Dakar,08 Septembre 2025(JVFE)-Le “plan grandes villes” du ministre Bernard Quintin prévoit des militaires en rue, davantage de caméras et des opérations coup-de-poing.
Le ministre de l’Intérieur, Bernard Quintin (MR), a débloqué un budget pour les caméras de vidéosurveillance des grandes villes belges (Bruxelles, Gand, Anvers, Mons, Charleroi et Liège) et annonce de grosses opérations policières sur les points de deal, dévoile-t-il samedi dans L’Echo. Dans Sudinfo, il ajoute vouloir également des militaires en rue.
Sur LN Radio, Bernard Quintin, ministre de la Sécurité et de l’Intérieur, était l’invité du “Café sans filtre” ce lundi 8 septembre. L’occasion pour lui de revenir sur le plan “Grandes villes”, et le possible déploiement de l’armée dans les rues.
La refonte du “plan canal” en un “plan grandes villes” est désormais prête et a déjà été transmise à la police fédérale. Elle sera présentée en Conseil des ministres sous peu.
“Le plan canal était bon, mais il était vieux d’une dizaine d’années et devait être revu. Son point d’entrée était la lutte contre le terrorisme, dont la prégnance aujourd’hui n’est plus celle de l’époque“, situe le ministre. Selon lui, dans l’ordre des priorités, la lutte contre le crime organisé lié au trafic de drogue est passée devant.
“On doit combattre le crime organisé, ce sont des multinationales qui ont beaucoup d’argent, qui sont très flexibles, et qui n’ont aucun scrupule”, souligne Bernard Quintin. “Ils sont tout à fait capables de tuer des gens”.
Pour le ministre de l’Intérieur, un facteur décisif a accéléré la mise en place du plan, qui devrait aboutir “dès fin septembre, début octobre” : plusieurs fusillades de cet été ont eu lieu l’après-midi, “une évolution inquiétante”, selon lui.
Une fois dans les rues, quelle serait la mission de l’armée ? “Assurer l’ordre et la tranquillité publique”, répond Bernard Quintin. “C’est une mesure exceptionnelle, et ce n’est ni un aveu d’échec par rapport à ce que l’on fait niveau sécurité, ni de la police. Toutes les forces de l’État doivent être mises en œuvre pour assurer la sécurité de nos concitoyens”.
Pourtant, avant de voir l’armée déployée dans les rues de la capitale, et potentiellement d’autres villes, certaines étapes se doivent d’être respectées. “Nous sommes occupés à travailler sur les protocoles qui vont permettre d’activer ces patrouilles mixtes”, répond le ministre.
L’objectif de la majorité gouvernementale est clair : créer des patrouilles mixtes, avec policiers et militaires, autour des hotspots, “pour démontrer que l’État est capable de déployer toute sa puissance pour la sécurité de ses concitoyens, et pour libérer la capacité policière”.
Une réponse de l’État belge, qui prend du retard dans son combat contre le narcotrafic ? “Non, l’État ne perd pas la guerre contre les narcotrafiquants”, répond Bernard Quintin. “Mais l’État a le devoir de mener toutes les batailles contre eux, en prenant des mesures qui nous permettent d’être à la hauteur de ces combats, à tous les niveaux.
Parmi les autres axes du plan, on retrouve un accroissement des opérations à grande échelle et une amélioration du maillage de caméras de surveillance dans les grandes villes. Pour ce faire, Bernard Quintin a demandé à la police fédérale de réactiver les ‘fully integrated police actions’, soit des opérations coup-de-poing de la police fédérale, avec le soutien de la police locale. Il va par ailleurs dégager un budget de 20 millions d’euros pour remettre à niveau les caméras de vidéosurveillance du pays. L’objectif est de “réaliser une forme de cadastre” de toutes les caméras publiques des grandes villes du pays, à savoir celles qui fonctionnent, celles qui doivent être remplacées ou celles qui devraient exister dans les endroits nécessaires.
Le plan prévoit aussi davantage de policiers fédéraux et d’argent pour les zones de police locale, même si le ministre ne peut encore quantifier ces moyens financiers qui seront dégagés;

