
La campagne électorale au Togo a démarré, mais timidement, surtout à l’intérieur du pays.
Du côté de la majorité présidentielle, le ton de la campagne a été très tôt donné.
“Nous irons décliner le programme parce que chaque commune a son programme. Nous allons privilégier le porte-à-porte. Nous devons avoir 100%”, a dit à la DW Dokissime Gnama Latta du parti Unir.
“Je peux vous assurer que les premiers jours de cette campagne sont très riches et très intenses . L’ambiance sur le terrain est globalement positive”, assure Louis Kamako, candidat du mouvement politique La main de Dieu

L’opposition et la société civile réclament le report du scrutin, dénonçant la répression des récentes manifestations et un processus électoral opaque.
Après les diplomates accrédités dans le pays, le gouvernement a rencontré mercredi 09 juillet à Lomé, les représentants des médias nationaux et internationaux. Objectif, faire toute la lumière sur les incidents survenus dans certains quartiers de la capitale durant le mois de juin dernier (6, 26, 27 et 28), et dénoncer une tentative de déstabilisation planifiée du pays.
A quelques jours des élections municipales, et alors que la campagne électorale bat son plein sur le territoire, le gouvernement réaffirme sa détermination à garantir un processus apaisé.
“Aucun trouble à l’ordre public ne sera toléré”, ont martelé les officiels, qui ont invité les différents acteurs à jouer leur partition pour un climat électoral serein.
Pendant ce temps, des partis de l’opposition et des organisations de la société civile exigent le report sine die de ces élections municipales pour plusieurs raisons concernant surtout les tensions dans le pays.
Pour le politologue Paul Amégankpo, directeur de l’institut Tambarma, “la tenue de ces élections s’inscrit dans un contexte politique national empreint de tension multiple”.
Il décrit la situation en ces termes : “d’abord, les tensions sociales issues de l’arrestation de l’artiste Aamron et des manifestations conséquentes réprimées dans la violence par les forces de sécurité créent une ambiance de démoralisation et de désenchantement de l’opinion publique par rapport à ces élections”.
Le politologue pointe le changement constitutionnel, la lassitude électorale et des conditions de vote jugées peu crédibles.
“Surtout, le mandat de la CENI, qui était caduque depuis juin 2023 et dont le renouvellement peine à être effectué”, dit-il.
“À partir du moment où l’organe de gestion des élections n’arrive pas à rassurer les parties prenantes quant à leur transparence et leur crédibilité, cela jette un discrédit sur la tenue des élections”, estime-t-il.

