de la Chambre, Mike Johnson, et plusieurs législateurs réclament d’urgence une injection massive de liquidités de la part de Trump et des grands donateurs pour éviter un désastre électoral dans les circonscriptions clés de la Chambre des représentants.
  • Préparation du terrain pour contester les résultats : Sentant la majorité républicaine menacée au Congrès, Trump utilise ses interventions pour distiller le doute sur l’intégrité du scrutin à venir, annonçant par exemple des recours judiciaires préemptifs (comme en Alaska) au cas où des candidats républicains perdraient leur siège.

Le président Donald Trump a déclaré qu’il ne renoncerait pas au contrôle du Congrès sans se battre lors de ces élections de mi-mandat.

« Je m’attribue beaucoup de mérite », a déclaré Trump à l’émission « Sunday Morning Futures » de Fox News . « Je veux dire, on me remercie. Tout le monde au sein du parti me remercie. C’est parce que je travaille comme un forcené. »

Trump a notamment évoqué le sénateur sortant Pete Ricketts (R-Neb.), candidat à sa réélection.

« Au fait, au Nebraska, vous allez remporter une victoire éclatante », a déclaré Trump au présentateur Larry Kudlow. « Vous allez remporter une victoire formidable avec Ricketts . »

« Il va très bien. Il était un peu déprimé. J’y suis allé, et j’ai entendu dire qu’il n’est même plus nécessaire de s’en préoccuper : le nombre de participants a explosé, et c’est formidable. »

« Tu vas remporter beaucoup de victoires, Larry, dont personne ne parlait. »

Fodé CISSE, Journaliste, Rédacteur en Chef & Directeur de Publication © JVFE

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