Dakar, 17 Septembre 2025(JVFE)-Le gouvernement malgache a officialisé les modalités de participation aux élections sénatoriales prévues le 11 décembre 2025, à travers un décret adopté en Conseil de gouvernement le 9 septembre. Le montant de la caution est revu à la hausse par rapport aux dernières sénatoriales de 2020 et passe de 15 millions d’ariary à 60 millions d’ariary.
Une somme qui sera remboursée si la liste obtient au moins 10 % des suffrages exprimés. Le dépôt des candidatures sera ouvert du 9 au 23 octobre à 17 heures, et la campagne électorale débutera officiellement le 19 novembre.
Ce texte encadrant l’organisation et le déroulement du scrutin, apporte des précisions sur les conditions de candidature, les délais à respecter, et les règles de la campagne électorale et notamment le montant de la caution que chaque liste de candidat doit s’acquitter, pour être éligible.
Concernant la période de dépôt des candidatures, elle aura lieu du 9 octobre 2025 à 9h00 jusqu’au 23 octobre 2025 à 17h00. Les documents requis doivent être complets et conformes aux directives en vigueur. Une liste définitive des candidats sera publiée le 12 novembre par la Ceni, soit dans les 60 jours prévus par la loi, pour valider les candidatures recevables.
Et la ministre a précisé que les maires et les conseillers municipaux uniquement figureront sur la liste des grands électeurs. Et les circonscriptions n’ayant pas de maires ou de Conseillers, ne participeront pas aux élections.
Campagne électorale et propagande
Le décret précise également que la campagne électorale se déroulera du 19 novembre au 9 décembre à minuit. Un silence électoral sera observé le 10 décembre, soit la veille du scrutin. Les autorités rappellent que seul un bulletin de vote unique, sera utilisé pour l’élection, afin de simplifier le processus et garantir la transparence.
Organisation et logistique
Le décret relatif à l’organisation des élections sénatoriales et son article 70, restent également des références importantes dans l’élaboration du calendrier électoral. Conformément aux exigences légales, le décret fixe la date du scrutin au moins 90 jours après la publication des modalités, respectant ainsi les délais constitutionnels.
« Selon le décret, les candidats doivent déposer une caution électorale de 60 millions d’ariary par liste, et non par candidat individuel », a indiqué hier la ministre de la Communication et de la culture, Mara Volamiranty Donna, hier à la Bibliothèque nationale Ampefiloha. Et cette somme sera remboursée pour tout candidat qui a obtenu au moins 10% des suffrages.
Si cette annonce marque une étape décisive dans la préparation du scrutin, elle a aussi ravivé un débat récurrent sur le rôle de l’argent dans la vie politique malgache, notamment dans un pays où la majorité de la population vit avec moins de deux dollars par jour.
Depuis 2023, la caution s’élevait à 200 millions d’ariary pour la présidentielle, à 20 millions par candidat aux législatives et jusqu’à 50 millions par liste lors des municipales dans la capitale. Le seuil retenu pour les sénatoriales se situe donc à un niveau intermédiaire, mais continue d’alimenter la controverse sur l’accessibilité de la scène politique.
En effet, ces chiffres traduisent une tendance : participer à la compétition électorale requiert des moyens financiers considérables. Plusieurs analystes estiment que cette évolution transforme les élections en une « affaire de gros sous », réservée à une élite disposant de capitaux importants. De fait, elle pourrait décourager des citoyens compétents et animés par la volonté de servir l’intérêt général, mais dépourvus de ressources suffisantes, de s’engager sur la scène politique.
Ce débat met également en évidence les profondes inégalités sociales du pays. D’un côté, une population majoritaire confrontée à la pauvreté et à la précarité qui peut entrevoir dans ces chiffres une insulte à leur situation sociale et économique ; de l’autre, une classe politique riche largement composée de personnalités issues du milieu des affaires ou bénéficiant d’un accès privilégié aux fonds publics d’où la déclaration du président du Sénat que les Malgaches ne sont pas pauvres.
Pour la Commission électorale nationale indépendante (CENI), ces cautions ont pour objectif de responsabiliser les candidats et d’éviter les candidatures fantaisistes. Mais la controverse demeure : où placer la barre entre le sérieux des candidatures et l’ouverture démocratique ?
