ÉTAT DE DROIT OU LIBERTE DES MEDIAS ? 

Le classement mondial de la liberté de la presse publié par Reporters sans frontières (RSF) révèle un recul des conditions de travail des journalistes et de l’accès du public à une information indépendante et de qualité à l’échelle internationale.

Dans ce classement, la Norvège, l’Estonie et les Pays Bas occupent le trio de tête tandis que la Chine, la Corée du Nord et l’Erythrée occupent les trois dernières places.

La liberté de la presse au Sénégal connait un avancement, selon ce classement mondial 2025 de Reporters sans frontières (RSF. Le pays se positionne désormais à la 74e place, soit une progression de 20 places par rapport à 2024 où il figurait à la 94e position. Lors du lancement par le Bureau Afrique Subsaharienne de RSF, une attention particulière a été accordée aux cas du Sénégal, de la Guinée, de la RDC et des pays du Sahel.

Le Sénégal vit une crise démocratique particulièrement alarmante depuis que le Président Macky Sall a décidé du report de l’élection présidentielle au mépris des règles démocratiques et de la Constitution. Un retour à l’état de droit est la seule issue positive pour le Sénégal, longtemps considéré comme un exemple de gouvernance et de stabilité dans la région.

Les images en date du 5 au 6 février  2024 des députés de sortis par la force de l’hémicycle par la gendarmerie ont indigné bien au-delà des frontières sénégalaises. L’Assemblée nationale sénégalaise avait  adopté la loi reportant l’élection présidentielle, soit près de dix mois après la date légale initialement prévue.

Un vote sans l’opposition, à la quasi-unanimité (105 voix pour et une voix contre) et dans une atmosphère délétère : sous surveillance des forces de l’ordre, dans une odeur de lacrymogène, abondamment utilisé contre l’opposition qui protestait devant le Parlement.

La Fédération internationale pour les droits humains (FIDH) et ses organisations membres au Sénégal, la Rencontre africaine pour la défense des droits de l’Homme (Raddho), l’Organisation nationale des droits de l’Homme (ONDH) et la Ligue sénégalaise des droits humains (LSDH), ont  condamné ce report qui violait la Constitution et les engagements régionaux et internationaux de l’État du Sénégal.

La FIDH, la RADDHO, l’ONDH et la LSDH exprimaient  leurs vives préoccupations face à l’aggravation des tensions, les atteintes répétées aux libertés fondamentales et les risques d’exacerbation d’une crise politique. Cette crise, provoquée par le chef de l’État, met à mal la démocratie et l’état de droit au Sénégal, et plus largement dans la région ouest-africaine.

« La démocratie doit s’ancrer dans le respect des dispositions légales et institutionnelles au niveau national, mais aussi des engagements régionaux et internationaux. Ce report de l’élection présidentielle est un dangereux précédent qui risque d’aggraver la période d’instabilité, de tensions politiques et la crise de confiance que traverse le pays depuis quelques années. Nous appelons les autorités sénégalaises à rétablir l’ordre constitutionnel dans les meilleurs délais et comme gage d’une reprise effective du dialogue national », avait déclaré Alice Mogwe, présidente de la FIDH.

C’était lors d’un discours à la Nation, prononcé le samedi 3 février 2024, la veille du début de la campagne électorale officielle, que Macky Sall, le Président de la République, avait  annoncé «  l’abrogation du décret convoquant le corps électoral pour l’élection présidentielle ». Pour justifier cette décision, Macky Sall avait décrit les différents éléments de ce qu’il avait qualifié être des « conditions troubles qui pourraient nuire à la crédibilité du scrutin en installant les germes d’un contentieux pré et post-électoral », notamment le conflit entre le Conseil constitutionnel et l’Assemblée nationale et la mise en place d’une commission parlementaire pour enquêter sur le processus électoral.

À la suite de ce discours, le 4 février, les manifestations publiques organisées à l’appel de l’opposition ont été réprimées par les forces de défense et de sécurité, notamment par des tirs de gaz lacrymogène, et marquées par l’arrestation de près de 151 manifestant·es dont Aminata Touré, ancienne Première Ministre et candidate à l’élection présidentielle et Anta Babacar Ngom, elle aussi candidate. Elles ont été relâchées le 5 février 2024. Ce même 4 février, le ministère de la Communication, des Télécommunications et du Numérique avait annoncé dans un communiqué, la suspension provisoire d’Internet et des données mobiles. Le 5 février, le groupe de presse privé Walf TV avait vu le retrait définitif de sa licence par le ministère de la Communication, pour « incitation à la violence ».

