Dakar,20 Aout 2025(JVFE)-Dans son titre inédit d’un nouvel opus intitulé « Poroze Bi le rappeur Thiat du groupe Keur-Gui livre message virulent qui attaque le gouvernement en place de Pastef, qu’il accuse d’incarner une rupture dévoyée dans un dialogue de sourd par rapport à la situation du pays .
THIAT, de son vrai nom Cyrille Oumar TOURÉ est né dans une famille de moyenne bourgeoisie dans la ville de Kaolack. Son père,métis et petit fils de l’un des premiers députés du Sénégal, est banquier. Très jeune, Thiat est déjà interpellé par des questions d’injustices sociales. A l’adolescence, il refuse la voie tracée par son père pour perpétuer l’élite à laquelle il appartient.
Son père le chasse de la maison familiale, et lui prédit un avenir de « looser », où il se retrouvera à servir du thé à ses amis en chantant des couplets de rap… Dix ans plus tard, Thiat est devenu l’icône de tout un pays. Adulé par une majorité et haï par une minorité, il ne laisse personne indiffèrent, que se soit en qualité de musicien ou leader des Y’EN A MARRE.
Pourtant, du haut de ses 1,80 m, il fut longtemps considéré comme « laid » par la gente féminine, qui le surnomma « le sauvage clair », à cause de ses dents jaunies par le nitrate de Kaolack, de ses cheveux afro hirsutes qui donnaient à son visage clair marqué, des allures de
lion. Contrairement à ses congénères, Thiat se moque de son apparence physique : il préfère porter des jeans et t-shirt, plutôt que les habits traditionnels ; une barbe de plusieurs jours au lieu d’être rasé de près, signe de propreté.
Mais plus les années passent, plus son regard s’imprègne de sévérité. Si à ces débuts, il se comportait sciemment comme un jeune homme impoli, irrévérencieux et provocateur, c’est qu’il a toujours eu en horreur l’hypocrisie et la société d’apparat dans laquelle nous évoluons au Sénégal.
Bref, « Affiché démocrate… dawal apprenti dictateur, régime fureur… », scande Thiat dans ce morceau au ton contestataire, fidèle à son style engagé. Le compagnon de Kilifeu y fustige la gouvernance actuelle, qu’il assimile à une dérive autoritaire.
Le rappeur, ne s’arrête pas à la critique politique. Il dénonce également une économie « qui repose sur des taxes et des douanes » et décrit un pays « au 4ᵉ sous-sol », en proie, selon lui à un déclin inquiétant.
Avec « Poroze Bi », Thiat confirme une nouvelle fois son statut de voix rebelle dans le paysage du hip-hop sénégalais, toujours prompt à s’ériger en contre-pouvoir par la musique.
Cyrille Oumar Touré a dénoncé les manquements du parti Pastef. Mais depuis la sortie du morceau, Thiat est attaqué par des partisans de Sonko. Des artistes rappeurs comme Meuz Gooren et Nitt Doff ont pris leurs plumes pour démonter à leur tour l’artiste. Du côté des militants, certains n’ont pas hésité à faire des lives pour montrer leurs talents de chanteur.
Kilifeu, membre du groupe Keur Gui et président du conseil d’administration du Grand Théâtre, a réagi au clip « Poroze » de Thiat, qui critique la gestion du régime Pastef et suscite de vives polémiques.
Invité sur Senegal 7, Kilifeu a déclaré : « Ce n’est pas la première fois. Thiat avait fait une sortie par le passé, qui avait suscité beaucoup de polémiques. J’avais dit que je respecte sa position. On est en démocratie. Thiat est un humain, il peut se tromper de bonne foi. Cela ne mérite pas toutes ces attaques. Je ne plaide pour personne, mais s’il croit en ce qu’il dit, il n’a qu’à le défendre avec ses arguments.
En privé, Kilifeu a confié avoir conseillé Thiat sur le plan juridique : « Tu n’es pas juriste, j’espère que tu as consulté des juristes honnêtes avant de dire certaines choses. » Connaissant le rappeur activiste, il précise que ses remarques n’étaient pas faites pour son simple plaisir.

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