Le reflux du risque politique dope Paris après des semaines de crispation et le marché perçoit une baisse du risque de déstabilisation institutionnelle

Dakar, 22 Octobre  2025(JVFE)-Le CAC 40 inscrit un record et change de régime. L’indice parisien franchit un cap symbolique, profite d’un reflux de l’incertitude politique en France et se hisse à des niveaux inédits, tandis que la saison des résultats tire les valeurs phares. Les opérateurs saluent un climat moins anxiogène, mais restent sélectifs face aux risques.

Mardi 21 octobre 2025, le CAC 40 a battu son précédent sommet, confirmant un nouveau pic en séance autour de 8 271 points ,un plus haut de clôture à 8 258,86 points.

L’indice profite d’un apaisement du risque institutionnel en France, d’une détente perçue sur le front commercial entre Washington et Pékin, et d’une salve de publications solides. Cette conjonction alimente le flux acheteur, mais elle interroge, par contraste, sur la durabilité du mouvement.

Le CAC 40 bénéficie d’abord d’un ressort politique. Après des semaines de crispation, le marché perçoit une baisse du risque de déstabilisation institutionnelle. « Le sujet de la dissolution s’éloigne », souligne Guillaume Chaloin, directeur de la gestion actions de Delubac AM, rappelant qu’un pas en arrière suffit à libérer un « optimisme » refoulé, selon ses propos rapportés par Le Monde. Ce recul de la menace politique, conjugué à la perspective d’un budget négocié sans rupture immédiate, réduit la prime de risque exigée par les investisseurs internationaux. Le marché revalorise alors les flux futurs, ce qui soutient mécaniquement la capitalisation du panier CAC 40, d’autant que la profondeur de la cote reste un atout de liquidité.

Ensuite, le CAC 40 surfe sur un narratif international moins contraignant. Une « petite détente » dans le ton de Washington à l’égard de Pékin, relevée par des analystes de marché, lève une hypothèque sur les chaînes d’approvisionnement et les coûts d’importation. Parce que les groupes du CAC 40 sont massivement exposés au commerce mondial, le moindre infléchissement des tensions se traduit par un meilleur multiple. Par ailleurs, la saison des résultats agit comme catalyseur : Edenred bondit de près de 20 % après un T3 supérieur aux attentes, tandis que LVMH avait regagné 12,22 % la semaine précédente, selon Le Monde. Ces surprises positives renforcent la visibilité sur les marges et valident, en partie, les anticipations bénéficiaires qui justifient un record sur l’indice phare en France.

En séance, le CAC 40 pointe à 8 271,48 points. En clôture, l’indice arrête sa course à 8 258,86 points, nouveau zénith de fin de journée. Ces jalons dépassent les repères de mai 2024 : 8 259,19 points en séance et 8 239,99 points en clôture.

Le passage de témoin illustre une projection plus constructive des cash-flows, et, plus prosaïquement, l’effet mécanique de révisions de BPA mieux orientées dans des secteurs clés du CAC 40. Cela dit, les brokers insistent sur la dispersion : toutes les valeurs n’avancent pas au même rythme, et le risque de rotation sectorielle demeure une variable à intégrer.

La Bourse de Paris a légèrement réduit ses pertes (-0,5% contre -0,6% ce matin) et si l’on fait exception de l’Oréal et Hermès, les valeurs françaises seraient pratiquement à l’équilibre.

Les places européennes s’effritent de -0,3 à -0,4%, ce qui n’est guère différent des scores observés à Wall Street depuis l’ouverture (-0,2% en moyenne, les replis étant pour fois très homogènes).

L’indice parisien pointe en dernière position parmi les principaux indices occidentaux, pénalisé par le repli de L’Oréal, qui lâche plus de 6,2% après des résultats décevants. Le géant de la cosmétique a publié hier soir un chiffre d’affaires de 32,80 milliards d’euros sur les neuf premiers mois, en hausse de 1,2% en publié. UBS pointe un 3e trimestre ‘légèrement en deçà des attentes’, ainsi que des résultats décevants en Amérique du Nord.

Hermès est aussi en berne et cède 2% malgré un 3e trimestre en vert, tiré par la maroquinerie et le retour de la croissance en Asie-Pacifique. Les ventes sont ressorties en hausse de 4,8% en données publiées à 3,88 milliards d’euros, et en croissance de 9,6% à taux de change constants.
Malgré ces bons chiffres, le marché attendait mieux après la forte hausse de LVMH la semaine dernière.

La séance sera encore ponctuée par la publication de nombreux trimestriels des deux côtés de l’Atlantique. Le démarrage de la saison des résultats n’a toutefois pas fait dérailler la trajectoire ascendante des indices boursiers mondiaux, qui évoluent quasiment tous à des pics historiques.

La sérénité actuellement affichée par les investisseurs peut avoir de quoi surprendre, ceux-ci témoignant d’un appétit réel pour les actifs risqués en dépit des nombreuses menaces qui pèsent sur l’économie mondiale, et qui sont loin d’avoir disparu.

Le regain d’attrait constaté sur les marchés d’actions s’explique par l’espoir d’un apaisement commercial entre les États-Unis et la Chine, et par la perspective d’une politique monétaire plus accommodante aux États-Unis, des éléments qui ont contribué à faire monter lentement mais sûrement des marchés affichant une attitude plutôt tranquille.