«  Nous dénonçons ces graves atteintes portées aux libertés de manifestation, de réunion pacifique, d’expression et de presse. L’État du Sénégal s’est engagé à protéger ces libertés, tant dans sa législation nationale qu’en adhérant à la Charte africaine des droits de l’Homme et des peuples et au Pacte international relatif aux droits civils et politiques. Nous appelons les autorités sénégalaises à prendre des mesures concrètes pour garantir le respect des droits humains et des libertés fondamentales et ainsi contribuer à l’apaisement de la situation actuelle », avait déclaré Alassane Seck, Président de la LSDH.

Les organisations expriment leurs vives inquiétudes devant ces violations des droits humains, en particulier devant les nombreuses arrestations suivies de détention illégales Les autorités sénégalaises portent la première responsabilité en matière de protection des droits humains.

«  Nos organisations exhortent la communauté internationale, notamment la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao), l’Union Africaine (UA), l’Union européenne (UE) et les Nations unies à coordonner leur mobilisation pour contribuer au renforcement de l’état de droit et au bon déroulement du processus électoral au Sénégal. Aujourd’hui, ces efforts sont d’autant plus nécessaires pour participer à la promotion de la culture démocratique et du respect des droits humains en Afrique de l’Ouest  », avait  déclaré Sadikh Niass, Secrétaire Général de la Raddho.

Il faut souligner en passant que depuis son instauration par l’ONU en 1993, la journée du 3 mai est l’occasion de marquer dans le monde entier, la journée de la liberté de la presse. Elle met en avant la nécessité de liberté de ce « 4e pouvoir ». Cette liberté est indispensable à la pérennité de l’État de droit dans tout pays se voulant démocratique. Mais technologies, et appétits politiques représentent de très actifs dangers. Les démocraties se doivent donc d’être plus que jamais vigilantes. Par Gérard Vespierre (*)

Cette vision de 4e pouvoir s’est fait jour dès le 18e siècle en Angleterre.

Il fut repris en France par Honoré de Balzac en 1840 « La presse est un 4e pouvoir dans l’État ».

Dès lors qu’un des 3 autres essaient de l’influencer, de le dominer, voire de l’accaparer, l’équilibre est rompu. La liberté de l’information n’est plus assurée.

Les dangers qui menacent cet équilibre, constituent également une menace vis-à-vis de l’État de droit, et de son respect, qui sont les deux socles de toute démocratie. La montée des régimes autoritaires, les appétits politiques d’influence et de pouvoir, voulant réduire la liberté de la presse, et des médias, constituent donc autant de dangers vis-à-vis de nos régimes démocratiques.

Les institutions européennes ont été très tôt en alerte vis-à-vis de ces menaces.

Bien que le droit des médias relève d’une compétence nationale, la Commission européenne a justifié sa législation dans ce domaine au nom de l’article 114 du traité sur le fonctionnement de l’Union. Il permet à l’UE d’adopter des mesures pour « rapprocher les dispositions des États » quand ces textes ont pour objet l’établissement et le fonctionnement du marché intérieur. Présentée en 2022 et adopté en 2024, la législation sur la liberté des médias (European Media Freedon Act) vise à protéger leur pluralisme et indépendance.

Ce texte concerne trois grandes thématiques, l’interdiction de surveillance des journalistes par les pouvoirs publics, la limitation des suspensions arbitraires de certains contenus par les très grandes plateformes en ligne, et l’obligation de publication des noms de propriétaires de médias, directs ou indirects.

Le texte cherche donc à renforcer l’indépendance des médias et des journalistes, à garantir un financement stable des médias de service public et à limiter les concentrations.

Mais malgré ces directives européennes, un certain nombre de pays européens font face à des dérives.

Le rapport établi au début de cette année, et pour la 5e année consécutive, par Reporters sans Frontières (RSF) délivre un constat très clair. Les États membres ignorent systématiquement les recommandations de la Commission. Plus grave encore, il y est explicitement exprimé qu’un certain nombre d’États membres ne respectent pas leur propre droit.

Très précisément, la Grèce (88e au classement RSF), la Roumaine (49e), la Slovaquie (29e) ont inscrit l’indépendance du service public dans leur législation. Mais, leurs services publics ont en en réalité une direction politisée et opaque qui rend très problématique leur indépendance éditoriale. Concernant la Bulgarie (59e) la volonté politique est absente pour faire respecter les garanties légales d’indépendance éditoriale de la télévision publique.

