
Dakar,08 Septembre 2025(JVFE)-L’annonce a été faite à l’agence nationale de la BCEAO à Lomé au cours de la session du CNC au titre du deuxième trimestre de l’année en cours.
Les différents acteurs du monde économique se retrouvent pour la seconde fois au cours de cette année 2025 autour du ministre de l’économie et des finances président statutaire du Conseil Nationale de Crédit (CNC) pour échanger sur les derniers développements de l’activité économique mondiale qui révèle en substance que l’économie mondiale traverse des incertitudes, en liaison avec l’intensification des tensions commerciales et l’émergence de nouveaux conflits, notamment au moyen orient. Mais contrairement à cette morosité que l’on note sur le plan international, l’économie togolaise arbore toujours des signaux positifs grâce à sa résilience indique, Essowè Georges BARCOLA le ministre de l’économie et des finances : « au niveau national, sous le leadership éclairé du Président du Conseil Son excellence monsieur Faure Essozimna GNASSINGBE, les réformes entreprises ces dernières années ont permis à l’économie de démontrer des signes de résilience. En effet, comme annoncé au début de l’année,” le taux de croissance économique est projeté à 6,2 % en 2025, après 6,3 % en 2024 », a indiqué le ministre de l’économie et des finances, Georges Barcola.
Tous les secteurs devraient contribuer à cette croissance, en particulier le secteur tertiaire. Les données disponibles indiquent que sur les trois premiers mois de l’année, la conjoncture macroéconomique est globalement favorable, avec un indice du chiffre d’affaires dans les services marchands qui a progressé de 5,2% en glissement annuel. Par ailleurs, les taux d’inflation et d’endettement sont contenus dans les normes communautaires ».
Évoquant le financement des activités économiques, le président statutaire du Conseil National du Crédit a salué l’effort consenti par les banques et les institutions de microfinances : « Le financement de l’activité économique est également assuré par les banques, avec des nouvelles mises en place de crédit qui ont progressé de 19% en un an à 286 milliards au terme des trois premiers mois. Je me réjouis particulièrement que la part des financements en faveur des TPME (Très petites, Petites et Moyennes Entreprises) a augmenté pour atteindre 44%, contre 37% à la même période de l’année précédente. Les échanges de ce jour porteront sur l’évolution de la situation économique, monétaire et du système bancaire et financier au 31 mars 2025. Nous accorderons une attention particulière à la note sur les mécanismes innovants de recouvrement des créances des institutions de microfinance »
Par ailleurs, le Conseiller du Directeur National a informé les membres du CNC d’un changement avec la nomination de Monsieur Mawuli Kodjovi COUCHORO, en qualité de nouveau représentant du Togo au sein du Comité de Politique Monétaire de la BCEAO (CPM). Celui-ci a été salué par le président statutaire du CNC et par l’ensemble des membres. Monsieur COUCHORO est déjà membre de notre CNC, mais il s’agit donc d’un changement de statut. Au regard de ses références académiques, de ses expériences et contributions au CNC, le CNC ne doute pas qu’il saura valablement le représenter au niveau du Comité de Politique Monétaire de la BCEAO (CPM). Ainsi le conseil souhaite plein succès à Monsieur COUCHORO dans son nouveau rôle. Et rend hommage tout en exprimant sa gratitude à son prédécesseur au sein du Comité de Politique Monétaire de la BCEAO Monsieur Khoura TAKPARA dont le mandat a pris fin en mars 2025. Qu’il trouve ici l’expression de notre gratitude.
Pour rappel, la mission du Conseil national du crédit est d’étudier les conditions de fonctionnement du système bancaire et financier et d’évaluer les performances de l’économie.
Depuis plusieurs années, le paysage politique togolais est dominé par le parti au pouvoir, l’Union pour la République (UNIR). Un changement significatif est intervenu avec l’adoption d’une nouvelle Constitution le 25 mars 2024, marquant la transition d’un régime semi-présidentiel vers un régime parlementaire. Le Parlement, désormais composé de deux chambres, — à savoir l’Assemblée nationale et le Sénat —, a la responsabilité d’élire le Président de la République et le Président du Conseil.
Dans le nouveau système parlementaire, le Président de la République exerce des fonctions essentiellement symboliques, tandis que le Président du Conseil — issu du parti majoritaire — détient les pleins pouvoirs exécutifs, notamment en matière de nominations civiles et militaires. Le Parlement est désormais bicaméral, avec une Assemblée nationale et un Sénat. Les élections de 2024 et 2025 ont confirmé la domination de l’UNIR au sein des deux chambres.
En dépit des chocs persistants depuis la pandémie de la COVID-19, l’économie togolaise a fait preuve de résilience, avec une croissance moyenne de 6,1 % entre 2021 et 2023, grâce en partie aux mesures de relance budgétaire. Cependant, une inflation élevée et des disparités d’opportunités économiques entre les zones rurales et urbaines entravent les progrès en matière de réduction de la pauvreté et des inégalités.
Après avoir enregistré un taux de croissance du PIB de 5,3 % en 2024, l’économie devrait ralentir à environ 5,1 % en 2025, en raison des efforts de consolidation budgétaire, de la faiblesse de la demande mondiale et des incertitudes régionales. Le déficit budgétaire devrait passer de 6,1 % du PIB en 2024 (4,5 % hors recapitalisation de l’Union togolaise de banque [UTB]) à 3 % en 2025, grâce aux efforts de mobilisation des recettes et à une réduction des dépenses publiques, notamment des dépenses d’investissement. L’impact des mesures de consolidation budgétaire sur l’activité devrait être partiellement compensé par une reprise de la consommation, soutenue par une baisse de l’inflation, tandis que l’investissement privé est stimulé par le développement de la plateforme industrielle d’Adétikopé (PIA). Du côté de l’offre, bien que l’activité industrielle montre des signes de ralentissement en raison notamment d’une baisse de la demande extérieure, une saison agricole relativement robuste et une activité soutenue dans le secteur des services ont contribué à soutenir l’activité économique.
Malgré un contexte régional et mondial difficile, la croissance devrait se renforcer pour atteindre une moyenne de 5,5 % en 2026-2027. Cette progression modeste sera soutenue par des projets d’investissement privés en cours et prévus, ainsi que par la consommation à mesure que l’inflation se situe en deçà du seuil des 3 %. Dans ce contexte, le taux de pauvreté devrait progressivement baisser à 20,3 % en 2027 (définition internationale), soutenu par une hausse du PIB par habitant et une baisse de l’inflation.

