Paix en Ukraine: l’UE souhaite réunir l’OTAN et Kiev avant la rencontre du 15 août

Dakar,12 Aout 2025(JVFE)-Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a contesté, hier, tout compromis territorial pour obtenir la paix, avant le sommet annoncé entre Vladimir Poutine et Donald Trump, qui fait «craindre à Kiev un accord à ses dépens». Les présidents russe et américain doivent se retrouver le 15 août en Alaska, aux Etats-Unis, dans le cadre des efforts de Trump pour trouver une issue au conflit déclenché en février 2022. Cette rencontre très attendue se déroulera sans Volodymyr Zelensky, qui ne cesse pourtant d’exiger d’être partie prenante. « Toute décision qui serait prise contre nous, toute décision qui serait prise sans l’Ukraine, serait une décision contre la paix», a averti Zelensky sur les réseaux sociaux. « Il doit y avoir une fin honnête à cette guerre, et il appartient à la Russie de mettre fin à la guerre», a insisté le président ukrainien samedi soir, dans son discours quotidien à la population. Au cours d’une conversation téléphonique avec le Premier ministre britannique Keir Starmer samedi, Volodymyr Zelensky a en outre exhorté ses alliés européens à prendre des «mesures claires» pour définir une approche commune, alors que ces derniers sont aussi écartés des pourparlers. Le président français Emmanuel Macron, après s’être également entretenu samedi au téléphone avec son homologue ukrainien, a martelé que «l’avenir de l’Ukraine» ne pouvait «se décider sans les Ukrainiens». «Les Européens seront aussi nécessairement partie à la solution, car il en va de leur sécurité», a-t-il écrit sur X. « Nous devons rester unis», a renchéri sur la même messagerie le chef du gouvernement espagnol Pedro Sanchez, qui a lui aussi parlé à Zelensky. Dans ce contexte, le ministre britannique des Affaires étrangères David Lammy a reçu samedi à Londres le vice-président américain JD Vance, le chef de l’administration présidentielle ukrainienne Andriï Iermak et l’ex-ministre ukrainien de la Défense Roustem Oumerov, ainsi que des conseillers à la sécurité nationale européens.
Ceux-ci étaient conviés pour «discuter des prochaines étapes vers la paix en Ukraine», a écrit Lammy sur X, ajoutant que «le soutien du Royaume-Uni à l’Ukraine demeure indéfectible» et qu’il «continue d’ oeuvrer pour une paix juste et durable». Le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva a lui aussi «réaffirmé la disponibilité de son gouvernement à apporter toute contribution nécessaire» à une «solution pacifique», dans un échange téléphonique samedi avec Vladimir Poutine, selon un communiqué de la présidence brésilienne.
Le chef de l’Etat russe a, à cette occasion, «partagé des informations sur les discussions en cours avec les Etats-Unis et sur les récents efforts en vue de la paix entre la Russie et l’Ukraine». Un règlement du conflit comprendra des échanges de territoires au bénéfice de chacun», a souligné Donald Trump vendredi, sans donner plus de détails. « On parle d’un territoire sur lequel les combats font rage depuis plus de trois ans et demi (…), c’est compliqué», a-t-il encore dit à la Maison- Blanche. Le président américain, qui a promis à maintes reprises de mettre fin à la guerre en Ukraine, a plusieurs fois parlé au téléphone avec son homologue russe ces derniers mois mais ne l’a pas encore revu en personne depuis son retour aux affaires le 20 janvier. Le tête-à-tête annoncé sera le premier entre les deux hommes depuis juin 2019 au Japon, un an après un sommet à Helsinki où Trump avait eu un ton résolument conciliant avec Poutine.
Ce dernier n’a de son côté plus foulé le sol américain depuis 2015, sous la présidence de Barack Obama. À l’heure actuelle, Moscou réclame que l’Ukraine reconnaisse quatre républiques du Donbass (Donetsk, Lougansk, Zaporijjia et Kherson), en plus de la Crimée reprise par la Russie en 2014, et qu’elle renonce aux livraisons d’armes occidentales et à toute adhésion à l’Otan. Des exigences inacceptables pour Kiev, qui veut le retrait des troupes russes et des garanties de sécurité occidentales, dont la poursuite des livraisons d’armes et le déploiement d’un contingent européen, ce à quoi s’oppose la Russie. Après plus de trois ans de combats, les positions ukrainienne et russe sont toujours irréconciliables. Sur le terrain, les affrontements et frappes meurtrières se poursuivent et l’armée russe continue d’avancer dans l’est face à un adversaire moins nombreux et moins bien équipé. Samedi, le ministère russe de la Défense a revendiqué la libération de la localité d’Iablonivka dans la région industrielle et minière de Donetsk (est), où se concentre l’essentiel des combats. Les forces russes, qui ont accéléré leur progression, ces derniers mois, assiègent actuellement deux places fortes du Donbass, Kostiantynivka et Pokrovsk, ainsi que la ville stratégique de Koupiansk, dans la région de Kharkiv.

