Journalisme, diplomatie, renaissance : Libreville accueillera les 75 ans de l’UPF

Dakar, 30 JUIN 2025 (JVFE ) -L’Union internationale de la Presse francophone (UPF) est la plus ancienne association francophone de journalistes reconnue par les organisations internationales (ONU, UNESCO, ACCT…). Sa création précède celle de la Conférence des ministres de l’Education nationale des pays francophones qui est la première institution officielle francophone connue.

L’UPF est née le 13 mai 1950, sous l’appellation d’origine d’Association internationale des journalistes de langue française (AIJLF), d’une initiative franco-canadienne. Le temps d’une rencontre, des journalistes français et canadiens lancent et concrétisent le projet. L’UPF voit le jour et fait adopter son acte de création par le congrès des syndicats national des journalistes français (SNJ) qui se réunissait à Limoges. C’est l’année même où le SNJ revendiquait un affranchissement de l’emprise syndicale – du moins celle de la CGT à laquelle il était affilié au-lendemain de la guerre mondiale – et multipliait les initiatives en direction d’une réorganisation autonome de la profession. C’est également la même année de la création de l’UPF que le SNJ lançait le projet d’institution d’un « Conseil supérieur des journalistes ».

L’Union internationale de la presse francophone s’est dès lors employée à développer ses relations dans le monde. L’action de l’ONG, qui prend de prime à bord une dimension internationale, part à la base d’une collaboration entre un noyau de journalistes canadiens invités au congrès du SNJ et leurs hôtes français pour s’étendre à des collègues belges puis suisses avant d’étendre le réseau à l’Afrique et au reste du monde francophone.

La particularité de l’UPF est de créer sa mission autour de la notion de francophonie. Elle est de ce fait le précurseur d’un mouvement, d’abord associatif, qui s’institutionnalise vingt ans plus tard par la création, en 1970 à Niamey, au Niger, du « premier organisme inter-gouvernemental de la Francophonie » (Agence de coopération culturelle et technique (ACCT)). La deuxième association à voir le jour, en 1961, sous label francophone est l’Association des universités partiellement ou entièrement de langue française (AUPELF). Et ce n’est qu’en 1986 à Versailles qu’une conférence des chefs d’Etats allait donner lieu au lancement du cadre institutionnalisé qui deviendra plus tard un sommet, réuni tous les deux ans sous l’égide d’une organisation créée à cet effet (OIF).

L’Union internationale de la Presse francophone est une organisation internationale non-gouvernementale (OING) reconnue par de grandes organisations internationales, telles l’ONU, l’UNESCO et l’Organisation internationale de la francophonie (OIF). Depuis le 24 juillet 2022, elle est présidée par Anne-Cécile Robert (France). Sa secrétaire générale internationale est Zara Nazarian, réélue à ce poste par le comité international qui s’est réuni en juillet 2022 à Benguerir (Maroc).

L’UPF internationale regroupe un large réseau de journalistes, responsables et éditeurs de la presse écrite et audiovisuelle. Ils sont répartis dans 110 pays ou régions du monde.Le Gabon devrait prendre le rôle de carrefour de la presse francophone en novembre prochain, en accueillant les assises internationales de l’Union internationale de la presse francophone (UPF). Un événement important qui réunira plus de 200 journalistes du monde entier et marquera les 75 ans de l’organisation, dans un contexte national de renouveau médiatique et diplomatique.

Les responsables de l’Union internationale de la presse francophone (UPF) ont été reçus en audience le 27 juin 2025 par le vice-président du gouvernement, Alexandre Barro Chambrier. Cette rencontre s’inscrit dans le cadre des préparatifs des assises internationales de la presse francophone, prévues en novembre prochain à Libreville.

Les responsables de l’UPF échangeant avec Alexandre Barro Chambrier, le 27 juin 2025.

Plus de 200 journalistes venus du monde entier sont attendus à cet événement d’envergure, qui marquera également les 75 ans de l’organisation. «Il s’agit de l’organisation au Gabon en novembre de cette année des assises internationales de la presse francophone, qui est un grand rassemblement des journalistes francophones venus du monde entier», a déclaré Zara Nazarian, secrétaire générale de l’UPF. Fondatrice et directrice du Courrier d’Erevan, le premier média d’information basé en Arménie entièrement en français, la journaliste francophone d’origine arménienne, a souligné que cette rencontre permettra «de montrer au monde entier cette nouvelle voie dans laquelle le pays est engagé» et de faire «la promotion du côté politique, touristique et journalistique» du Gabon.

Créée en 1950, l’UPF fédère aujourd’hui une quarantaine de pays, dont certains non francophones mais comptant des journalistes travaillant en français. «On compte à peu près 40 pays membres, effectivement des pays francophones tout naturellement et des pays dont la langue nationale est une autre», a expliqué Zara Nazarian, soulignant les opportunités offertes par l’UPF : «bénéficier des formations» et «participer à des événements internationaux».

La section gabonaise de l’UPF, relancée en 2022, compte 82 membres issus de médias publics et privés. «C’est d’abord un cadre où on fait la promotion de la langue française, c’est un cadre également où il se passe des formations», a précisé son président, Désiré Ename par ailleurs directeur de Nord Editions, ajoutant que «quand il y a une réunion dans un pays, c’est un gros acquis pour le pays en termes de visibilité, en termes de diplomatie médiatique».

Actuellement, le Gabon progresse dans le classement mondial de Reporters sans frontières, atteignant la 41e place sur 180 pays en 2025, traduisant ainsi un engagement croissant en faveur de la liberté d’expression sous la présidence de Brice Clotaire Oligui Nguema.

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