Israël et le Hamas :un accord de paix en 10 points complique les négociations et remet en cause la position de Netanyahou

Dakar,05 OCTOBRE 2025(JVFE)-Le mouvement palestinien a accepté de libérer tous les otages enlevés le 7 octobre mais demande de négocier sur d’autres points du plan présenté par Donald Trump.Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, a annoncé la veille qu’Israël était sur le point de conclure un accord sur la prise d’otages avec le Hamas, indiquant ainsi sa volonté de mettre en œuvre la première phase du plan de paix en 20 points pour Gaza, élaboré par le président américain Donald Trump et visant à mettre fin au conflit.

Le mouvement palestinien a accepté de libérer tous les otages enlevés le 7 octobre mais demande de négocier sur d’autres points du plan présenté par Donald Trump.

Les pourparlers reprennent. Des négociateurs israéliens et du mouvement islamiste palestinien Hamas sont attendus ce dimanche 5 octobre au Caire, en Égypte, pour des discussions indirectes sur le plan de Donald Trump, qui vise à mettre fin à la guerre dans la bande de Gaza et à la libération des otages.

Samedi, le président américain a prévenu le Hamas qu’il ne « tolérerait aucun retard » dans l’application de son plan qui prévoit un cessez-le-feu, la libération dans les 72 heures des otages, le retrait par étapes de l’armée israélienne de Gaza et le désarmement du mouvement islamiste.

Mais de son côté, le Hamas a émis des réserves sur plusieurs points du texte, et appelé à des négociations. Le HuffPost fait le point sur la situation.

L’émissaire de Donald Trump, Steve Witkoff, et son gendre Jared Kushner, ont été dépêchés en Égypte pour finaliser les discussions sur les conditions de libération des otages, selon la Maison Blanche.

Les négociateurs du Hamas, en provenance de Doha, devraient quant à eux arriver dimanche au Caire avant de se rendre à Charm el-Cheikh pour participer à des négociations indirectes avec la délégation israélienne, selon un haut responsable du Hamas. Une source palestinienne proche du Hamas a indiqué à l’AFP que les deux délégations seraient dans le même bâtiment mais à l’écart des médias.

Proche allié de Donald Trump, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a annoncé samedi avoir envoyé ses négociateurs au Caire, en disant espérer que tous les otages seraient ramenés chez eux dans « les prochains jours ».

Un haut responsable du Hamas a affirmé ce dimanche que le mouvement islamiste palestinien est désireux de parvenir à un accord pour mettre fin à la guerre et procéder « immédiatement » à un échange de prisonniers avec Israël. « L’occupation ne doit pas entraver la mise en oœuvre du plan du président Trump. Si l’occupation a de réelles intentions d’aboutir à un accord, le Hamas est prêt », a ajouté un haut responsable de l’organisation.

Cependant, des obstacles importants persistent. Le Hamas n’a pas accepté l’exigence de désarmement, pourtant fondamentale pour Netanyahou. De plus, le Hamas a proposé des modifications au plan, ce qui pourrait compliquer les négociations et remettre en cause la pos

« Les négociations visent à discuter du calendrier de préparation des conditions sur le terrain pour le transfert des captifs détenus à Gaza, en prélude au lancement du processus d’échange de prisonniers », a précisé cette source.

Vendredi, le Hamas s’est déclaré prêt à libérer tous les otages dans le cadre du plan Trump, annoncé le 29 septembre, et à des négociations immédiates en vue de finaliser les détails. Dans sa réponse au plan Trump, le Hamas n’a cependant pas mentionné la question de son désarmement, un point clé de la proposition, et a affirmé qu’il entendait participer à toute discussion sur l’avenir de Gaza, ainsi que redit la nécessité d’un « retrait total israélien » du territoire.

