35e anniversaire de l’unité allemande

Dakar,05 OCTOBRE 2025(JVFE)-En ce 3 octobre 2025, l’Allemagne  a célébré la Journée de l’unité, qui marque le 35e anniversaire de la réunification du pays, après qu’il a été séparé en deux États entre 1945 et 1990 : la République démocratique allemande (RDA), à l’est, et la République fédérale allemande (RFA), à l’ouest. Emmanuel Macron et le chancelier Friedrich Merz à Sarrebruck le 3 octobre 2025 pour le 35e anniversaire de la réunification allemande avec ses voisins polonais.

Dans la nuit du 22 au 23 août 1990, lors d’une session extraordinaire historique, la dixième Chambre du peuple de la RDA prit la décision d’adhérer à la République fédérale d’Allemagne, conformément à l’article 23 de la Loi fondamentale, et de faire ainsi partie de l’unité fédérale allemande. Au terme de nouvelles négociations et des préparatifs nécessaires, l’adhésion fut effective le 3 octobre 1990, marquant ainsi la fin officielle de la RDA. Depuis lors, cette journée est célébrée comme la Journée de l’unité allemande et c’est un jour férié officiel.

Déjà le 9 novembre 1989, le mur de Berlin, qui séparait Berlin-Est et Berlin-Ouest depuis 28 ans, tomba. L’ouverture de la frontière fit suite à des mois de protestations des citoyens de l’ancienne RDA. À peine un an plus tard, la chute du Mur ouvrit la voie à la réunification allemande. Les historiens considèrent aujourd’hui la réunification comme le résultat d’une révolution pacifique. Ce jour férié commémore à la fois les événements de 1989 et le processus de réunification réussi de l’année suivante.

Les festivités centrales de la Journée de l’unité allemande sont organisées chaque année par un Land différent. En 2025, c’est la Sarre qui accueillera les célébrations officielles : du 2 au 4 octobre, le centre-ville de Sarrebruck se transformera en un lieu de célébrations, proposant des scènes et des expositions – un symbole fort pour ce Land partageant ses frontières avec la France et le Luxembourg et n’ayant rejoint la République fédérale qu’en 1957. Dans le même temps, cette Journée sera également célébrée dans d’autres villes par des fêtes, des expositions et des manifestations, particulièrement à Berlin, autour de la porte de Brandebourg.

Même 35 ans après la réunification, l’Est fait toujours l’objet d’une attention particulière. Plus que toute autre région, les Länder de l’ancienne RDA font l’objet d’une profonde mutation structurelle, mais représentent également un formidable potentiel d’investissements pour l’avenir. De plus en plus de groupes internationaux misent sur cette région : Tesla produit à Grünheide, dans le Brandebourg, et le fabricant de semi-conducteurs taïwanais TSMC investit à Dresde. Le parc chimique de Bitterfeld-Wolfen et le pôle high-tech « Silicon Saxony » continuent d’attirer des investissements de plusieurs milliards dans l’est de l’Allemagne. Cela fait donc longtemps que l’Est n’est plus seulement une « région en rattrapage », mais aussi un site d’avenir de portée internationale

“Le mur se dressait à Berlin, mais c’est grâce à une révolution européenne qu’il a été abattu. C’est pourquoi cette journée serait une bonne occasion [pour les Allemands] de ne pas faire que se regarder le nombril”, écrit Nadia Pantel dans un article d’opinion pour l’hebdomadaire hambourgeois.

Il y a trente-cinq ans, ce n’est pas seulement à Magdebourg et à Brunswick que l’on s’est mobilisé, mais aussi à Varsovie et à Paris”, ajoute la journaliste rattachée au service international du magazine centriste. Et face à l’invasion de l’Ukraine par la Russie, l’Europe a plus que jamais besoin d’unité, estime-t-elle.

La visite du président français et un bon signal, se réjouit Nadia Pantel. “En ce jour de fête nationale allemande, la venue d’Emmanuel Macron cette année à Sarrebruck est un événement exceptionnel. Mais pourquoi cela ?”

Reste que la remise en selle de l’Allemagne après la Seconde Guerre mondiale a souvent donné des sueurs froides au personnel politique français. François Mitterrand – même après sa célèbre poignée de main avec Helmut Kohl, alors chancelier de la RFA, en 1984 – a toujours considéré son voisin oriental avec une certaine méfiance. Plus récemment, en 2019, Jean-Luc Mélenchon, le leader de La France insoumise (LFI), avait qualifié la réunification de l’Allemagne d’“annexion” de la RDA par la RFA.

Si la journaliste reconnaît l’“ambivalence de sentiments” qui a longtemps animé Paris envers son voisin d’outre-Rhin – conséquence des trois conflits majeurs entre les deux pays entre 1870 et 1945 –, elle assure qu’il est désormais temps de se serrer les coudes et d’avancer de front. “Le 3 octobre, l’Allemagne ne devrait pas se célébrer elle seule, mais fêter ses voisins aussi, qui cinquante ans après l’agression allemande contre la France et la Pologne, ont été capables d’imaginer un avenir différent pour ce pays au cœur de l’Europe”, conclut Nadia Pantel

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