Grève du contrôle aérien: 933 vols annulés jeudi, des dizaines de milliers de voyageurs affectés en france

Une grève de contrôleurs aériens en France perturbe jeudi le début des vacances d’été de dizaines de milliers de voyageurs, un mouvement qui devrait prendre de l’ampleur vendredi et risque de se répercuter sur le trafic en Europe.

933 vols annulés jeudi, des dizaines de milliers de voyageurs affectés a confirmé la Direction générale de l’aviation civile (DGAC).

Ryanair, première compagnie aérienne européenne, annonce notamment avoir dû annuler 170 vols, affectant 30 000 passagers. Vendredi, veille des vacances scolaires, la situation sera encore plus tendue dans les aéroports parisiens et à Beauvais.

La grève des contrôleurs aériens, jeudi 3 et vendredi 4 juillet, perturbe le début des vacances d’été et affecte des dizaines de milliers de voyageurs. La direction générale de l’aviation civile a annoncé à l’Agence France-Presse que 933 vols ont été annulés en France jeudi, ajoutant que le taux de grévistes s’est établi à 26,2 %, avec 272 aiguilleurs du ciel ayant pris part au mouvement sur le millier de membres du personnel de service.

La deuxième organisation d’aiguilleurs du ciel, l’UNSA-ICNA (17 % des voix aux dernières élections professionnelles), a lancé ce mouvement pour réclamer de meilleures conditions de travail et des effectifs plus importants. Il a été rejoint par la troisième force syndicale de la profession, l’USAC-CGT (16 %). Le premier syndicat, le SNCTA (60 % des voix), n’a pas appelé à la grève.

Pour mettre en adéquation le nombre de contrôleurs à leur poste et le volume de vols, la direction générale de l’aviation civile (DGAC) a demandé aux compagnies de renoncer à une partie de leurs programmes. Concrètement, cela concerne 50 % des vols à Nice, Bastia et Calvi, et 25 % dans les aéroports desservant Paris (Charles-de-Gaulle et Orly), qui en période de pointe estivale voient transiter quelque 350 000 voyageurs par jour, et Beauvais, place forte du low cost.

Peu après 14 h 30 jeudi, des vols maintenus accusaient d’importants retards, par exemple entre quarante-six minutes et une heure et dix minutes à l’arrivée et au départ à Nice et à Marseille, selon la DGAC.


Vendredi, veille des vacances scolaires, la situation sera encore plus tendue dans les aéroports parisiens et à Beauvais, la DGAC y ayant ordonné une réduction du nombre de vols de 40 %.

Des retards en Europe largement imputables à la grève française

Le trafic aérien européen pâtit, lui aussi, du mouvement. Quelque 31 500 vols commerciaux étaient prévus jeudi en Europe, selon une mise à jour de l’organisme de surveillance du trafic aérien Eurocontrol, qui a relevé plus de vingt minutes de retard par liaison en moyenne à 14 h 27, des délais imputables à 73 % à la grève française.

La première compagnie aérienne européenne, Ryanair, a annoncé jeudi l’annulation de 170 vols, affectant 30 000 passagers. « Une fois de plus, les familles européennes sont prises en otage par les grèves des contrôleurs aériens français », a dénoncé son patron, Michael O’Leary.

Air France a confirmé avoir été « contrainte d’adapter son programme de vols », sans préciser le nombre d’annulations, mais a souligné que son réseau long-courrier n’était pas affecté. L’association Airlines for Europe, qui fédère Ryanair, Air France-KLM, Lufthansa, British Airways et EasyJet, a jugé la grève « intolérable ».

Philippe Tabarot fustige des demandes « inacceptables » des syndicats

Une réforme est en cours pour établir un pointage des contrôleurs à leur prise de poste, à la suite d’un « incident grave » à l’aéroport de Bordeaux à la fin de 2022, quand deux avions avaient failli entrer en collision. Le bureau d’enquête et d’analyses avait pointé une organisation défaillante du travail des aiguilleurs.

« Quand on n’a rien à se reprocher, on peut très bien pointer le matin et le soir, comme le font des milliers, voire des millions, de Français », a fait valoir le ministre des transports, Philippe Tabarot, ciblant la pratique des clairances lors desquelles des contrôleurs, face à un trafic plus faible que prévu, s’autorisent des absences non déclarées. Le ministre regrette que la grève fasse perdre « des millions d’euros » aux compagnies, répétant ne pas vouloir céder aux demandes « inacceptables » des syndicats.

Parmi les griefs de l’UNSA-ICNA figurent « un sous-effectif entretenu et responsable des retards une bonne partie de l’été », des outils obsolètes et « un management toxique, incompatible avec les impératifs de sérénité et de sécurité exigés ».

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