Risques pays : Le Maroc conserve sa note «B», la plus solide d’Afrique du Nord

Dakar,16 Octobre  2025(JVFE)-Dans son édition d’octobre 2025, le rapport «Risk Review» publié par Coface attribue au Maroc une notation de niveau B, traduisant un niveau de risque  maitrisé, et tranche avec les fragilités observées dans son voisinage immédiat.

Son Risk Review d’octobre 2025 est intitulé «Le calme pendant la tempête». Cette publication trimestrielle actualise la carte mondiale des risques de crédit, qui couvre 160 pays. Elle s’appuie sur une analyse approfondie de données macroéconomiques, financières et politiques, afin d’évaluer le niveau de risque d’impayés auquel les entreprises sont exposées dans leurs activités internationales.

Engagé pour le commerce depuis 1946, avec le réseau international le plus étendu, Coface est un expert mondial de référence en assurance-crédit, recouvrement de créances et services d’information.

Le Risk Review Coface d’octobre 2025 décrypte les dynamiques mondiales avec un focus sur l’envolée du risque social et politique, et les défis stratégiques des pays du Golfe.

La notation B attribuée au Maroc par Coface correspond à un environnement où les entreprises peuvent opérer sans entraves majeures, mais où des vulnérabilités externes ou institutionnelles persistent. Elle reflète une économie relativement stable, dotée d’infrastructures modernes, d’un cadre macroéconomique solide et d’une politique de diversification sectorielle engagée. Coface n’a procédé à aucun ajustement sur le Maroc dans cette édition, ce qui confirme la robustesse de ses fondamentaux malgré les tensions internationales.

Cette notation s’inscrit dans une grille où les niveaux vont de A1 (risque très faible) à E (risque extrême). Le maintien du Maroc en B, sans dégradation ni amélioration, est en soi un signal de performance dans un environnement régional où plusieurs pays ont vu leur notation revue à la baisse ou restent exposés à des risques élevés.

Selon le Risk Review Coface d’octobre 2025, le Maroc conserve sa note «B», un niveau traduisant un risque intermédiaire et confirmant sa position de pays le mieux noté d’Afrique du Nord. À l’échelle mondiale, la croissance montre une certaine résistance malgré la hausse des droits de douane et les tensions géopolitiques. Mais les prochains trimestres s’annoncent incertains, sur fond d’augmentation des faillites d’entreprises et d’un record historique de l’indice Coface de risque politique et social dans le monde.

À l’échelle globale, Coface prévoit une croissance mondiale de +2,6 % en 2025 et +2,4 % en 2026, avec des performances contrastées selon les zones. Les États-Unis tiennent mieux que prévu, la Chine ralentit, et la zone euro peine à rebondir. L’inflation reste contenue dans la plupart des régions, sauf aux États-Unis où un pic à 4 % est attendu début 2026.

Mais c’est sur le plan politique que le rapport  alerte le plus. L’indice Coface de risque politique atteint un niveau record de 41,1 %, dépassant même son pic observé pendant la pandémie. «Ce qui était autrefois considéré comme une turbulence temporaire est devenu structurel », écrit Coface, en référence à la polarisation, aux rivalités géopolitiques et aux défis liés à la transition énergétique. Les États-Unis enregistrent la plus forte hausse de risque politique entre 2024 et 2025, en raison d’une fragilité institutionnelle croissante et d’une poussée du populisme, selon le rapport.

En somme, le rapport risque Coface confirme que le Maroc bénéficie d’un positionnement stratégique dans un environnement régional contrasté. Sa faible exposition aux tensions tarifaires, sa stabilité politique et sa capacité à attirer des investissements industriels – comme l’illustrent les récentes annonces dans l’aéronautique – renforcent sa crédibilité économique.

Dans un environnement mondial secoué par les tensions commerciales, sociales et politiques, ainsi que par la hausse des faillites d’entreprises et la fragilité de certaines économies, le Maroc conserve sa note de risque pays à «B», synonyme d’un niveau de risque intermédiaire. Pour mémoire, la grille Coface s’étend de «A1» (risque très faible) à «E» (risque extrême), et la note «B» est la cinquième sur huit niveaux, traduisant un risque d’impayés «assez élevé» pour les entreprises. Pour le Maroc, cette note s’explique essentiellement par la fragilité structurelle du tissu économique, constitué d’environ 90% de TPE, dont une grande partie opère dans l’informel. En dépit de cette situation, le Royaume reste le pays le mieux noté d’Afrique du Nord, devant l’Algérie, la Tunisie, la Mauritanie, l’Égypte (risque élevé) et la Libye (risque extrême). Il est, en outre, l’un des marchés les plus résilients du continent africain.

