Dakar,05 OCTOBRE 2025(JVFE)-Près d’un mois après sa nomination à Matignon, Sébastien Lecornu a arrêté la composition de son gouvernement. Bruno Retailleau, qui reste dans l’équipe ministérielle, déplore que « la composition du gouvernement ne reflète pas la rupture promise »
Il aura fallu presque quatre semaines pour que Sébastien Lecornu réussisse à composer son équipe gouvernementale. Quatre semaines pendant lesquelles, outre quelques annonces et quelques orientations sur l’épineux dossier budgétaire, les ingrédients politiques du futur gouvernement sont passés par de multiples étapes, jusqu’au feu vert final ce dimanche des LR pour rester dans l’équipe Lecornu.
Au total, ce nouveau gouvernement compte 18 membres, d’autres noms étant attendus dans la semaine. Dans le détail, sont ainsi nommés, ou confirmés ce dimanche :
– Roland Lescure est nommé à Bercy à la place d’Eric Lombard.
– Amélie de Montchalin reste ministre des Comptes Publics.
– Bruno Le Maire est nommé ministre des Armées à la place de Sébastien Lecornu.
– Bruno Retailleau est reconduit à l’Intérieur.
– Gérald Darmanin reste Garde des Sceaux.
– Elisabeth Borne est reconduite à l’Education Nationale.
– Jean-Noël Barrot est maintenu aux Affaires étrangères.
– Manuel Valls reste ministre des Outre-Mer.
– Philippe Tabarot est reconduit aux Transports.
– Annie Genevard est reconduite au ministère de l’Agriculture.
– Catherine Vautrin reste au ministère du Travail.
– Eric Woerth est nommé ministre des Territoires succédant à François Rebsamen.
– Rachida Dati reste à la Culture.
– Agnès Pannier-Runacher reste ministre de la Transition écologique.
– Aurore Bergé est nommée porte-parole du gouvernement à la place de Sophie Primas.
– Naïma Moutchou est nommée ministre de la Transformation et de l’Action publiques.
– Marina Ferrari est nommée ministre des Sports succédant à Marie Barsacq.
– Mathieu Lefèvre hérite du portefeuille des relations avec le Parlement.
Sébastien Lecornu est attendu mardi après-midi à l’Assemblée nationale pour sa déclaration de politique générale, dans une atmosphère d’ores et déjà électrique. Malgré l’annonce du renoncement au 49.3 vendredi dernier, « nous nous dirigeons tout droit vers la censure » si « la donne ne change pas », a martelé samedi le premier secrétaire Olivier Faure. En parallèle, la France insoumise promet déjà une motion de censure dans la semaine. Comme les Ecologistes de Marine Tondelier, qui a répété dimanche ne pas voir « d’autre chemin que la censure ».
La cheffe de file des députés RN Marine Le Pen a jugé vendredi que la décision du Premier ministre concernant le 49.3 était « plus respectueuse de la démocratie ». Pour autant, elle attend le discours de politique générale pour voir « s’il existe une rupture ou pas ». « Pour le Rassemblement national, c’est la rupture ou la censure », a-t-elle martelé.
Le patron des Républicains, Bruno Retailleau, qui était favorable à la participation de son parti à l’exécutif de Sébastien Lecornu, a déploré dimanche soir que « la composition du gouvernement ne reflète pas la rupture promise ». « Devant la situation politique créée par cette annonce, je convoque demain matin le comité stratégique des Républicains », une instance qui regroupe les principales personnalités du parti, a-t-il annoncé sur le réseau social X.
Alors que Sébastien Lecornu vient à peine d’être nommé Premier ministre, l’ancien président français François Hollande met déjà la pression sur le nouveau gouvernement et le presse à discuter avec «la seule opposition qui est prête à entrer dans cette négociation : les socialistes».
D’après l’ancien président français, le dossier pourrait être jugé par les électeurs. «Les Français choisiront», a-t-il lâché. Par les urnes ou via un référendum ? Il n’en a pas dit plus. Comme le rappellent nos confrères, le PS avait déjà conditionné le retour d’un conclave sur les retraites «seulement si cela s’accompagne d’une suspension de la réforme le temps des discussions», avait évoqué le député Philippe Brun. La CFDT ne compte d’ailleurs pas «relancer le conclave» sur les retraites et Emmanuel Macron n’aurait aucune intention de suspendre la réforme. Lors de cette allocution, le député de Corrèze a également plaidé pour des discussions avec son parti, «la seule opposition qui est prête à entrer dans cette négociation», mettant en garde ses collègues : «Il faut nouer un compromis. Il faut que l’on trouve un accord pour que le pays soit tenu et dirigé.» François Hollande s’est d’ailleurs démarqué des autres socialistes, notent Les Echos, en particulier sur les économies à réaliser en vue du budget 2026
