Les investissements dans l’IA des Big Tech tirent le PIB américain

Dakar,16 Septembre 2025(JVFE)-Les investissements dans l’IA pourraient contribuer à la croissance du PIB américain à hauteur de 0,7 % en 2025, selon les calculs de Jens Nordvig, un économiste et fondateur de la plateforme d’analyse de données Exante Data.

Les géants de la tech investissent toujours dans des centres de données, pour élaborer des modèles d’IA toujours plus performants. Applaudie par Wall Street, cette stratégie commence à transformer l’économie américaine.

Les géants de la tech dépensent sans compter dans l’IA, au point de transformer l’économie américaine. Pendant l’année 2025, ces groupes (Meta, Alphabet, Microsoft, Amazon et Apple) prévoient de dépenser jusqu’à 400 milliards de dollars, principalement pour construire des centres de données spécialisés dans l’IA. Leurs investissements augmentent, même si leurs revenus liés à l’IA sont encore incertains.

Par le passé, un tel niveau de dépense aurait pu inquiéter Wall Street. Mais les investisseurs semblent convaincus que cette frénésie de dépenses dans l’IA va se transformer en revenus sonnants et trébuchants. A l’inverse, les groupes de la tech qui rechignent encore à engloutir des sommes folles dans l’IA – Apple en tête – sont sanctionnés par les marchés.

Inquiétudes

Les investissements dans l’IA pourraient contribuer à la croissance du PIB américain à hauteur de 0,7 % en 2025, selon les calculs de Jens Nordvig, un économiste et fondateur de la plateforme d’analyse de données Exante Data. Ce qui représenterait jusqu’à la moitié de la croissance de 1,4 %, prévue cette année par la Federal Reserve américaine.

Cette dépendance de l’économie américaine à l’IA inquiète certains économistes. « On a l’impression que l’industrie de l’IA porte l’économie américaine sur son dos », indique Callie Cox, analyste chez Ritholtz Wealth Management, au Washington Post. « Dans une économie en bonne santé, les consommateurs et les entreprises de toutes origines et de tous les secteurs devraient jouer un rôle. Ce n’est pas le cas en ce moment. »

De leurs côtés, les entreprises de la tech parient que l’avènement de l’IA va entraîner un boom économique, accélérer la recherche scientifique et créer de l’activité. Certaines régions des Etats-Unis, dont le Texas et la Virginie, bénéficient de la construction de centres de données, qui crée des emplois locaux. Mais ces data centers, très gourmands en énergie, ne nécessiteront pas autant de travailleurs une fois qu’ils seront construits.

En attendant, les géants de la tech mettent les bouchées doubles dans l’IA, avec la bénédiction de Wall Street. Meta a annoncé qu’il comptait investir entre 66 et 72 milliards de dollars cette année pour perfectionner ses modèles. Son action s’est envolée de 10% peu après la publication de ses résultats.

Le groupe, qui comprend Facebook, Instagram, WhatsApp et Messenger, se rêve en champion de la «superintelligence personnalisée. » Il utilise déjà l’IA pour sélectionner les contenus qui apparaissent sur le fil d’actualité des utilisateurs, optimiser les publicités et aider les entreprises à communiquer avec leurs clients sur WhatsApp. A terme, Meta espère convaincre ses 3,48 milliards d’utilisateurs d’adopter un compagnon IA personnalisé.

4.000 milliards de dollars

D’autres géants de la tech – Microsoft, Amazon et Google – misent plutôt sur les services à distance aux entreprises. Le premier prévoit d’investir plus de 100 milliards de dollars dans l’IA cette année, 14 % de plus qu’en 2024. Les ventes de sa branche cloud Azure ont atteint les 75 milliards de dollars au dernier trimestre, ce qui a ravi Wall Street. Avec Nvidia, le grand bénéficiaire de la révolution de l’IA générative, l’entreprise dirigée par Satya Nadella est la seule entreprise au monde dont la valorisation dépasse les 4.000 milliards de dollars.

Pionnier dans l’IA, Alphabet n’est pas en reste, avec des investissements de l’ordre de 85 milliards de dollars cette année, contre 52 milliards l’année dernière. Mais les investisseurs doutent que la révolution de l’IA bénéficiera in fine au géant californien, car son modèle économique, qui repose largement sur la recherche en ligne, est menacé par les chatbots.

Amazon prévoit quant à lui d’investir jusqu’à 118 milliards de dollars cette année. Mais une partie de ces investissements doit servir à moderniser ses entrepôts et centres de logistique, où des robots effectuent une partie croissante du travail. L’action Amazon, comme celle d’Alphabet, stagne depuis le début d’année. Outre l’impact incertain de l’IA, elle est plombée par les droits de douane instaurés par Donald Trump.

Apple résiste

Dans le club des big tech, Apple fait figure d’exception. L’entreprise dirigée par Tim Cook a prévu d’investir 14 milliards de dollars seulement cette année. Elle compte sur ses partenaires, Foxconn en tête, pour construire des centres de données à sa place. Sans convaincre les marchés, déçus par le lancement raté d’Apple Intelligence.

Face aux analystes, Tim Cook a refusé de céder à la pression et de dévoiler sa stratégie dans l’IA générative. Son retard pourrait être accentué par le départ de plusieurs chercheurs de haut niveau, recrutés à prix d’or par Meta pour constituer sa « dream team » dans l’intelligence artificielle. Mais il ne se traduit pas encore par une baisse des ventes d’Apple, qui restent au firmament.

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