Gestion des Inondations: l’Etat anticipe

Dakar, 17 aout 2025(JVFE)-De fortes précipitations se sont abattues sur Dakar ce vendredi, provoquant d’importantes inondations dans plusieurs quartiers. Parmi les zones les plus touchées : Ngor, Cambérène, Thiaroye, Diamaguène, ainsi que les Parcelles Assainies, notamment l’Unité 24. Si aucun dégât majeur n’a été officiellement recensé, les scènes de rues submergées et d’habitations envahies par les eaux ont semé l’angoisse chez les habitants.

La visite du PR DIOMAYE à Thiaroye au chevet des sinistrés des inondations en est une parfaite illustration.

Dès les premières heures de cette crise, les autorités ont réagi avec célérité. Le ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement, Dr Cheikh Tidiane Dièye, de retour d’un déplacement en Afrique du Sud, s’est rendu immédiatement sur les lieux pour constater l’ampleur des dégâts et coordonner les opérations de secours. Accompagné des équipes techniques de l’Office national de l’assainissement du Sénégal (ONAS), de la Direction de la Prévention et de la Gestion des inondation, il a supervisé les efforts d’évacuation des eaux dans la zone sinistrée.

Des dégâts et des chiffres catastrophiques  pour la gestion des inondations avec près de 766 milliards contre les inondations

Un Conseil interministériel s’est tenu ce lundi 12 mai 2025, à la Primature, sur la prévention et la gestion des inondations en perspective de l’hivernage 2025. Une rencontre importante qui a permis au Gouvernement de prendre les mesures fortes.

Le bilan n’a pas  été aussi lourd depuis 10 ans.

Le ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement, Cheikh Tidiane Dièye, a annoncé l’imminente publication d’un rapport commandité par le Premier ministre sur la gestion des inondations au Sénégal. Ce document, actuellement sur sa table et en cours d’exploitation, promet de mettre en lumière les failles et l’inefficacité des politiques menées ces dernières années, malgré des investissements colossaux.

« Il y a eu beaucoup de choses qui ont été faites ces 12 dernières années. Il y a eu énormément d’interventions. Vous entendez souvent parler des 766 milliards dépensés depuis 2012 dans la gestion des inondations », a rappelé le ministre. Avant de préciser : « Aujourd’hui, il y a un rapport commandité par le Premier ministre, qui est sur ma table, que je suis en train d’exploiter, et qui sera rendu public. Il montrera effectivement l’inefficacité de la gestion des inondations ces dernières années. »

Cette déclaration met en évidence la nécessité d’une rupture dans la stratégie nationale de lutte contre les inondations. Malgré les milliards mobilisés, les inondations continuent chaque année d’affecter gravement les populations, posant la question de la transparence et de l’efficacité des politiques publiques dans ce domaine.

La publication prochaine de ce rapport devrait apporter des éclairages majeurs sur l’utilisation des fonds et ouvrir la voie à de nouvelles orientations dans la gouvernance de l’hydraulique et de l’assainissement au Sénégal.

La gestion des inondations englobe un ensemble de mesures visant à prévenir ou à atténuer les effets néfastes des inondations, qu’elles soient naturelles ou causées par l’homme. Cela inclut des actions telles que la construction de digues et de barrages, la restauration des zones humides, la végétalisation urbaine, et la mise en place de systèmes d’alerte précoce. 

En résumé, la gestion des inondations se concentre sur :

  • Prévention:

Réduire les risques en limitant les surfaces imperméables, en restaurant les zones naturelles, et en améliorant la gestion des eaux pluviales. 

  • Protection:

Mettre en place des infrastructures comme les digues et les barrages pour protéger les zones sensibles. 

  • Gestion de crise:

Établir des plans d’urgence, des systèmes d’alerte, et des mécanismes de coordination pour faire face aux inondations en cas d’occurrence. 

Exemples de mesures spécifiques:

  • Construction de digues et de barrages:

Ces infrastructures permettent de retenir l’eau et de contrôler les débits, réduisant ainsi le risque de débordement. 

  • Restauration des zones humides:

Les zones humides absorbent l’eau et aident à réguler le flux hydrique, réduisant l’impact des inondations. 

  • Végétalisation urbaine:

Les espaces verts et les toits végétalisés contribuent à l’absorption de l’eau de pluie, diminuant le ruissellement. 

  • Mise en place de systèmes d’alerte précoce:

Les systèmes d’alerte permettent d’informer rapidement les populations et les autorités en cas de risque d’inondation, facilitant ainsi les évacuations et les mesures de protection. 

  • Gestion intégrée des ressources en eau:

En intégrant la gestion des inondations dans la gestion globale de l’eau, il est possible d’optimiser l’utilisation des ressources et de réduire les risques. 

  • Sensibilisation et éducation:

Informer et éduquer la population sur les risques d’inondation et les mesures à prendre permet de renforcer la résilience des communautés face à ce risque. 

Au Sénégal, des efforts sont déployés pour améliorer la gestion des inondations, notamment à travers le Projet de Gestion Intégrée des Inondations (PGIIS) et des projets pilotes comme le PING-GIRI à Dakar. Ces initiatives visent à renforcer la capacité des communautés à faire face aux inondations, en mettant l’accent sur la résilience, la participation citoyenne, et l’utilisation de solutions innovantes. 

 

Selon un communiqué de l’ONAS, l’intervention menée à l’Unité 24 des Parcelles Assainies a permis de réduire de manière significative le niveau d’eau stagnante : « La station de pompage, d’une capacité de 300 m³/heure, a permis de faire passer le niveau d’eau de 95 cm à 45 cm entre 15h00 et 20h13 », rapporte l’institution. Une performance qui témoigne, selon l’ONAS, de l’efficacité du dispositif d’intervention d’urgence déployé par les services de l’État.

Au cœur de cette mobilisation, la voix de l’imam Amar de la mosquée de l’Unité 24 a joué un rôle catalyseur. Sa vidéo, devenue virale sur les réseaux sociaux, a mis en lumière la détresse des habitants et a suscité une vague d’indignation et de solidarité. Selon le témoignage de l’internaute Abdou Aziz Sall, cette interpellation publique a trouvé un écho au plus haut sommet de l’État.

Le Premier ministre Ousmane Sonko, informé de la situation, a personnellement joint l’imam Amar par téléphone pour s’enquérir des besoins des populations et assurer de la mobilisation du gouvernement. Ce geste, hautement symbolique, a été perçu comme un signal fort d’un pouvoir exécutif à l’écoute, soucieux d’allier parole et action.

Cette réactivité gouvernementale intervient dans un contexte de vulnérabilité persistante face aux phénomènes climatiques extrêmes. La veille, l’Agence nationale de l’aviation civile et de la météorologie (Anacim) avait émis une alerte sur l’arrivée d’un système pluvio-orageux actif, susceptible d’affecter Dakar ainsi que plusieurs régions du pays, dont Saint-Louis, Thiès, Mbour et les îles du Sine-Saloum. Les pluies devraient se poursuivre jusqu’au samedi 16 août, accompagnées de vents violents allant du sud-ouest au nord-est.

Les autorités appellent à la vigilance et recommandent aux citoyens de suivre scrupuleusement les bulletins météorologiques afin de minimiser les risques.

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