Le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva a, lui aussi, «réaffirmé la disponibilité de son gouvernement à apporter toute contribution nécessaire» à une «solution pacifique», dans un échange téléphonique samedi avec Vladimir Poutine…

Donald Trump, les dirigeants des principaux pays européens et de l’Ukraine, ceux de l’OTAN et de l’UE participeront mercredi à une «réunion virtuelle» au sujet de l’Ukraine, deux jours avant la rencontre entre le président américain et Vladimir Poutine, a annoncé lundi le porte-parole du chancelier Friedrich Merz.

Tout accord visant à mettre fin à la guerre en Ukraine doit inclure Kiev et l’UE, déclare Kallas

La haute représentante de l’Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, Kaja Kallas, a réitéré son appel à ce que tout accord entre Washington et Moscou visant à mettre fin à la guerre en Ukraine inclue Kiev et l’UE.

« Les États-Unis ont le pouvoir de contraindre la Russie à négocier sérieusement. Tout accord entre les États-Unis et la Russie doit inclure l’Ukraine et l’UE, car il en va de la sécurité de l’Ukraine et de toute l’Europe », a déclaré Kallas le 10 août.

La déclaration de Kallas intervient avant une réunion que le président américain Donald Trump devrait tenir la semaine prochaine en Alaska avec son homologue russe Vladimir Poutine pour tenter de mettre fin à la guerre en Ukraine. Les dirigeants européens ont salué les efforts de Trump pour résoudre ce conflit qui dure depuis 41 mois, mais ont souligné la nécessité de faire pression sur Moscou et d’offrir des garanties de sécurité à Kiev.

Kallas a également annoncé qu’elle convoquerait le 11 août une réunion des ministres des Affaires étrangères des pays européens pour discuter des prochaines étapes.

“Le droit international est clair : tous les territoires temporairement occupés appartiennent à l’Ukraine”, a déclaré Kallas, réitérant son soutien à Kiev, qui a rejeté les suggestions américaines selon lesquelles elle devrait céder une partie du territoire à la Russie.

Elle a averti qu’« un accord ne devrait pas servir de tremplin à une nouvelle agression russe contre l’Ukraine, l’alliance transatlantique et l’Europe ».

Ses déclarations font suite à une déclaration conjointe des alliés européens de Kiev le 9 août, qui ont déclaré que tous les pourparlers de paix avec la Russie doivent inclure l’Ukraine.

Les dirigeants européens ont salué la décision du président américain Donald Trump de rencontrer le président russe Vladimir Poutine pour mettre fin à la guerre en Ukraine, mais ont souligné la nécessité de maintenir la pression sur Moscou et de protéger les intérêts sécuritaires de l’Ukraine et de l’Europe.

« Nous partageons la conviction qu’une solution diplomatique doit protéger les intérêts vitaux de sécurité de l’Ukraine et de l’Europe », indique un communiqué conjoint.

« Nous convenons que ces intérêts vitaux incluent la nécessité de garanties de sécurité solides et fiables qui permettent à l’Ukraine de défendre efficacement sa souveraineté et son intégrité territoriale », ont-ils souligné, ajoutant : « La voie vers la paix en Ukraine ne peut être établie sans l’Ukraine. »

Les dirigeants ont déclaré qu’ils « restaient attachés au principe selon lequel les frontières internationales ne doivent pas être modifiées par la force ».

Ils ont souligné que les négociations ne peuvent avoir lieu que dans le contexte d’un cessez-le-feu ou d’une réduction des hostilités.

Dans une autre déclaration publiée le 10 août par les alliés occidentaux de Kiev, le groupe Nordic-Baltic 8 a exprimé son soutien à Kiev et a déclaré que la paix ne peut être obtenue qu’en augmentant la pression sur la Russie pour qu’elle mette fin à sa guerre « illégale ».

La déclaration des dirigeants du Danemark, de l’Estonie, de la Finlande, de l’Islande, de la Lettonie, de la Lituanie, de la Norvège et de la Suède a souligné qu’ils « réaffirment en principe que les frontières internationales ne doivent pas être modifiées par la force ».

Les détails d’un éventuel accord n’ont pas été divulgués, mais Trump a déclaré qu’il inclurait « certains échanges territoriaux au bénéfice des deux parties ».

L’accord pourrait obliger l’Ukraine à céder de vastes étendues de son territoire, ce qui, selon le président ukrainien Volodymyr Zelensky et ses alliés européens, ne ferait qu’alimenter l’agression russe.

NBC News, citant un haut responsable américain et trois autres personnes informées de l’affaire, a rapporté samedi soir que la Maison Blanche envisageait d’inviter Zelensky à la réunion en Alaska.

Cependant, Reuters a cité plus tard un autre responsable de la Maison Blanche qui a déclaré que, même si Trump serait ouvert à une réunion à trois en Alaska, pour l’instant, les plans ne concernent que des discussions bilatérales entre Trump et Poutine, comme l’a demandé le dirigeant russe.

Poutine a jusqu’à présent exclu la possibilité d’une rencontre avec Zelensky, qui a déclaré qu’il était prêt à de tels pourparlers directs.