Selon Coface, l’économie mondiale a résisté aux chocs commerciaux du premier semestre 2025, notamment à la suite de la montée des droits de douane américains, dont le taux moyen s’établit désormais autour de 18%, contre 2,5% sous l’administration Biden.

Les entreprises ont su anticiper et absorber ces tensions, soutenues par des investissements massifs dans l’intelligence artificielle. Coface prévoit désormais une croissance mondiale de +2,6% en 2025, légèrement révisée à la hausse, puis +2,4% en 2026. Les États-Unis devraient continuer à mieux résister que prévu grâce à leur demande intérieure, tandis que la Chine poursuit son ralentissement et la zone euro reste atone, malgré un léger rebond attendu en Allemagne.

La solidité apparente de la croissance mondiale ne masque pas la réalité : les défaillances d’entreprises continuent d’augmenter. L’indice global progresse de 4% dans les économies avancées, avec des hausses particulièrement marquées en Europe (+11%) et en Asie-Pacifique (+12%), alors que l’Amérique du Nord reste stable. Si les politiques monétaires plus souples et les baisses de taux devraient offrir un répit en 2026, Coface appelle à la prudence face à la fragilité des entreprises, confrontées à des coûts persistants et à une demande encore incertaine. Les secteurs affectés par les défaillances ont varié selon les régions et les pays, mais le secteur de l’hôtellerie a contribué à la hausse dans plusieurs marchés clés, tandis que la construction est restée un facteur important en Allemagne, en Italie, en Espagne, en Australie et au Japon.

Pour le continent africain, Coface relève une amélioration des perspectives de croissance avec un rythme attendu de +4,1% en 2025 et +4,2% en 2026. Cette progression est attribuée à la baisse des prix des denrées alimentaires et de l’énergie, combinée à un affaiblissement du dollar, facteurs favorables à la consommation et à la réduction des pressions sur les comptes extérieurs. Malgré cela, les réserves de change demeurent sous pression pour plusieurs pays exportateurs de pétrole et de diamant, ainsi que pour ceux fortement dépendants des financements extérieurs. En ce qui concerne les droits de douane américains, à l’exception de l’Algérie (30%), de la Libye (30%), de la Tunisie (25%) et de l’Afrique du Sud (30%), les pays africains ont vu leur niveau passer à 10 ou 15%. L’impact économique sera marginal, car l’exposition aux États-Unis est faible pour la plupart des pays et de nombreux minéraux ont été exemptés.

À noter que le Risk Review Coface d’octobre 2025 décrypte les dynamiques mondiales avec un focus sur l’envolée du risque social et politique, et les défis stratégiques des pays du Golfe. L’indice Coface de risque social et politique atteint un record historique à 41,1%, dépassant le pic pandémique et imposant le risque politique comme un paramètre clé, et structurel, de l’économie mondiale.

Les conflits majeurs persistent, tandis que les tensions domestiques s’intensifient, notamment en Afrique (Burkina Faso, Niger…), au Pakistan et au Liban. Les États-Unis enregistrent la plus forte progression du risque, liés à une fragilité institutionnelle croissante et à une montée du populisme. En Europe, la France tout particulièrement fait face à une crise politique conséquente et inédite. «Ce contexte impose aux entreprises une vigilance accrue et une adaptation continue de leurs stratégies», estime l’assureur-crédit.

Concernant la région du Golfe, elle reste un pôle de stabilité dans un monde incertain. Le Conseil de coopération du Golfe (CCG) affiche une croissance prévue de 3,8% en 2025 et de 4% en 2026, soutenue par une demande intérieure dynamique et des politiques publiques ambitieuses, comme la Vision 2030 saoudienne. La transformation structurelle engagée depuis plusieurs années a porté ses fruits : le secteur non pétrolier représente désormais près de 70% du PIB régional, contre 50% en 2010. Les Émirats arabes unis et l’Arabie saoudite se hissent parmi les principales destinations mondiales d’investissements directs étrangers, avec respectivement 46 et 32 milliards de dollars en 2024, renforçant leur intégration dans les chaînes de valeur mondiales. Coface prévient néanmoins que la dépendance aux hydrocarbures demeure un point de fragilité, une baisse prolongée des prix du pétrole pouvant retarder certains grands projets.

Dans ce contexte global, Coface a procédé à 5 modifications d’évaluations pays, dont l’amélioration des notes des Émirats arabes unis et de l’Arabie saoudite. À noter que l’étude comprend également une mise à jour des risques sectoriels. Chaque trimestre, les économistes de Coface évaluent 13 secteurs de six régions géographiques sur la base de son expertise et des données financières publiées par plus de 6.000 entreprises cotées.

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