Paraguay :faillite retentissante d’Ueno Bank et la destitution consécutive du président Santiago Peña

DAKAR, 07 NOVEMBRE 2026 (JVFE)—La situation au Paraguay est effectivement critique et historique, marquée par la faillite retentissante d’Ueno Bank et la destitution consécutive du président Santiago Peña. Si les tensions et les manifestations sont d’une extrême violence, l’affirmation selon laquelle les habitants “traînent les politiciens dans les rues pour les maltraiter” relève d’une exagération des réseaux sociaux ; la confrontation se joue principalement par des émeutes face aux forces de l’ordre et devant les institutions de l’État.
L’effondrement d’Ueno Bank


3 millions de personnes touchées : La banque numérique, qui comptait près de 3 millions de clients (soit environ 60 % de la population adulte paraguayenne), a vu ses opérations brutalement suspendues par la Banque centrale en raison d’une insolvabilité critique.
Gel massif des avoirs : Les comptes des épargnants ont été totalement gelés. De plus, la banque gérait entre 800 et 850 millions de dollars de fonds publics, notamment les fonds de pension et de retraite nationaux, ce qui paralyse une immense partie de l’économie réelle.
Soupçons de fraude et arrestations : Les régulateurs ont rapidement mis en lumière des indices de fraude et des prêts douteux accordés à des entreprises liées aux propriétaires de la banque. Huit hauts dirigeants d’Ueno Bank ont d’ores et déjà été placés en détention provisoire.
La chute politique du président Santiago Peña
Soupçons de conflit d’intérêts : Élu en 2023, le président Santiago Peña est directement éclaboussé par le scandale. Il détenait encore récemment des intérêts financiers majeurs dans le groupe propriétaire de la banque. De plus, le président de la Banque centrale, qui a dû démissionner, était l’ancien dirigeant d’Ueno Bank. [
Démission puis destitution officielle : Face à la colère populaire et à l’ouverture d’une procédure au Parlement, Santiago Peña a proposé sa démission le jeudi 5 novembre 2026. Le Congrès a toutefois refusé de simplement valider cette démission afin de mener à bien une procédure de destitution unanime, votée le vendredi 6 novembre.
Placé en résidence surveillée : Dépouillé de son immunité présidentielle à la suite de sa destitution, l’ancien président a été immédiatement placé sous le régime de la résidence surveillée et fait face à de lourdes accusations criminelles de détournement de fonds publics et de trafic d’influence. Le vice-président Pedro Alliana a repris l’intérim du pouvoir.
La réalité des mouvements de rue
Les rassemblements à Asunción et dans les grandes villes se traduisent par de violents affrontements avec la police, l’utilisation de gaz lacrymogènes et de canons à eau. Bien que la colère contre l’élite politique soit totale — qualifiée par l’opposition de « pire arnaque de l’histoire du pays » —, les politiciens ne sont pas lynchés dans les rues ; la justice et le Congrès ont pris le relais institutionnel de manière expéditive pour destituer le chef de l’État sous la pression de la rue.

Fodé CISSE, Journaliste, Rédacteur en Chef & Directeur de Publication © JVFE

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *