Dakar ,28 Aout 2025(JVFE)-Les préparatifs battent leur plein à Pékin. Dans quelques jours, la place Tian’anmen sera le théâtre d’une parade militaire conçue comme un symbole : Xi Jinping y recevra le président russe Vladimir Poutine et le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un. Une apparition côte à côte qui n’a encore jamais eu lieu.
Le 3 septembre, Xi Jinping accueillera Vladimir Poutine et Kim Jong Un lors d’une parade commémorative dans la capitale chinoise.
Un défilé militaire géant organisé pour les 80 ans de la fin de la Seconde Guerre mondiale, effectuant chez le voisin et allié chinois une rare sortie hors de son pays.
Les préparatifs battent leur plein à Pékin. Dans quelques jours, la place Tian’anmen sera le théâtre d’une parade militaire conçue comme un symbole : Xi Jinping y recevra le président russe Vladimir Poutine et le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un. Une apparition côte à côte qui n’a encore jamais eu lieu.
La date n’a pas été choisie au hasard, puisque le 3 septembre prochain célèbre le 80e anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale. Cette fois, le contexte international donne à l’événement une résonance particulière. Alors que Moscou est embourbé en Ukraine et que Pyongyang subit des sanctions étouffantes, la présence des deux dirigeants aux côtés de Xi Jinping envoie un signal clair : celui d’un front commun face à l’Occident.
La présence de Kim Jong Un chez le voisin et allié chinois, une rare sortie hors de son pays,
a été annoncée jeudi par un haut responsable du ministère chinois des Affaires étrangères avec celle de 25 autres dirigeants étrangers, dont les présidents russe, iranien et biélorusse.
L’agence officielle nord-coréenne KCNA a confirmé la présence de Kim Jong Un aux «célébrations du 80e anniversaire de la victoire de la guerre de résistance du peuple chinois contre l’agression japonaise et de la guerre mondiale contre le fascisme».
Ce sera la première visite de Kim Jong Un en Chine depuis janvier 2019 et sa première à l’étranger depuis celle effectuée en septembre 2023 à Vladivostok, en Russie, à l’invitation du président Vladimir Poutine dont il est devenu un des principaux alliés dans la guerre d’Ukraine.
Au total, Kim Jong Un n’a effectué qu’une dizaine de déplacements hors de son pays depuis son accession au pouvoir en 2012, dont quatre en Chine, où il avait effectué sa première visite officielle à l’étranger en mars 2018.
Kim Jong Un a effectué ses derniers voyages à bord d’un train blindé vert olive barré d’un liséré jaune, des déplacements entourés d’un grand secret et accompagnés d’un déploiement sécuritaire exceptionnel.
Malgré des périodes de tensions dues à l’agacement de Pékin devant les retombées de la course de Pyongyang à l’armement nucléaire et balistique, la Corée du Nord et la Chine entretiennent d’étroites relations dont les racines plongent dans les champs de bataille de la Guerre de Corée (1950–1953). La Chine apporte son soutien diplomatique, politique et économique à la Corée du Nord, soumise à de lourdes sanctions internationales.
La Chine a pour «ferme position» de développer «l’amitié traditionnelle» avec la Corée du Nord, a dit à la presse un haut responsable des Affaires étrangères chinoises, Hong Lei.
Avec le défilé sur l’avenue longeant la place Tiananmen, la Chine entend exalter le souvenir de la victoire contre l’impérialisme et faire la démonstration de sa puissance militaire aux yeux du monde.
Kim Jong Un verra à cette occasion les nouveaux armements que la Chine ainsi que les évolutions minutieusement synchronisées des troupes au sol, des formations de chars et des escadrilles aériennes.
Le défilé conclura une séquence au cours de laquelle la Chine accueillera dimanche et lundi une vingtaine de dirigeants étrangers pour le sommet de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS), où elle s’emploiera à promouvoir une gouvernance mondiale alternative à celle des Occidentaux, dans une période de tensions stratégiques et commerciales.
«Le peuple chinois, avec les peuples de toutes les nations, défendra fermement les acquis de la victoire de la Seconde Guerre mondiale», a dit le haut responsable des Affaires étrangères chinoises.
«La situation internationale est marquée actuellement à la fois par les turbulences et les changements, et les atteintes à la paix mondiale continuent à augmenter», a-t-il souligné.
La Corée du Nord, la Chine et nombre de participants au sommet du week-end, dont la Russie ou l’Iran, ont à des degrés divers des relations tendues avec les pays occidentaux.
La visite de Kim Jong Un, qui ne participera pas au sommet, envoie le message que «les États-Unis n’arriveront pas à les forcer à la soumission», dit Chong Ja Ian, enseignant en sciences politiques à l’Université nationale de Singapour
26 chefs d’État et de gouvernement présents
L’ancien conseiller fédéral UDC Ueli Maurer se rendra en Chine la semaine prochaine. Mercredi, il participera à Pékin aux célébrations du 80ème anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale. Invité par Pékin à assister au défilé militaire, il a confirmé à la radio SRF avoir accepté l’invitation. Selon l’ancien ministre de la Défense et des Finances, il est important d’entretenir des contacts et des relations avec la Chine.
Outre Ueli Maurer, plusieurs chefs d’Etat figurent sur la liste des invités. Le président russe Vladimir Poutine sera l’invité d’honneur. Le président serbe Aleksandar Vucic et le Premier ministre slovaque Robert Fico feront également le déplacement depuis l’Europe. Le chef d’Etat nord-coréen Kim Jong-un et le chef de la junte birmane Min Aung Hlaing sont annoncés en provenance d’Asie.
Vingt-six chefs d’État et de gouvernement ont confirmé leur venue, selon le ministère chinois des Affaires étrangères. Aucun dirigeant occidental n’a accepté l’invitation, hormis le Premier ministre slovaque Robert Fico, seul représentant de l’Union européenne.
Le spectacle promet d’être calibré au millimètre. Les dernières générations de missiles, les chars alignés au cordeau, les régiments en uniforme traverseront la place sous les yeux de milliers d’invités. La Chine veut montrer sa maîtrise militaire, mais aussi sa capacité à rallier autour d’elle des alliés contestataires de l’ordre occidental.
Pour la Russie, isolée diplomatiquement, l’image comptera au moins autant que les discours. Quant à Kim Jong Un, rarement sorti de son pays, il obtient une visibilité mondiale.
Ueli Maurer doit cette invitation à son attitude favorable à la Chine, qu’il a déjà affichée en tant que conseiller fédéral. En 2019, il a ainsi rencontré le président chinois Xi Jinping en tant que président de la Confédération.
Il participe toutefois au défilé militaire à titre privé et non sur la base d’un mandat officiel de la Suisse. Le Département fédéral des affaires étrangères n’avait en effet jusqu’à présent, pas eu vent de son voyage.
Le spectacle promet d’être calibré au millimètre. Les dernières générations de missiles, les chars alignés au cordeau, les régiments en uniforme traverseront la place sous les yeux de milliers d’invités. La Chine veut montrer sa maîtrise militaire, mais aussi sa capacité à rallier autour d’elle des alliés contestataires de l’ordre occidental.Fin