En Hongrie, la situation se caractérise par l’existence de structures démocratiques qui ont été détournées de leur mission initiale. Le pluralisme de la presse est de ce fait pratiquement inexistant, à cause de la pression exercée par le régime. Un contrôle quasi-total est ainsi exercé sur les acteurs médiatiques du pays.

Par ailleurs, beaucoup de médias dans l’est de l’Europe dépendent de rétributions liées aux publicités commandées par leurs gouvernements. Or même lorsqu’elles ne sont pas directement politiques, elles peuvent véhiculer des messages vantant par exemple les mérites de ce gouvernement. L’objectif est alors d’influencer les opinions publiques lors de campagnes électorales.

Mais au vu de la situation qui semble se développer en Espagne, il semble nécessaire d’y accorder une importance particulière.

Au cours des derniers mois, le gouvernement espagnol, et à sa tête le Premier ministre Pedro Sanchez, se sont engagés dans une série de décisions très synchronisées. Les observateurs du domaine médiatique y voient une volonté d’aboutir à un contrôle très renforcé de l’État espagnol sur des médias indépendants, et les sociétés nationales de diffusion.

Ce processus révèle une réflexion stratégique en amont, et expose une mise en œuvre bien orchestrée.

Tout d’abord, en juillet 2024, le Premier ministre a annoncé une réforme de la législation concernant les médias, dans le but de lutter contre les « pseudo médias » et les « fake news ». Mais en réalité ces dispositions ont permis de mettre en place 3 dispositifs visant à diminuer le financement public, créer un registre des médias, et enfin créer un organisme de surveillance de l’activité journalistique.

Ensuite, à partir d’octobre 2024, une série de décisions se sont accumulées concernant la RTVE, société publique de télévision, comprenant également, une station de radio, et un réseau d’information internet. La majorité des 2/3 nécessaire à l’acceptation d’un nouveau membre du conseil d’administration a été réduite à la majorité simple, par décret. Le mois suivant, un nouveau président a été mis en place à la tête de la société RTVE. Enfin, en décembre,

Troisième volet, depuis mai 2024 d’importants mouvements ont été menés sur le capital de la société Telefonica, gestionnaire de tout le réseau de télécommunication espagnole, et un des principaux annonceurs publicitaires du pays. L’agence des investissements de l’État, et la Fondation Caixa, proche du gouvernement ont chacune acquise 10 % du capital. En janvier de cette année, le président de l’entreprise a été remplacé par Marc Mutra, membre du 1er cercle du chef du gouvernement. Plusieurs directeurs ont ensuite été remplacés par des personnes proches du pouvoir ou membres du PSOE, parti du 1er ministre.

Le quatrième volet concerne la tentative de prise de contrôle du groupe PRISA, propriétaire, entre autres, d’El Pais, plus grand quotidien espagnol, et dont le groupe français Vivendi est actionnaire. Or le groupe Havas, filiale de Vivendi gère le budget publicitaire annuel de 80 millions d’Euros de Telefonica. Bien que le gouvernement espagnol nie le contenu des conversations, il reconnaît avoir eu des contacts avec Vivendi, à Paris, en février. Le but était d’obtenir la vente de la participation de 12 % de Vivendi dans le groupe PISA. Une telle opération, avec l’aide d’actionnaires alliés, permettrait aux amis politiques du gouvernement de prendre le contrôle du groupe.

Eu égard à cette situation, l’Assemblée générale des actionnaires a été avancée au 14 mai et pourrait voir le président actuel forcé au départ, malgré sa détention de 29 % du capital. Il pourrait dès lors être remplacé par « un ami du pouvoir » comme ce fut le cas chez Telefonica. Cela donnerait alors au gouvernement un contrôle sur la ligne éditoriale du premier quotidien espagnol.

Un tel scénario porterait un coup très dur au « 4e pouvoir » en Espagne. Le déroulement d’un tel plan très calibré montre clairement, à un niveau national, la dérive possible d’une volonté politique dans ses tentatives de contrôle des médias.

L’exécutif européen s’inquiète de l’augmentation des ingérences publiques et privées dans les décisions éditoriales. Ces pressions sont principalement liées aux difficultés de financement depuis l’essor de l’information gratuite, par le canal de l’internet.

