Dakar,29 juin 2025(JVFE)-Mabouba Diagne, ministre sénégalais de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage, a été installé ce samedi 28 juin comme président de la 44e Conférence de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), marquant le 80e anniversaire de l’institution.
“Il s’agit d’un moment historique, marqué par la première présidence d’un ressortissant d’Afrique de l’Ouest. Une reconnaissance forte du leadership du Sénégal et de l’efficacité de sa diplomatie”, salue Dr Mabouba DIAGNE, Ministre de l’agriculture de la souveraineté alimentaire et de l’élevage du Sénégal.
Sur ses réseaux sociaux, le ministre a exprimé sa fierté et rappelé l’histoire de la FAO, créée le 16 octobre 1945 à Québec, avant même la naissance de l’ONU.
Nous ouvrons bien sûr cette conférence en cette année mémorable, qui marque le 80e anniversaire de cette auguste organisation”, écrit sur son compte X, Dr DIAGNE, également Président de la 44e session de la Conférence de la FAO.
« L’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture constitue un modèle important de coopération intergouvernementale », a-t-il souligné, saluant la mémoire de son premier Directeur Général, John Boyr Orr, ainsi que des neuf dirigeants qui lui ont succédé, sans oublier les membres fondateurs venus de tous les continents.
Il a également mis en avant le rôle essentiel de la FAO dans la lutte pour la sécurité alimentaire mondiale.

QU Dongyu, Directeur général de la FAO, s’adresse aux participants lors de la conférence ministérielle entre l’Union africaine et l’Union européenne ©FAO/Pier Paolo Cito .
En effet, à la veille de l’ouverture de cette 44è session, le Directeur général de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), QU Dongyu a présidé la 6e Conférence ministérielle de l’agriculture Union africaine (UA)-Union européenne (UE).
Durant son intervention, Qu Dongyu a souligné que le partenariat UA-UE est essentiel pour trouver des solutions efficaces aux enjeux cruciaux actuels.
“Aucun pays, aucune région ni aucun continent ne peut relever seul les défis actuels de la sécurité alimentaire, des catastrophes naturelles et du développement rural” a-t-il déclaré, en instant sur l’importance de l’action collective et du partage des responsabilités.
Le Directeur général de la FAO a souligné la manière dont le Cadre stratégique 2022-2031 de la FAO, structuré autour des quatre objectifs d’amélioration – une meilleure production, une meilleure nutrition, un meilleur environnement et une vie meilleure – complète l’Agenda 2063 de l’UA et le Pacte vert pour l’Europe, appelant à une approche unifiée pour transformer les systèmes agroalimentaires sur le continent africain.
Il a également noté que la stratégie de la FAO pour l’Afrique privilégie cinq accélérateurs : (1) le renforcement des institutions et de la gouvernance ; (2) l’augmentation de la productivité et de la valeur ajoutée ; (3) le renforcement de la résilience au climat et aux chocs ; (4) l’autonomisation des jeunes et des femmes ; (5) la facilitation des investissements et de l’innovation numérique.
Le Directeur général a exprimé l’engagement de la FAO à servir de passerelle et de partenaire dans cet effort collectif, soulignant que “la transformation des systèmes agroalimentaires en Afrique est un impératif stratégique et la voie vers la sécurité alimentaire, les opportunités économiques, la stabilité sociale et la résilience climatique”.
La FAO encourage activement de nouveaux partenariats avec des institutions financières afin de renforcer son soutien aux pays africains.
Les collaborations avec la Banque européenne d’investissement, par exemple, ont donné lieu à des initiatives importantes, comme le déblocage d’une ligne de crédit de 20 millions de dollars US pour les prêts aux petits exploitants en Éthiopie, permettant aux agriculteurs d’accéder à des financements essentiels pour leurs activités agricoles.
La FAO soutient également le programme TERRA, conçu conjointement avec la banque italienne de développement CDP, afin d’acheminer 110 millions de dollars US vers les petites et moyennes entreprises (PME) agroalimentaires en Afrique.
Du côté des investissements publics, le Centre d’investissement de la FAO a soutenu la conception de 18 nouveaux projets en Afrique en 2024, pour un montant total de 3 milliards de dollars US, en collaboration avec la Banque mondiale, le Fonds international de développement agricole (FIDA), la Banque africaine de développement (BAD) et le Fonds vert pour le climat.
Le Directeur général a présenté quelques exemples d’initiatives efficaces de la FAO et de ses partenaires en Afrique, notamment :
La FAO a mis en œuvre près de 200 projets de conseil technique au cours des 28 dernières années, générant des investissements directs dans des secteurs cruciaux tels que l’huile d’olive au Maroc et en Tunisie, et prévoit de reproduire ces succès en Afrique subsaharienne.
Cette initiative soutient la transformation à l’échelle nationale grâce à des diagnostics rigoureux des systèmes agroalimentaires menés dans 49 pays, permettant des interventions ciblées et adaptées aux besoins locaux.
La FAO a aidé le gouvernement à concevoir des chaînes de valeur et des politiques inclusives qui favorisent le financement de l’action climatique et la sécurité alimentaire, en combinant les pratiques agricoles locales avec les technologies modernes pour améliorer la disponibilité alimentaire et la nutrition.
Au Cameroun, au Ghana et en Côte d’Ivoire, la FAO et l’Union européenne renforcent la traçabilité, améliorent les moyens de subsistance et mettent en place des chaînes d’approvisionnement sans déforestation dans la production de cacao.
Cette initiative soutient les pratiques agricoles durables tout en garantissant aux agriculteurs une rémunération équitable pour leurs produits.
Le Directeur général a conclu en soulignant la nécessité pour toutes les parties prenantes d’agir rapidement et de manière collaborative.
“L’avenir des systèmes agroalimentaires africains n’est pas seulement l’affaire de l’Afrique ; il est essentiel à la résilience, à l’équité et à la durabilité mondiales”, a-t-il déclaré.
Enfin, il a appelé à une approche unifiée pour accélérer les progrès et a exhorté toutes les parties à œuvrer ensemble pour un avenir prospère et durable pour le continent africain et au-delà.

