Dakar,17 Octobre 2025(JVFE)-La directrice générale du FMI, Kristalina Georgieva lors des réunions annuelles du FMI et de la Banque mondiale, le 16 octobre 2025 à Washington a confirmé que l’administration de l’ancien président Macky Sall a dissimulé une dette d’environ 7 milliards de dollars entre 2019 et 2024.
Cette révélation corrobore les conclusions du rapport de la Cour des comptes, publié en février 2025, dénonçant une sous-évaluation volontaire du stock de la dette et des irrégularités budgétaires.
Pour rappel,les autorités au pouvoir depuis 2024 accusent le précédent gouvernement, du président Macky Sall, d’avoir dissimulé les vrais chiffres de la dette publique et du déficit budgétaire
Les faits révélés par le FMI :
Une sous-estimation délibérée de la dette publique
Un écart entre les chiffres officiels (70 % du PIB) et ceux de la Cour des comptes (près de 100 % du PIB)
Une fausse image économique donnée aux investisseurs pour obtenir des taux d’emprunt plus favorables
Eddy Gemayel, chef de la délégation du FMI :
« Il y a eu une décision très consciente de sous-estimer le stock de la dette pendant les cinq dernières années. »
« Cette manipulation a permis aux autorités de s’endetter davantage en masquant la réalité économique du pays. »
Conséquences pour le Sénégal :
Déficit budgétaire creusé
Suspension du prêt du FMI
Perte de confiance des investisseurs et partenaires financiers
le ministre des Finances sénégalais et sa délégation ont reçu des signes rassurants du Fonds monétaire international, alors que le gouvernement tente depuis plus d’un an de débloquer un prêt de 1,5 milliard d’euros.
La réunion annuelle du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale se tient en ce moment jusqu’à samedi 18 octobre 2025.
“Le Sénégal a fait une demande de programme d’aide auprès du Fonds et nous avons immédiatement répondu. J’ai rencontré la délégation sénégalaise ici […] et nous allons envoyer [dans le pays] une équipe dès la fin des réunions annuelles”, a déclaré la directrice générale du Fonds, Kristalina Georgieva, lors d’une conférence de presse, le jeudi 16 octobre.
La veille, elle avait déjà envoyé des signes encourageants dans un message publié sur le réseau social X, évoquant le bon avancement des pourparlers. “Cette reprise des négociations intervient près d’un an après la suspension d’un prêt de 1,8 milliard de dollars [1,54 milliard d’euros], consécutive à la découverte d’environ 7 milliards de dollars [6 milliards d’euros] de dettes non déclarées”, “L’annonce de Mme Georgieva marque, selon plusieurs observateurs, un signal positif adressé aux investisseurs sur la volonté du Sénégal de rétablir la confiance et d’assainir sa situation financière.”
Le Fonds monétaire international (FMI) a “répondu immédiatement à la demande d’un programme d’aide de la part du gouvernement sénégalais”, a assuré jeudi la directrice générale du Fonds, Kristalina Georgieva, qui a réitéré son soutien aux autorités “pour avoir mis à jour l’immense problème” que représentait la dissimulation de la dette publique.
“Le Sénégal a fait une demande de programme d’aide auprès du Fonds et nous avons immédiatement répondu. J’ai rencontré la délégation sénégalaise ici (…) et nous allons envoyer une équipe dès la fin des réunions annuelles”, qui s’étendent jusque samedi, a assuré Mme Georgieva lors d’une conférence de presse.
Dakar est confronté à une situation économique préoccupante, avec un déficit budgétaire de 14% et un encours de dette publique représentant 119% du PIB.
Les autorités au pouvoir depuis 2024 accusent le précédent gouvernement du président Macky Sall (2012-2024) d’avoir dissimulé les vrais chiffres sur des indicateurs clés comme la dette publique et le déficit budgétaire.
Le FMI a confirmé “des déclarations erronées significatives des déficits budgétaires et de la dette publique sur la période 2019–2023”.
Depuis, les décaissements du Fonds ont été suspendus en attendant d’obtenir des réponses et des engagements de la part des nouvelles autorités afin que cette dissimulation d’indicateurs alléguée ne se reproduise pas à l’avenir.
“Je veux rendre hommage aux autorités sénégalaises pour avoir mis à jour cet immense problème”, a insisté Kristalina Georgieva, “cela a été caché et ils l’ont rendu public, tentant de comprendre ce qu’il s’est passé et l’ampleur du problème, cela a pris du temps mais nous y voyons désormais plus clair”.
Par ailleurs interrogée sur le risque systémique que pourrait représenter le secteur financier non bancaire (SFNB), la patronne du Fonds a appelé à une meilleure supervision de ces institutions.
“Nous avons connu un basculement majeur des financements, au point que le SFNB représente désormais plus de la moitié des financements réalisés actuellement”, a détaillé Mme Georgieva, “si cela continue de progresser, on peut se retrouver face à un moment difficile”.
D’autant que, avec l’enchaînement des chocs et des crises ces dernières années, “la plupart des Etats ne disposent plus des marges budgétaires et les principales banques centrales sont toujours concentrées sur le ralentissement de l’inflation”, ce qui réduit les possibilités de réagir en cas de crise financière majeure.
“Nous y sommes vigilants. Nous appelons à plus d’attention sur ce secteur et demandons ce qui peut être fait en terme de supervision et régulation”, afin d’éviter une potentielle crise, a ajouté Kristalina Georgieva.
La directrice générale du Fonds a enfin fait part de son “soulagement” après qu’un cessez-le-feu a été signé à Gaza, “il est important que tout le monde travaille en faveur d’une paix durable, qui ne sera que bénéfique pour la région, également sur le plan économique”.
Notamment pour les voisins d’Israël et des territoires palestiniens, dont les économies ont souffert des conséquences du conflit et de leurs propres tensions internes.
“Nous avons un programme en cours en Egypte et en Jordanie, le Liban en a fait la demande et nous espérons pouvoir y parvenir, la Syrie nous a demandé un support technique pour reconstruire ses institutions. Dès lors que la paix sera là, il y aura des effets positifs pour ces pays et ceux qui les soutiennent, cela rend l’aide apportée plus efficace”.