Les médias de service public sont particulièrement concernés, le processus de nomination et de révocation de leurs directeurs manque de transparence dans plusieurs pays et peut donc conduire à des choix éditoriaux politisés. Le pouvoir des États en termes d’autorisation de diffusion peut aussi menacer l’indépendance des médias. Enfin, la Commission s’inquiétait de l’intensification des concentrations dans les médias privés.

Plus que jamais, la journée mondiale de la liberté de la presse, en 2025, doit être l’occasion de porter à la connaissance du public les réalités d’une bataille qu’il ne soupçonne pas, mais dont les enjeux et les résultats risquent de mettre à l’épreuve, sa propre liberté d’information et donc de décision. Décisive bataille de l’État de droit pour la préservation du « 4e pouvoir » et de nos démocraties.

D’après le classement mondial  “la liberté de la presse recule de manière préoccupante dans de nombreux pays africains”, en particulier dans leur dimension économique.

“C’est dans cette région que le score économique se détériore dans le plus grand nombre de pays : 80% d’entre eux sont concernés”, souligne le rapport, qui met en cause la concentration des médias entre les mains de groupes privés proches du pouvoir ou d’acteurs aux intérêts politiques.

Une situation qui selon le document exploité par PressAfrik “compromet l’indépendance des rédactions”.

Concernant le Sénégal, RSF relève que “la transparence des aides étatiques est au cœur de réformes en cours, non sans contestation de la profession”, et pointe aussi “des contrôles fiscaux intensifiés” ainsi que “la suspension de conventions publicitaires avec des entités publiques”, qui participent à fragiliser l’équilibre financier des organes de presse.

Dans plusieurs pays, cette dépendance économique pousse les médias à l’autocensure, “par crainte de perdre des financements”, comme observé au Bénin, au Togo ou au Kenya. La situation n’est guère meilleure au Mali ou en Guinée, où “des suspensions de médias, des retraits de licences et des sanctions judiciaires ont provoqué des pertes massives d’emplois et de revenus”.

Au Burkina Faso, RSF dénonce une répression extrême : “des journalistes jugés critiques des autorités ont même été enrôlés de force dans l’armée”, tandis qu’en RDC, “des dizaines de radios ont fermé et des journalistes ont été déplacés”. “Sept pays africains ( dont L’Ouganda (143e), l’Éthiopie (145e) et le Rwanda (146e), le Burundi (125e), …) sont désormais dans le dernier quart du Classement”, avec l’Érythrée qui “demeure en dernière position mondiale en occupant la 180e place” et où “il n’existe plus aucun média indépendant”.

À l’inverse, RSF note quelques évolutions positives en Afrique australe et atlantique : “L’embellie vient des pays comme l’Afrique du Sud (27e), la Namibie (28e), le Cap-Vert (30e) et le Gabon (41e)”. Reporters sans frontières insiste sur le fait que “le monde a tout à gagner d’une Afrique forte, stable et prospère”, mais celle-ci dépendra “du maintien des aides extérieures et d’un accès au marché prévisible”. Pour les pays plus fragiles, RSF souligne que “l’appui des partenaires bilatéraux et multilatéraux demeure essentiel”.

e Sénégal se hisse à la 74e place du Classement mondial de la liberté de la presse pour l’année 2024 selon un rapport de Reporters sans frontières (RSF) publié ce 3 mai 2025.

Ce bond, soutenu par un gain de 4 points dans son score global, reflète des améliorations tangibles dans le climat de liberté d’expression, même si des défis importants subsistent, notamment sur le plan économique.

L’accession à la magistrature suprême de nouvelles autorités en avril 2024 avait impulsé une dynamique de réforme dans le secteur de la presse, soulignait Reporters sans frontières. Dès leur prise de fonction, les nouvelles autorités ont amorcé un processus de restructuration du paysage médiatique. Parmi les mesures saluées par RSF figurent en bonne place :

la réforme de l’enregistrement des organes de presse, destinée à mieux encadrer et organiser le secteur.

L’actualisation de la loi sur la publicité, pour une répartition plus équitable des ressources et une régulation plus stricte des investissements publicitaires.

Une volonté affichée de rendre plus transparente la propriété des médias, limitant ainsi les conflits d’intérêts et les risques de concentration.

Ces avancées s’inscrivent dans une tradition démocratique sénégalaise marquée par une presse active et pluraliste, notamment depuis les différentes alternances politiques connues depuis 2000.

