Bangui, la capitale de la Centrafrique, s’est réveillée ce jeudi, toujours sous le choc après le drame qui l’a frappé hier dans l’après-midi. 29 lycéens décédés dans une bousculade provoquée par l’explosion d’un transformateur électrique pendant les épreuves de Baccalauréat au lycée Barthélemy Boganda.
Ce drame en pleine période d’examen du baccalauréat.
« Cet incident a déclenché un mouvement de panique et provoqué plusieurs blessés graves, occasionnant malheureusement des pertes en vies humaines », a déclaré le ministre de l’Éducation nationale, Aurélien-Simplice Kongbelet-Zingas. Aucun bilan officiel n’était encore disponible mercredi soir.
« Les surveillants ont commencé à fuir les premiers. Nous avons alors couru pour sauver nos vies. C’est ainsi que nous avons sauté du premier étage », a témoigné Michael Jordy Yerima, 20 ans, hospitalisé avec une fracture du pied. Un important dispositif de sécurité, composé de policiers, de gendarmes et de casques bleus de la Minusca, a été déployé autour de l’établissement et des principaux hôpitaux de la ville. « L’hôpital a été envahi par la population, au point d’entraver le travail des soignants et des ambulances », a précisé une source au ministère de la Santé.
Que s’est-il passé ?
L’explosion est survenue aux environs de 13 heures, alors que 5300 élèves étaient en train de composer pour les épreuves de la deuxième journée. Le ministre a assuré que « des mesures seront prises rapidement afin d’élucider les circonstances de cet incident ».
Au moment du drame, pris de panique, surveillants et élèves ont tenté de fuir, certains en sautant depuis le premier étage de l’établissement. De nombreux blessés ont afflué, transportés en ambulance, dans les bennes de pick-ups, sur des motos-taxis et parfois même à bout de bras, ont constaté des journalistes de l’AFP.
Pendant les opérations de secours, plusieurs hôpitaux ont été “envahis par la population au point de faire obstruction aux soigneurs et aux ambulances”, a indiqué une source au ministère de la Santé.

Aucun bilan précis n’était disponible mercredi soir. Selon un document circulant jeudi sur les réseaux sociaux et authentifié par le ministère de la Santé, 29 morts ont été recensés par les hôpitaux de la capitale. Quelque 260 élèves ont par ailleurs été blessés, selon le ministère de la Santé.
Le président centrafricain Faustin Archange Touadéra a annoncé une enquête judiciaire pour déterminer “les circonstances de ce drame et les responsabilités éventuelles”. “Je tiens à apporter mon témoignage de solidarité et de compassion aux parents des candidats décédés, aux personnels éducatifs, aux élèves, et à leur présenter mes condoléances les plus émues et attristées, ainsi que mes vœux sincères de prompt rétablissement aux blessés”, a déclaré le chef de l’Etat dans une vidéo enregistrée depuis Bruxelles où il assiste au sommet de l’Alliance du vaccin (Gavi).
Un important dispositif de sécurité, composé de Casques bleus de la mission des Nations Unies pour la stabilisation en Centrafrique (Minusca), de policiers et de gendarmes a été positionné autour de l’établissement scolaire, le lycée Barthélémy Boganda, et des hôpitaux.
Selon un communiqué du ministre de l’Education Aurélien-Simplice Kongbelet-Zingas publié dès mercredi soir, “la date de reprise des épreuves restantes” dans ce lycée sera précisée ultérieurement, alors que “les candidats des autres centres […] sont invités à poursuivre normalement leurs examens”.
Les circonstances du drame restent encore floues mais de nombreux habitants expriment d’ores et déjà leur colère. Le Bloc Républicain pour la Défense de la Constitution (BRDC), groupement de partis de l’opposition, a dénoncé “l’irresponsabilité des autorités en place, qui ont failli à leur devoir de garantir la sécurité des élèves et des infrastructures scolaires”.
Jeudi après-midi, un rassemblement de lycéens munis de bougies en hommage envers leurs camarades décédés a été interdit par les autorités. Par ailleurs, plusieurs personnes ont manifesté publiquement leur mécontentement contre la compagnie nationale d’électricité Enerca, a constaté l’AFP.
Michael Jordy Yerima, 20 ans, l’un des candidats rescapés de la bousculade avait assuré dès mercredi à l’AFP qu’après “l’explosion qui a fait trembler le bâtiment, les surveillants, qui étaient censés nous contrôler, ont commencé à fuir les premiers”. Le lycéen, qui a dû sauter par la fenêtre du premier étage en se fracturant le pied, avait précisé : “autour de moi, il y avait d’autres élèves blessées, et certains sont morts sur place”.

