Dakar,16 Octobre 2025(JVFE)-Les représentants des États membres auprès de l’UE ont adopté, mercredi 24 septembre, deux accords avec le Parlement européen sur la révision du permis de conduire. Celle-ci prévoit notamment l’introduction du permis de conduire numérique dans toute l’Union européenne d’ici la fin de l’année 2030.
Une petite révolution. L’Union européenne s’apprête à changer les règles du permis de conduire. Une première annonce avait été faite le 25 mars, lorsque les États membres se sont mis d’accord avec les eurodéputés, après de longs mois de discussions.
Six mois plus tard, le 24 septembre, les représentants des États membres auprès de l’UE (Coreper) ont adopté avec le Parlement européen un premier accord sur la révision du permis de conduire, et un deuxième sur la déchéance du droit de conduire. Le premier texte a notamment pour but d’actualiser les exigences minimales relatives à l’aptitude des conducteurs, et d’harmoniser les règles relatives aux périodes probatoires pour les conducteurs novices.
La principale mesure décidée concerne l’introduction d’un permis de conduire dématérialisé accessible sur téléphone portable, avec une mise en circulation prévue d’ici à 2030. Ce permis numérique aura la même valeur légale que son équivalent physique, que les conducteurs pourront toujours demander s’ils le souhaitent. Sa validité sera de quinze ans avant d’être soumis à une procédure de renouvellement.
Une autre question a été longuement débattue avant d’aboutir à un compromis : l’exigence d’un examen médical (oculaire et cardiovasculaire) préalable pour l’obtention du permis. Finalement, chaque État membre pourra choisir entre un examen médical obligatoire ou un système d’autoévaluation du conducteur.
Les pays qui le souhaitent peuvent aussi “réduire la validité du permis de conduire des conducteurs plus âgés” (à partir de 65 ans). Au Portugal, les conducteurs de plus de 70 ans passent déjà un examen médical. En Italie, ces mêmes contrôles peuvent commencer dès 50 ans. En Autriche, sans examen de santé, même à 18 ans, vous n’obtenez pas le permis de conduire.
En outre, une période probatoire d’au moins deux ans sera imposée aux nouveaux conducteurs. Pendant cette période, des règles plus strictes et des sanctions renforcées seront appliquées en cas d’infractions graves, notamment celles liées à l’alcool et aux drogues au volant.
Autre élément de cette réforme : afin de remédier à la pénurie de conducteurs professionnels, l’âge minimum pour obtenir un permis de conduire poids-lourd sera abaissé de 21 à 18 ans, et pour les conducteurs d’autobus de 24 à 21 ans, à condition qu’ils soient titulaires d’un certificat d’aptitude professionnelle. Les États membres peuvent autoriser les jeunes de 17 ans à conduire un camion ou un fourgon uniquement sur leur territoire, s’ils sont accompagnés d’un conducteur expérimenté.
Jusqu’à présent, lorsqu’un conducteur commettait une infraction grave dans un pays de l’UE autre que celui qui lui avait délivré son permis, la suspension ne s’appliquait que dans le pays où l’accident avait eu lieu.
19 800 décès sur les routes en 2024
L’an passé, l’UE a enregistré 19 800 décès sur les routes, marquant une baisse de 3 % par rapport à l’année précédente. Toutefois, les disparités entre les États membres restent marquées : la Suède et le Danemark affichent les routes les plus sûres, avec respectivement 20 et 24 décès par million d’habitants, tandis que la Bulgarie et la Roumanie comptabilisent 74 et 77 décès par million d’habitants.
“Alors que près de 20 000 personnes ont perdu la vie sur les routes de l’UE l’année dernière, cette initiative sera un élément crucial pour faire progresser notre objectif de réduire de 50 % le nombre de décès sur la route d’ici 2030”, a declaré le commissaire chargé des transports, Apóstolos Tzitzikóstas.
En vertu des nouvelles règles, les interdictions ou restrictions imposées par un État membre à un conducteur en cas d’accident grave de la route s’appliqueront également dans le pays où le permis de conduire a été délivré. Le pays qui a délivré le permis devra alors appliquer l’interdiction dans toute l’UE.
Cette harmonisation vise à renforcer la sécurité routière et à lutter contre l’impunité des conducteurs responsables d’accidents graves, comme l’a souligné Matteo Ricci, député européen et rapporteur du texte. “En introduisant des critères plus clairs et plus opportuns pour la suspension des privilèges de conduite en cas d’infractions graves, cette mesure protège non seulement les conducteurs responsables, mais aussi l’ensemble de la population”.
L’accord trouvé doit encore être officiellement adopté par le Parlement et le Conseil, une formalité qui ne devrait pas poser de difficulté après ce compromis. “Les États membres disposeront de quatre ans pour transposer les nouvelles dispositions dans leur droit national et se préparer à leur mise en œuvre”, indique le Parlement dans un communiqué.