Un autre facteur ayant contribué à l’amélioration du classement du Sénégal selon RSF est la réduction significative des cas de répression contre les journalistes. Contrairement aux années 2021, 2022 et 2023, marquées par de nombreuses arrestations et poursuites, l’année 2024 a été relativement apaisée. Quatre journalistes ont été convoqués, dont un placé en garde à vue. Tous ont été libérés sans poursuites à long terme.

Aucune violence majeure contre des professionnels de l’information n’a été signalée, en dehors des incidents liés aux tensions socio-politiques de février 2024. Ce climat plus serein, même s’il reste fragile, a pesé favorablement dans l’évaluation de RSF.

Cependant note RSF, tout n’est pas rose dans le paysage médiatique sénégalais. Les difficultés financières des entreprises de presse continuent de fragiliser l’indépendance éditoriale. En avril 2024, les professionnels ont organisé une journée sans presse, pour alerter sur le non-paiement de contrats publicitaires déjà exécutés ; l’absence de transparence dans l’attribution de l’aide publique aux médias ; la précarité croissante des rédactions, menaçant la diversité des contenus.

Concernant les contrats publicitaires de l’État déjà exécutés par les médias, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a pris des engagements fermes lors de sa rencontre avec les journalistes, le 4 avril. Il a notamment déclaré qu’il donnerait des instructions afin que tous les médias ayant réalisé des prestations pour l’État soient payés dans les plus brefs délais.

Le classement mondial de la liberté de la presse publié par Reporters sans frontières (RSF) révèle un recul des conditions de travail des journalistes et de l’accès du public à une information indépendante et de qualité à l’échelle internationale. Dans ce classement, la Norvège, l’Estonie et les Pays Bas occupent le trio de tête tandis que la Chine, la Corée du Nord et l’Erythrée occupent les trois dernières places.

Au Sénégal, les médias sénégalais sont vent debout contre la décision du ministère de la communication de suspendre, avec effet immédiat, tous les médias qui ont échoué à se mettre en conformité avec un certain nombre d’obligations administratives. La liste définitive de médias concernés n’a pas encore été rendue publique, mais sur les 650 et quelques médias que compte le pays, plus de 350 sont potentiellement concernés par cet arrêt de leur activité.

Depuis la publication, vendredi 25 avril au Sénégal, de cette décision de suspendre les médias « jugés non conformes au code de la presse », la confusion et l’inquiétude règnent parmi les entreprises de presse. Jusqu’à février, un processus d’enregistrement des médias était en cours. Fatou Kama, Redactrice en chef de la chaîne (youtube) diasporanews tv assure avoir fourni tous les documents demandés, mais sans nouvelles des autorités, elle et les 10 employés de sa chaîne pensent figurer parmi les médias désormais interdits de travailler. Une atteinte à la liberté de la presse selon Fatou Kama. 

« Jusqu’à présent, ils ne nous ont pas contactés pour nous dire, vous avez manqué ceci ou cela. En tout cas, ce qu’on sait, c’est que, actuellement, l’État qui était censé protéger la liberté de la presse est en train de mettre des bâtons dans les roues. Nous avons cessé de travailler, depuis presque une semaine, et c’est vraiment une entrave grave à la démocratie sénégalaise qui est reconnue dans le monde entier ».

Sur les 650 et quelques médias au Sénégal, seuls 258 ont, pour l’heure, été déclarés conformes aux exigences administratives des nouvelles autorités. Pour Le président du patronat de la presse sénégalaise, Mamadou Ibra Kane, avec cette décision de suspendre certains médias, le ministère de la communication outrepasse ses prérogatives. « Ils veulent domestiquer la presse. C’est-à-dire qu’ils veulent eux-mêmes dire qui a le droit d’être un média au Sénégal ou non. Cela, c’est vraiment inconcevable, c’est arbitraire et c’est ce contre quoi nous luttons actuellement ».Le conseil des diffuseurs et éditeurs de presse du Sénégal a donc prévu de déposer un recours en annulation devant la Cour suprême. De son côté, le ministère de la communication assure qu’un certain nombre de dossiers sont encore en cours de traitement et promet une rencontre avec les entreprises de presse.

« La politique doit plier le genou devant le droit ; mais elle peut en revanche parvenir, lentement il est vrai, à un degré ni, elle brillera avec un éclat d’une manière constante », Kant ;

Mais « La loi est reine » → il vaut mieux suivre des lois qu’un despote, Pindare (poète grec, v. Ve siècle av. J.-C.) ;

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