Le récent sursaut de la volatilité, qui s’est accompagné d’une envolée de l’or et d’un regain d’intérêt pour les obligations, indique toutefois que le climat n’a rien d’idyllique.

Non seulement le ‘shutdown’ se poursuit aux États-Unis, mais les inquiétudes pour la croissance restent par ailleurs bien présentes, tout particulièrement dans la zone euro, où les résultats préliminaires des enquêtes auprès des directeurs d’achat (PMI) attendus vendredi pourraient bien montrer que l’activité continue de tourner au ralenti.

Les gérants attendent de savoir si les résultats des ‘Sept Magnifiques’ justifient leurs valorisations particulièrement tendues.
Dans ce contexte, la sanction en cas de résultats ou de prévisions inférieurs aux attentes pourrait être sévère.

Premiers éléments de réponse avec les publications des géants technologiques Alphabet, Apple, Meta et Microsoft, toutes attendues la semaine prochaine.
En attendant, Netflix chute de plus de 8,5% dans le sillage de résultats trimestriels moins bons que prévu, ce qui montre bien que le secteur de la tech reste sous surveillance, tout comme celui des banques après les signaux préoccupants qui ont récemment émergé aux États-Unis (établissements régionaux) comme en Europe (BNP Paribas), sans oublier les propos alarmistes de Jamie Dimon (CEO de JP-Morgan sur le niveaux des dettes, aussi bien fédérales que les encours des entreprises et des particuliers.

‘La principale préoccupation sur les marchés boursiers demeure le niveau de valorisation’, souligne Chris Iggo, le directeur des investissements d’AXA IM.
‘Dans une situation où les préoccupations sur les niveaux de valorisation sont largement partagées, il ne faut pas grand-chose pour convaincre les investisseurs de réduire leur appétence au risque’, ajoute-t-il.

Outre-Atlantique, les comptes d’AT&T déçoivent un peu et le titre cède -2,2 à -2,5%, mais ce sont surtout les performances de Tesla et d’IBM, attendues dans la soirée, qui capteront l’attention du marché.

Sur le compartiment obligataire, le Bund à 10 ans se dégrade marginalement (+1,2Pts à 2,564%) ainsi que notre OAT (+0,6Pt vers 3,351%) de telle sorte que le ‘spread’ se contracte à +78,5Pts.

Côté énergie, les choses bougent avec un Brent qui rebondit de 01,8% à 62,6$, le baril de WTI grimpe de +2% vers 58,6$.
L’or poursuit sa consolidation et recule de 1% à 4000 USD l’once, l’argent grappille 0,4% vers 48,4$.
L’euro est parfaitement stable face au billet vert, autour des 1,16000USD, le seul mouvement notable est un léger raffermissement du Dollar canadien de +0,5% contre toutes devises..

Dans l’actualité des sociétés tricolores, Alstom annonce une commande supplémentaire de SNCF Voyageurs pour 30 trains Avelia Horizon de nouvelle génération pour un montant de près de 1,4 milliard d’euros, ainsi que des options pouvant aller jusqu’à 20 rames additionnelles.

Airbus a inauguré mercredi une nouvelle chaîne d’assemblage dédiée à sa famille d’avions de ligne A320 dans la ville portuaire chinoise de Tianjin, sa deuxième dans le pays, apprend-on auprès de sources officielles.

Engie a annoncé mercredi avoir conclu avec Apple un contrat d’achat d’électricité renouvelable d’une durée de 15 ans, qui va notamment faire la part belle à l’agrivoltaïsme en Italie.

Enfin, Ipsen indique avoir conclu un accord définitif pour acquérir la totalité des actions émises et en circulation d’ImCheck Therapeutics, une société française de biotechnologie pionnière dans les thérapies d’immuno-oncologie de nouvelle génération.

Dans la cote, des moteurs se démarquent. Les publications d’Edenred, d’abord, mettent en lumière la vigueur des solutions de paiement et de services aux entreprises, qui tirent le CAC 40 dans une séance déjà favorable. LVMH, ensuite, a « rassuré » un compartiment du luxe jugé « déconsidéré » par les investisseurs, explique Vincent Juvyns (ING). À côté de ces locomotives, d’autres piliers industriels et aéronautiques ont suivi le mouvement, tandis que quelques retardataires restent tributaires d’arbitrages sur les taux réels, le dollar et la demande finale en Europe. Par conséquent, le record ne vaut pas immunité : il montre surtout que la bourse anticipe un scénario médian plus lisible en France, que des chiffres tangibles viennent appuyer.

La question qui suit un record est toujours la même : et maintenant ? Pour le CAC 40, la suite dépendra, d’une part, de la confirmation des tendances bénéficiaires au T4 et, d’autre part, de la stabilisation politique en France. Les acteurs de marché ont rappelé que le reflux de l’angoisse institutionnelle n’efface pas les débats budgétaires ni les contraintes européennes. Si les discussions de finances publiques s’enveniment, la prime de risque pourrait remonter et rogner la valorisation des champions du CAC 40. Inversement, si la trajectoire budgétaire est clarifiée, la détente des spreads souverains soutiendrait les valeurs domestiques sensibles au coût du capital. Dès lors, la sélectivité s’impose : la capacité à transformer une croissance nominale résiliente en marges réelles restera décisive pour les entreprises exposées à la base européenne.

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