En fuite aux États-Unis , Flávio Bolsonaro affirme être le « leader » du Brésil

DAKAR, 29 OCTOBRE (JVFE)—Tout juste arrivé aux États-Unis après sa défaite à la présidentielle brésilienne, qu’il refuse de reconnaître, Flávio Bolsonaro a affirmé mercredi être le véritable « leader » du Brésil, dénonçant une « fraude électorale ».

Le candidat conservateur, âgé de 45 ans, a été battu à la surprise générale au second tour dimanche par le champion de la gauche, le président sortant Luiz Inácio Lula da Silva, qu’il avait devancé au premier tour.

Dans un communiqué adressé « au peuple brésilien et à la communauté internationale » publié sur ses réseaux sociaux, le fils de l’ex-président d’extrême droite Jair Bolsonaro s’est dans un premier temps présenté comme « le véritable président » du Brésil.

Mais quelques minutes plus tard, dans une nouvelle version du texte, il s’est décrit comme « le leader » de son pays.Je suis le leader et les criminels qui ont volé l’élection du Brésil font partie d’une organisation criminelle qui a instauré une tyrannie.Extrait du communiqué de Flávio Bolsonaro

« J’ai vu, horrifié, une fraude électorale se concrétiser sous mes yeux », écrit Flávio Bolsonaro, estimant que le fait que le président sortant ait obtenu au second tour 10 millions de voix de plus qu’au premier était une « impossibilité mathématique ».

Peu après l’annonce des résultats dimanche, il avait affirmé qu’il demanderait l’annulation du scrutin, en dépit des assurances de la justice électorale sur sa régularité.

Un groupe de personnes, cachées par des parapluies, quitte les locaux du Service des douanes et de la protection des frontières des États-Unis à l’aéroport Miami–Opa-locka, après l’arrivée du sénateur brésilien Flávio Bolsonaro aux États-Unis, en Floride, mercredi.Mercredi, il a assuré qu’il allait « diriger l’opposition » depuis les États-Unis.

À Brasília, son chef de campagne, le sénateur Rogério Marinho, a exprimé sa « solidarité » avec Flávio Bolsonaro, le présentant comme un « exilé politique ».

Mais il s’est démarqué de sa lettre, publiée depuis les États-Unis, en refusant de reprendre les accusations de fraude électorale : « Le Parti libéral ne peut pas affirmer cela […] il n’y a aucune preuve à cet égard. »

Sous le coup de plusieurs enquêtes au Brésil, le fils Bolsonaro a atterri avec sa famille dans un aéroport de Floride, au terme d’une fuite rocambolesque via l’Argentine et l’Équateur.

Ils ont été admis sur le sol américain « conformément aux lois et procédures d’immigration en vigueur », ont fait savoir les autorités.

« Le début de notre lutte »

Le sénateur et sa famille s’étaient vu accorder des visas par l’administration de Donald Trump, allié de Jair Bolsonaro.  

« Je pense que ce sont des gens très bien », a déclaré le président américain avant leur atterrissage, disant qu’il « approuverait » leur venue aux États-Unis. « L’élection a été très étrange, et j’ai trouvé cela terrible », a-t-il ajouté.

Le républicain a ensuite affirmé qu’il « ne se mêlerait pas » de ce qui concerne Flávio Bolsonaro.

« C’est seulement le début de notre lutte pour la démocratie, les droits de la personne et la liberté au Brésil », a promis l’intéressé dans son communiqué, se comparant au général de Gaulle qui a « dirigé la France libre depuis Londres » lors de la Seconde Guerre mondiale.

Il a aussi tenu à remercier Donald Trump ainsi que le président de l’Argentine, Javier Milei, sans préciser en détail le rôle de chacun dans sa fuite.

Flávio Bolsonaro avait promis lundi de se plier à un ordre judiciaire qui le sommait de remettre ses passeports aux autorités.

Mais il ne l’a pas fait et ses documents ont été annulés mardi, y compris le passeport diplomatique qu’il détenait en tant que parlementaire. Il possède aussi la nationalité italienne depuis 2023.

Il est notamment suspecté de corruption et de blanchiment d’argent dans le financement d’un film sur son père, actuellement assigné à résidence pour tentative de coup d’État. Il nie toute irrégularité.

La police brésilienne a précisé mercredi qu’il n’était pas considéré comme un fugitif.

