Détournement de deniers publics: Le nouveau pool judiciaire financier en charge des affaires de son  premier dossier de l’ex DG de la Lonase, Lat Diop

Dakar,18 aout 2025(JVFE)-L’ancien Directeur Général de la Loterie Nationale Sénégalaise (Lonase) et ex Ministre des Sports sous le régime de Macky SALL, détenu depuis septembre 2024 pour détournement de fonds publics, extorsion et blanchiment estimés à 8 milliards FCFA, fait l’objet d’un durcissement de la procédure judiciaire.

 Le parquet financier avait transmis un réquisitoire supplétif au juge d’instruction, sollicitant une deuxième inculpation sur la base d’un rapport d’expertise comptable. Cette initiative intervient alors que la Chambre d’accusation financière de la Cour d’appel de Dakar venait d’ordonner, mardi 12 août 2025, sa mise en liberté provisoire sous bracelet électronique, infirmant ainsi le refus du juge d’instruction.

Le parquet général a acté ce jeudi son pourvoi contre cette décision, confirmant sa volonté de contester la libération provisoire de l’ancien patron de la Lonase et de maintenir l’action judiciaire.

Depuis samedi 16 aout 2025,Lat Diop est en garde à vue .Il est poursuivi pour corruption et detournement de derniers publics portant sur 5 milliards de nos francs soutirés de la plateforme de paris sportifs “1xbet” partenaire de la LONASE.

Une autre enquete est dligentée à son encontre portant sur un affaire de corruption et de detournement d ‘une valeur de 20 millions fcfa à l ‘Observatoire de la Qualite des Services Financiers (OQSF).

Pour rappel ,depuis ce mardi 17 septembre, 27 magistrats spécialisés dans la lutte contre la corruption et les crimes économiques ont été officiellement installés au sein du pool judiciaire financier. Cette structure sera notamment chargée d’examiner les plaintes pour corruption, détournement de deniers publics, blanchiment d’argent et financement du terrorisme. 

Le nouveau pool judiciaire financier a remplacé la Cour de répression de l’enrichissement illicite qui avait été créée en 1981et disposait de prérogatives plus limitées.PJF est composé de 27 magistrats spécialisés en délinquance financière.

Le Sénégal vient d’amorcer une réforme organisationnelle qui témoigne une volonté réelle du législateur de lutter contre la délinquance dite financière à travers l’adoption de la loi n° 2023-14 du 27 juillet 2023 modifiant la loi n° 65-61 du 21 juillet 1965 portant Code de Procédure pénale. Avec cette nouvelle loi, il s’est agi principalement de réformer les institutions judiciaires traitant le contentieux économique et financier afin de les spécialiser de façon à accroître leur efficacité dans la lutte contre ce type d’infractions. Pour atteindre cet objectif, le législateur a, d’abord, supprimé la loi n° 81-54 du 10 juillet 1981 créant la Cour de répression de l’enrichissement illicite (CREI) et, ensuite institué un Pool judiciaire spécialisé dans la répression des crimes et délits économiques ou financiers, dénommé Pool judiciaire financier (PJF), au niveau du Tribunal de grande instance Hors Classe de Dakar et de la Cour d’Appel de Dakar. Le Pool judiciaire financier, qui a une compétence nationale, comporte : • un Parquet financier ; • un Collège des juges d’instruction financiers ; • une Chambre de jugement financière ; • une Chambre d’accusation • une Chambre des appels financière ; et • des assistants de justice spécialisés. Il exerce une compétence concurrente à celle des juridictions de droit commun dans la poursuite, l’instruction et le jugement des infractions à caractère économique ou financier présentant une grande complexité en raison notamment du nombre important d’auteurs, de complices ou de victimes, de l’importance du préjudice ou du ressort géographique sur lequel elles s’étendent. Le PJF exerce, d’une part, une compétence concurrente d’attribution pour la poursuite, l’instruction et le jugement de la corruption et des pratiques assimilées ; des détournements, escroqueries et soustractions liés aux deniers publics ; des infractions liées à la fausse monnaie ; du blanchiment de capitaux ; des infractions fiscales ; des infractions douanières ; du trafic de stupéfiants, de substances psychotropes et de précurseurs ; des infractions liées aux technologies de l’information et de la communication ; des infractions en matière de chèque, de carte bancaire et des autres instruments et procédés électroniques de paiement et des infractions à caractère économique ou financier pour lesquelles une loi spéciale lui donne compétence ; d’autre part, il exerce une compétence exclusive pour la poursuite, l’instruction et le jugement des infractions liées à la réglementation des marchés publics ; de la piraterie maritime ; du financement du terrorisme ; du trafic de migrants ; de l’enrichissement illicite ; des infractions liées à la réglementation bancaire ; des infractions boursières sur le marché financier ; de l’escroquerie et l’abus de confiance, dont le préjudice est supérieur ou égal à cinquante millions (50.000.000) de francs CFA, lorsque les faits impliquent plusieurs auteurs, complices, ou victimes ou s’étendent sur plus d’un ressort d’un tribunal de grande instance ; des infractions pour lesquelles une compétence concurrente d’attribution lui est reconnue, à la condition que le montant du préjudice soit supérieur ou égal à cinquante millions (50.000.000) de francs CFA ; et des infractions pour lesquelles une compétence concurrente d’attribution lui est reconnue, lorsque celles-ci comportent au moins un élément d’extranéité, à l’exception des infractions liées aux technologies de l’information et de la communication. En outre, le PJF connaît, dans tous les cas, des infractions connexes à celles qui lui sont dévolues. Enfin, les fonctions du greffe sont assurées par des greffiers mis à la disposition du PJF par l’administrateur des greffes de la Cour d’Appel de Dakar et par son homologue du Tribunal de grande instance Hors Classe de Dakar.

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