Dakar,07 juillet 2025(JVFE)-La Journée Africaine de Lutte Contre la Corruption est célébrée chaque année le 11 juillet. Cette journée vise à sensibiliser et à encourager les efforts de lutte contre la corruption sur le continent africain.
En 2024, la 8ème édition de cette journée etait placée sous le thème “Mécanismes efficaces de protection des lanceurs d’alerte : Un outil essentiel de la lutte contre la corruption”. L’Office National de Lutte Contre la Fraude et la Corruption (OFNAC) du Sénégal avait activement participé à cette commémoration.
L’objectif principal de cette journée etait de réfléchir aux progrès réalisés, aux défis rencontrés et aux stratégies à adopter pour renforcer la lutte contre la corruption en Afrique.
« Les lanceurs d’alerte sont des citoyens courageux qui, souvent au péril de leur propre sécurité et parfois même de leur carrière et de leur confort matériel, choisissent de dénoncer des actes répréhensibles et de révéler, au grand jour, des pratiques illégales ou contraires à l’éthique. Cependant, leur engagement altruiste n’est pas toujours sans risques. Trop souvent, les lanceurs d’alerte font face à des représailles sévères, allant de la perte de leur emploi à des poursuites judiciaires, voire à des menaces physiques contre leur personne et leurs proches » déclare le Président de l’OFNAC, Serigne Bassirou Gueye lors de son discours en l’occasion de la célébration de la 8ème édition de la journée africaine de lutte contre la corruption, le 11 juillet 2024, à l’Université Amadou Mahtar Mbow (UAM) de Dakar.
Journée africaine de lutte contre la corruption : Au Burkina Faso, la célébration sera couplée aux journées nationales de refus de la corruption
Le Réseau national de lutte anti-corruption (REN-LAC), l’Autorité supérieure de contrôle d’État et de lutte contre la corruption (ASCE-LC), et bien d’autres organisations de lutte contre la corruption étaient face à la presse ce vendredi 4 juillet 2025, pour annoncer les grandes lignes de la célébration de la journée africaine de lutte contre la corruption (JALCC) 2025.
La Journée internationale de lutte contre la corruption est célébrée chaque année le 9 décembre depuis l’adoption de la Convention des Nations Unies contre la corruption le 31 octobre 2003 afin de sensibiliser le public à la lutte contre la corruption .
9ᵉ édition du genre, la JALCC instituée par l’Union africaine et célébrée le 11 juillet de chaque année vise à renforcer les efforts de lutte contre la corruption sur le continent africain, en promouvant une gouvernance transparente et responsable.
L’édition 2025 se tient sur le thème : “Éradiquer la corruption pour valoriser pleinement le capital de l’Afrique”. Au Burkina Faso, la JALCC sera célébrée sous le thème : “Combattre la corruption par une synergie d’action forte entre les corps de contrôle, les institutions judiciaires et la société civile”.
En marge de cette journée africaine de lutte contre la corruption, seront célébrées également du 7 au 11 juillet 2025 les journées nationales de refus de la corruption (JNRC). Portées notamment par le REN-LAC, ces journées qui en sont à leur 20ᵉ édition se tiendront sous le thème : “Corruption et action humanitaire au Burkina Faso”.
La corruption est une menace planétaire. Elle fait obstacle au développement économique et on pourrait y voir la dune dans laquelle s’enlise la prospérité. Dans le monde globalisé et fortement interconnecté qui est le nôtre, la corruption est un des écueils les plus dangereux. Chaque année, des pots-de-vin d’une valeur de mille milliards de dollars sont versés et, selon les estimations, 2 mille six cents milliards de dollars sont engloutis par la corruption, ce qui représente plus de 5% du PIB mondial. Or, la corruption ne prive pas seulement de ressources ceux qui en ont le plus besoin ; elle favorise aussi la mauvaise gouvernance qui alimente à son tour les réseaux criminels organisés. De ce fait, elle concerne tout un chacun et peut amoindrir la prospérité, compromettre le respect des droits humains et entraver la prestation de services.
La corruption érode les institutions démocratiques et sape l’état de droit. Aucun pays n’est à l’abri.
Comme l’a si éloquemment exprimé Wole Soyinka – Prix Nobel de littérature – dans le discours qu’il a prononcé à la Conférence des enquêteurs internationaux tenue à Tunis cette année : « …. Telles sont les dynamiques à l’œuvre dans ce fléau tenace qui frappe toutes les communautés humaines et que les sociétés qui en sont victimes tentent de combattre avec créativité, par l’intervention des pouvoirs publics ou de la société civile. À ma connaissance, aucun pays n’y échappe. Ce qui diffère, c’est le degré qu’elle peut atteindre, le contexte dans lequel elle s’inscrit et, le plus important à mes yeux, le niveau de tolérance qu’elle rencontre ».
Le thème de cette année, « Zéro corruption – 100% développement », fait écho à la politique de tolérance zéro de la BAD. La Banque africaine de développement a fait de la gouvernance un des piliers de sa Stratégie décennale (2013–2022). Notre Plan d’action en matière de gouvernance énonce une série d’objectifs ambitieux à l’échelon sectoriel, national et régional. Pour nous, la bonne gouvernance et les stratégies anti-corruption participent de la lutte contre la pauvreté, qui est au cœur de notre mission.
On peut penser que les projets financés par les banques de développement internationales offrent un terrain propice à la corruption ; car les fonds utilisés sont perçus, à tort, comme « venant de l’extérieur ». Lorsqu’il y a à la clef de juteux contrats portant sur des projets d’infrastructure, pots-de-vin, dessous de tables et malversations sont à craindre. Sous l’effet de la corruption, il arrive que les fonds se volatilisent et que les infrastructures ne soient pas construites, qu’elles ne le soient qu’en partie ou qu’elles le soient avec des matériaux de mauvaise qualité ; ce qui n’est pas sans danger.
La Journée internationale contre la corruption doit être l’occasion de réfléchir et de nous recentrer sur notre stratégie de lutte contre la corruption. La Banque joue déjà un rôle de premier plan en appliquant un régime d’intégrité visant à protéger les ressources en faveur du développement et à garantir l’optimisation de l’investissement dans toutes ses opérations. Mais nous devons tous concourir au même but. Je vous appelle donc, membres du personnel ou partenaires de la Banque, à rejeter catégoriquement la corruption. Nous avons besoin de vous pour venir en aide aux millions d’Africains qui sont lésés du fait de la corruption.

