Dominique Mamberti, 73 ans, né au Maroc, est le cardinal protodiacre : il est chargé de prononcer la formule « Habemus Papam »
Après les premiers signes de fumée blanche, ce sera au protodiacre Dominique Mamberti d’annoncer au monde, depuis le balcon de la basilique Saint-Pierre, devant des milliers de fidèles, que habemus Papam , « nous avons un Pape ».
Le protodiacre est le plus ancien (par nomination et non par âge) des cardinaux diacres, c’est-à-dire des prélats qui exercent des fonctions administratives, juridiques ou diplomatiques au sein de la Curie romaine.
Peu après, le nouveau pontife apparaîtra au balcon pour donner sa première bénédiction apostolique urbi et orbi (« à Rome et au monde ») . Le rôle du protodiacre comprend également l’imposition du pallium (un drap de laine brodé de croix symbolisant le Christ) au nouveau successeur de Pierre lors de la messe inaugurale du pontificat.
Le 13 mars 2013, pour l’élection de François, c’est le protodiacre de l’époque Jean-Louis Tauran, décédé en 2018, qui a prononcé la formule habemus Papam.
Cette fois encore, ce sera le tour d’un cardinal français : Dominique Mamberti, figure très importante de la diplomatie vaticane, est né le 7 mars 1952 à Marrakech, au Maroc, d’un père corse et d’une mère originaire de Franche-Comté. « J’étais avec François le dimanche de Pâques dans cette basilique – a déclaré dimanche dernier le protodiacre Mamberti, célébrant la dernière messe en suffrage pour le pape défunt à Saint-Pierre –.
J’ai été témoin de ses souffrances, mais surtout de son courage et de sa détermination à servir le peuple de Dieu jusqu’au bout.”
Le cardinal Mamberti, âgé de 73 ans, a passé sa jeunesse en Corse avant d’entrer dans la prêtrise. Ordonné en 1981, il s’engage immédiatement sur la voie de la diplomatie, se formant à la prestigieuse Académie ecclésiastique pontificale, l’école des ambassadeurs du Saint-Siège. C’est ici qu’il a perfectionné les compétences qui feraient de lui, au fil des ans, une présence fiable dans les endroits les plus délicats du monde ecclésiastique.
Sa carrière diplomatique l’a conduit de l’Afrique du Nord au Moyen-Orient, du Chili aux Nations Unies à New York. Considéré comme un serviteur discret mais efficace et méticuleux, Dominique Mamberti a représenté le Saint-Siège dans des pays marqués par des tensions sociales et religieuses et en particulier au Soudan, en Erythrée et en Somalie, il a été la voix de l’Eglise lorsqu’elle est minoritaire ou parfois persécutée.
Consacré évêque dans la basilique Saint-Pierre en juillet 2002, il reçoit le titre d’archevêque de Sagone, qui le lie religieusement à sa région natale, la Corse.
En 2006, Benoît XVI lui confie l’un des rôles les plus importants de la diplomatie vaticane, celui de Secrétaire pour les relations avec les États.
Mamberti a maintenu des contacts avec les gouvernements du monde entier, intervenant sur des questions de liberté religieuse et de coopération multilatérale. Il s’est fait connaître au Vatican pour l’équilibre avec lequel il a traité des dossiers difficiles et pour la finesse juridique avec laquelle il a su défendre la position du Saint-Siège.
En 2014, François a choisi de le nommer préfet de la Signature apostolique, confiant ainsi la plus haute instance de justice ecclésiastique à un homme de longue expérience.
Après ces expériences diplomatiques et juridiques, Mamberti se verra bientôt confier le rôle de représentant le plus élevé lorsqu’il sera appelé à prononcer la formule traditionnelle parmi les plus célèbres et solennelles de l’Église.