« Honteux » selon Lula

Une fuite de Flávio Bolsonaro hors du Brésil serait « honteuse », avait estimé mardi Lula.  

« Le Brésil, c’est sa seconde patrie. La première, c’est de lécher les bottes des États-Unis », a-t-il fustigé lors de la célébration de ses 81 ans, à Brasilia.

Donald Trump n’a pas soutenu ouvertement Flávio Bolsonaro durant la campagne, mais il l’a reçu à la Maison-Blanche en mai.

Lundi, le fils aîné de Jair Bolsonaro avait assuré n’avoir « jamais songé à quitter le pays ».  

Son père, l’ancien président (2019-2022), purge en résidence surveillée une peine de 27 ans de prison pour avoir cherché à s’accrocher au pouvoir après sa défaite électorale de 2022 face à Lula.

L’ouverture d’une enquête sur le financement de la campagne de Flavio Bolsonaro, sénateur vaincu par Lula au second tour de la présidentielle au Brésil, a été ordonnée par un juge de la Cour suprême brésilienne, ce mardi 27 octobre 2026.

Une source policière a par ailleurs indiqué à l’Agence France-Presse (AFP) que les passeports du candidat conservateur ont été annulés ce mardi, alors qu’il était déjà visé par une enquête pour corruption et blanchiment.

Selon une décision judiciaire, le magistrat de la Cour suprême, Flavio Dino, a demandé que cette enquête porte sur « l’éventuelle origine, circulation et destination de fonds étrangers ». Le juge a déclaré avoir été saisi par plusieurs partis.

La dynastie politique des Bolsonar fait face à une pression judiciaire sans précédent.

  • Jair Bolsonaro (le père) : Après avoir été déclaré inéligible, l’ancien président a été condamné en 2025 à 27 ans de prison pour sa responsabilité dans la tentative de coup d’État de janvier 2023. En raison de problèmes de santé, il purge actuellement sa peine en résidence surveillée.
  • Flávio Bolsonaro(le fils aîné) : À la suite de sa défaite électorale, le sénateur a refusé de reconnaître formellement les résultats et s’est envolé vers les États-Unis (Miami), un départ qualifié de fuite rocambolesque par la presse.
    • Un juge de la Cour suprême (Flávio Dino) a ordonné le 27 octobre 2026 l’ouverture d’une enquête pour soupçons de financement étranger illégal de sa campagne via des réseaux conservateurs américains.
    • Il est également visé par une enquête pour corruption et blanchiment d’argent liés au financement du film biographique Dark Horse consacré à son père. Ses passeports ont été officiellement annulés par la justice.
  • Eduardo et Carlos Bolsonaro (les autres fils) : Eduardo s’est également installé aux États-Unis après avoir perdu son siège de député et a été condamné par contumace à 4 ans de prison en juin 2026 pour avoir orchestré des pressions étrangères contre le Brésil. Carlos a quant à lui été élu sénateur de l’État de Santa Catarina lors des législatives d’octobre

L’enquête ouverte le mardi 27 octobre 2026 par le juge Flavio Dino vise spécifiquement à déterminer si le groupe d’influence conservateur américain Rockbridge Network, cofondé par le vice-président des États-Unis J.D. Vance, a financé illégalement la campagne électorale de Flavio Bolsonaro.

Au-delà des flux financiers, les investigations ordonnées par la Cour suprême brésilienne intègrent deux autres volets majeurs de soupçons d’ingérence :

  • Manipulations algorithmiques : La justice examine des soupçons d’« asymétries délibérées » sur les réseaux sociaux visant à favoriser ou nuire à des candidats.
  • Ingérence de Meta : L’entreprise américaine (maison mère d’Instagram et WhatsApp) est accusée par l’équipe de campagne de Lula d’avoir délibérément restreint la circulation de ses contenus durant l’entre-deux-tours.

Par ailleurs, l’annulation des passeports du sénateur fait suite au non-respect d’une injonction judiciaire rendue le lundi 26 octobre, lui ordonnant de remettre ses documents de voyage. Cette interdiction de quitter le territoire s’inscrit dans le cadre d’une enquête distincte ouverte en juillet 2024 concernant le blanchiment d’argent et la corruption présumés autour du financement de Dark Horse, un film biographique consacré à son père, Jair Bolsonaro.

Fodé CISSE, Journaliste, Rédacteur en Chef & Directeur de Publication © JVFE

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