Dakar ,13 juin (jvfe) Le rapport de la Commission défense et sécurité sur la loi portant programmation de la mise en œuvre de la réforme de la police nationale congolaise pour une période allant de 2026 à 2030 a été adopté jeudi 12 juin 2025, par l’Assemblée nationale.
Dans un vote chargé d’implications sécuritaires, l’Assemblée nationale a adopté ce jeudi 12 juin le projet de loi portant programmation de la réforme de la Police nationale congolaise pour la période 2026-2030. Un texte examiné en profondeur par la commission Défense et Sécurité dirigée par le député Rubens Mikindo Muhima, dont les conclusions ont scellé le destin législatif de cette ambitieuse refonte.
Pourtant, le diable se niche dans les détails budgétaires : le budget police nationale congolaise initial de 2,29 milliards $ a été revu à la hausse pour atteindre 2,55 milliards $, soit une envolée de 11,04%. Cette inflation s’explique-t-elle par une vision stratégique renforcée ou par l’habituelle surenchère institutionnelle ? Les justifications officielles pointent plusieurs postes clés :
- Construction de 1.046 commissariats de police dans les ETD, déployant un maillage territorial sans précédent
- Opérationnalisation d’une industrie policière dédiée à la production d’équipements
- Extension de quatre à six écoles de police à équiper
- Formation de 5.000 à 10.000 policiers spécialisés
- Dotation de 52 garages de maintenance provinciaux
Cette programmation sécurité 2026-2030 s’inscrit dans la réforme globale du secteur sécuritaire, avec un axe C renforcé consacré à la « recevabilité de la Police et au partenariat Police-population ». Un volet crucial dans un pays où la défiance citoyenne envers les forces de l’ordre reste endémique.
Le gouvernement joue ici un pari risqué : cette injection massive de fonds suffira-t-elle à transformer une institution régulièrement épinglée pour ses dysfonctionnements ? L’adoption assemblée nationale RDC n’est qu’une première étape avant l’examen sénatorial et l’éventuelle promulgation présidentielle. Les sénateurs auront à décortiquer cette architecture financière complexe où chaque poste budgétaire mérite examen.
Derrière les chiffres impressionnants se cachent des défis opérationnels colossaux. La construction de plus d’un millier de commissariats implique une logistique titanesque sur un territoire aussi vaste que l’Europe occidentale. Quant à la création d’une industrie policière autonome, elle suppose des compétences techniques que Kinshasa devra importer ou développer ex nihilo.

Cette loi réforme police RDC porte en elle les espoirs d’une sécurisation accrue du territoire. Mais comme souvent dans les grands chantiers institutionnels congolais, l’écueil résidera dans l’exécution concrète des mesures. Entre les crédits votés et les équipements effectivement déployés dans les commissariats de l’Est du pays, le chemin reste semé d’embûches. La balle est désormais dans le camp du Sénat qui devra, à son tour, peser le réalisme de cette feuille de route ambitieuse.S’inscrivant dans le cadre de la réforme globale du secteur de sécurité de la RDC, ce projet de loi a subi quelques amendements. Le budget de la police nationale congolaise est passé de 2,2 à 2,5 milliards de dollars US, soit un accroissement de 11,04℅ comparé au budget initial.
Cet accroissement est principalement dû à la planification de la construction de 1.046 commissariats de police dans les entités territoriales décentralisées; à la planification de l’opérationnalisation de l’industrie de la police pour la production d’équipements et autres accessoires ; l’augmentation du nombre d’écoles de police à construire et à équiper ; l’augmentation du nombre des bénéficiaires des formations nationales spécialisées de la LN1, UPI/HP et GMI à former en cinq ans et la redynamisation des unités canines ; la dotation des garages de maintenance propre à la police dans les 26 provinces à raison de deux par province ; l’amélioration du budget alloué à l’axe stratégique portant sur la recevabilité de la police et le partenariat police-population.
Après son adoption, ce projet a été envoyé au Sénat pour une seconde lecture, avant sa promulgation par le président de la République.

