Dakar,07 Septembre 2025(JVFE)-Le gouvernement sud-africain a annoncé l’ouverture de son réseau ferroviaire national aux entreprises du secteur privé, dans un effort visant à améliorer l’efficacité du transport de marchandises et à faire face aux défis croissants auxquels fait face Transnet, l’entreprise publique responsable des secteurs du transport maritime et ferroviaire dans le pays.
L’Afrique du Sud a approuvé l’octroi de licences d’exploitation à 11 entreprises privées pour exploiter des trains sur son réseau ferroviaire national.
La ministre des Transports, Barbara Creecy, a déclaré que 11 entreprises sur 25 ayant soumis des demandes pour opérer des trains de fret ont rempli les conditions techniques et administratives et passeront à la phase de négociation et de contractualisation, sans révéler les noms des entreprises qualifiées.
L’ouverture du réseau ferroviaire sud-africain aux privés devrait permettre de débloquer jusqu’à 20 millions de tonnes de fret supplémentaires par an et de repenser la logistique minière. Les licences de 10 ans, accordées en août par l’entreprise publique de logistique Transnet, marquent un tournant majeur dans la politique ferroviaire sud-africaine, permettant aux opérateurs privés d’investir dans les infrastructures et d’accroître la capacité sur 41 itinéraires clés.
Cette décision s’inscrit dans l’objectif du gouvernement de porter le transport ferroviaire total à 250 millions de tonnes par an d’ici 2029, en mettant l’accent sur les matières premières en vrac telles que le charbon, le manganèse et le chrome.
Cette initiative est due ,entre autres, à la baisse des performances de Transnet, causée par un manque d’équipement et l’accumulation de travaux de maintenance, ainsi qu’à la montée des vols de câbles et des actes de vandalisme, ce qui a poussé le gouvernement à impliquer le secteur privé pour renforcer la capacité opérationnelle et élargir la capacité de transport.
Transnet a également conclu des partenariats stratégiques avec des sociétés minières afin d’améliorer l’efficacité du réseau ferroviaire.
Creecy a expliqué que les nouvelles entreprises ne remplaceront pas Transnet, mais compléteront son rôle en ajoutant une nouvelle capacité de transport à ce que l’entreprise transporte actuellement.
Ces entreprises ont obtenu des autorisations d’exploitation couvrant 41 routes, des lignes destinées au transport de biens stratégiques tels que le charbon, le minerai de fer, le chrome, le manganèse, le sucre et les combustibles.
Les contrats signés avec les entreprises privées stipulent qu’elles doivent obtenir des permis de sécurité, garantir la disponibilité des wagons et la capacité de décharger les cargaisons dans les ports. La durée des autorisations opérationnelles varie entre un et dix ans, selon les déclarations de la ministre.
Bien que le gouvernement ait fourni des garanties financières d’un montant de 149 milliards de rands (environ 8,4 milliards de dollars) pour soutenir Transnet cette année, il a reconnu la limitation de sa capacité à financer des projets d’infrastructure et à traiter les crises de transport accumulées.
L’entreprise cherche à obtenir un financement supplémentaire de 35 milliards de rands pour développer ses infrastructures au cours de cette année.
Les volumes de fret par le réseau ferroviaire de Transnet ont chuté à 152 millions de tonnes métriques au cours de l’exercice fiscal 2023/2024, contre un pic de 226 millions de tonnes en 2017/2018.
Le gouvernement espère que la participation des nouvelles entreprises contribuera à transporter 20 millions de tonnes supplémentaires par an à partir de l’exercice fiscal prochain, dans le cadre d’un plan visant à porter le volume de fret à 250 millions de tonnes par an d’ici 2029.
Il est également prévu que ces entreprises ajoutent une capacité d’exportation de charbon pouvant atteindre 10 millions de tonnes au cours des trois prochaines années, ce qui pourrait alléger la pression sur les grandes entreprises minières telles que Kumba Iron Ore et Thungela Resources, qui ont dû réduire leur production en raison de la capacité limitée de Transnet à transporter.
En août, Transnet a signé un accord avec Exxaro Resources pour moderniser les infrastructures reliant sa mine de charbon de Leeuwpan, dans le Mpumalanga, aux marchés intérieur et extérieur.
Cet accord soutient l’objectif de ventes d’Exxaro d’ici 2025, qui devrait atteindre 42,4 millions de tonnes, dont 7,2 millions de tonnes destinées à l’exportation.
En juillet, United Manganese of Kalahari (UMK) a conclu un accord den10 ans avec Transnet pour le transport du manganèse depuis ses sites du Cap-Nord jusqu’aux ports, renforçant ainsi la volonté de l’Afrique du Sud de maximiser ses exportations dans le cadre de sa future stratégie sur les minéraux critiques.
Pour soutenir ces réformes, le gouvernement sud-africain a approuvé en juillet un financement supplémentaire de 94,8 milliards de rands (environ 5,4 milliards de dollars) pour Transnet, après un prêt de 51 milliards de rands en mai.
Les prêteurs internationaux sont également intervenus : la Nouvelle Banque de développement, propriété des BRICS, a accordé un prêt de 278 millions de dollars et la Banque africaine de développement a approuvé un prêt d’un milliard de dollars pour moderniser ses infrastructures logistiques. Ces développements seront mis en lumière lors de la prochaine Semaine minière africaine au Cap, du 1er au 3 octobre, où un panel dédié intitulé « Des mines aux marchés » explorera la préparation du secteur logistique africain à soutenir l’augmentation des flux minéraux et l’intégration régionale.