Zelensky a déclaré dimanche que Kiev « apprécie et soutient pleinement » la déclaration conjointe des dirigeants européens sur la réalisation de la paix en Ukraine, la protection des intérêts ukrainiens et européens.

L’Ukraine et l’UE se sont opposées à des propositions qu’elles considèrent comme des concessions excessives à Poutine, qui a envoyé des troupes russes en Ukraine en février 2022.

La Russie justifie la guerre par ce qu’elle appelle une menace à sa sécurité provenant de l’orientation de l’Ukraine vers l’Occident.

Kiev et ses alliés occidentaux affirment que l’invasion est une forme d’accaparement de terres de type impérialiste.

Moscou revendique quatre régions ukrainiennes – Louhansk, Donetsk, Zaporijia et Kherson – ainsi que la péninsule de Crimée, sur la mer Noire, qu’elle a annexée en 2014.

Ces «discussions», organisées à l’initiative de Berlin «en différents groupes thématiques», porteront sur «la préparation de possibles négociations de paix», les questions “relatives aux revendications territoriales et aux garanties de sécurité” ainsi que sur d’éventuelles “actions supplémentaires” pour “exercer une pression sur la Russie”, a déclaré Stefan Kornelius dans un communiqué.

Les participants seront «les chefs d’État et de gouvernement d’Allemagne, de Finlande, de France, du Royaume-Uni, d’Italie, de Pologne, d’Ukraine, la présidente de la Commission européenne, le président du Conseil européen, le secrétaire général de l’OTAN, ainsi que le président américain et son vice-président», liste Berlin.

Selon le journal Bild, cette initiative diplomatique allemande se déroulera en deux temps, avec une première visioconférence entre les dirigeants des États européens et de l’UE, le président ukrainien Volodymyr Zelensky et le secrétaire général de l’Otan Mark Rutte.

Ces dirigeants communiqueront ensuite, dans une deuxième visioconférence, d’après Bild, le résultat de leurs consultations à Donald Trump et au vice-président américain JD Vance, dans le but de forger une position commune avant la rencontre prévue en Alaska, État américain vendu par la Russie au XIXᵉ siècle.

Durant ce sommet, il doit être question d’un possible accord prévoyant «des échanges de territoires», selon Donald Trump, pour mettre fin au conflit déclenché par l’invasion russe en Ukraine le 24 février 2022.

En l’état, la présence du président ukrainien Volodymyr Zelensky n’est pas prévue,

La rencontre prévue le 15 août en Alaska entre Donald Trump et Vladimir Poutine pour discuter d’une résolution du conflit ukrainien suscite une vive inquiétude en Europe. Cette négociation bilatérale entre les États-Unis et la Russie exclut délibérément l’Union européenne des discussions, reléguant également l’Ukraine au rôle de simple spectateur de son propre destin.

Cette marginalisation diplomatique a provoqué une réaction coordonnée des capitales européennes, qui exigent fermement leur inclusion dans tout processus de règlement du conflit.

Face à cette mise à l’écart, l’Europe organise une riposte diplomatique immédiate. Berlin prend l’initiative d’orchestrer une concertation préalable pour faire valoir les positions européennes et ukrainiennes avant cette rencontre cruciale entre les deux superpuissances.

L’Allemagne a convoqué, ce mercredi, une réunion virtuelle d’urgence associant les dirigeants américains, européens, ukrainiens et atlantiques. Cette initiative de Friedrich Merz vise à coordonner les positions occidentales quarante-huit heures avant le sommet Trump-Poutine.

Les discussions porteront sur l’architecture de futures négociations de paix, les questions territoriales sensibles, les mécanismes de sécurité régionale et les moyens d’intensifier la pression économique sur Moscou. Cette mobilisation témoigne de la détermination européenne à influencer les négociations malgré leur exclusion initiale.

Les positions américaines et russes semblent converger sur le principe d’échanges territoriaux pour parvenir à un accord de paix. Trump semble favorable à cette approche, qui satisferait les revendications de Poutine concernant les quatre régions partiellement occupées (Donetsk, Lougansk, Zaporijjia, Kherson) ainsi que la reconnaissance définitive de l’annexion de la Crimée en 2014.

Zelensky rejette catégoriquement toute cession territoriale, arguant que récompenser l’agression russe constituerait une erreur stratégique majeure. Le président ukrainien dénonce l’inefficacité des concessions face à un régime qu’il qualifie d’assassin, prônant une approche ferme plutôt que l’apaisement. Paradoxalement, Trump maintient simultanément une pression temporelle sur Poutine, lui accordant seulement quelques semaines pour accepter une sortie de crise sous peine de sanctions économiques renforcées, créant ainsi une dynamique diplomatique complexe aux multiples enjeux géopolitiques.

  • “La paix n’est pas l’absence de guerre, mais une vertu, un état d’esprit, une volonté de bienveillance, de confiance, de justice.”, La Toupie. 
  • “La paix est essentiellement le respect de la vie. La paix est le bien le plus précieux de l’humanité.”, Graines de Paix. 

Fodé Cissé, Directeur de Publication & Rédacteur en Chef du Journal “JVFE

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