Donald Trump a assuré qu’Israël avait accepté une première « ligne de retrait » à une distance de 1,5 à 3,5 kilomètres au sein des frontières de la bande de Gaza. Dès que le Hamas l’aura acceptée, un cessez-le-feu « entrera immédiatement en vigueur », selon lui. Benjamin Netanyahu affirme quant à lui soutenir le plan Trump mais indique dans le même temps que son armée se maintiendra dans la majeure partie de la bande de Gaza, qu’elle contrôle aujourd’hui à 75 % environ.

Ainsi, les discussions devraient porter sur l’examen de cartes fournies par Israël montrant les itinéraires et calendriers de retrait, qui coïncideront avec le processus d’échange de prisonniers, selon la source.

La délégation du Hamas présentera également les listes de prisonniers palestiniens devant être libérés par Israël en échange des captifs israéliens.

À deux jours du deuxième anniversaire de l’attaque sans précédent du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, qui a déclenché la guerre, l’armée israélienne a poursuivi ses bombardements à Gaza selon la Défense civile locale, faisant au moins 57 morts samedi.

Vendredi 3 octobre, Donald Trump avait pourtant appelé Israël à arrêter « immédiatement » ses bombardements à Gaza. Malgré la poursuite des frappes, le président américain s’est dit satisfait qu’« Israël ait temporairement arrêté les bombardements pour donner à la libération des otages et à un accord de paix une chance de se réaliser ».

Le Hamas a insisté ce dimanche, lors des communications avec les médiateurs, sur la nécessité pour Israël de suspendre toute opération militaire dans l’ensemble de la bande de Gaza, de cesser toutes les activités aériennes, de reconnaissance et les survols de drones, et de se retirer de l’intérieur de Gaza. « Parallèlement à l’arrêt des activités militaires israéliennes, le Hamas et les factions de la résistance suspendront également leurs opérations militaires », a indiqué l’organisation.

L’attaque du 7-Octobre a entraîné du côté israélien la mort de 1 219 personnes, en majorité des civils, selon un bilan établi par l’AFP à partir de données officielles. Sur les 251 personnes enlevées ce jour-là, 47 sont toujours otages à Gaza, dont 25 sont mortes selon l’armée. L’offensive de représailles israélienne a fait au moins 67 074 morts à Gaza, en majorité des civils, selon les chiffres du ministère de la Santé du Hamas, fiables selon l’ONU.

En réponse, le Premier ministre israélien a juré samedi de désarmer le Hamas, qu’il veut détruire, soit dans le cadre du plan soit par ses propres moyens militaires. « Cela sera accompli ! », a-t-il lancé.ition de Netanyahou.

1.     Quel est le nombre de morts jusqu’à présent ?

Les frappes israéliennes se sont intensifiées dans la ville de Gaza et ses environs, tuant au moins 70 Palestiniens au cours de la seule journée du 4 octobre, dont 45 dans la ville de Gaza.

Cela porte le bilan hebdomadaire (du 29 septembre au 5 octobre) à plus de 300 décès, dans un contexte de famine et de déplacements de population persistants. Le ministère de la Santé de Gaza fait état de plus de 66 000 décès palestiniens depuis octobre 2023, dont près de la moitié sont des femmes et des enfants.

Depuis octobre 2023, 440 décès supplémentaires liés à la malnutrition (dont 147 enfants) ont été recensés.

Après les attentats du 7 octobre, on estime qu’environ 150 Israéliens ont été tués dans le conflit.

  •  2

Qui est derrière le plan de paix et qu’implique-t-il ?

Le 29 septembre 2025, Trump a dévoilé un ambitieux plan de paix en 20 points pour l’avenir de Gaza lors d’une conférence de presse à la Maison Blanche, en présence de Netanyahou. Les deux dirigeants ont exprimé l’espoir que ce plan puisse mettre fin au conflit destructeur avec le Hamas. Élaboré avec la participation de l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair et du gendre de Trump, Jared Kushner, ce plan est le fruit de longues discussions entre Israël, les pays arabes et des responsables américains au cours de la semaine précédant l’annonce.

Le Hamas n’a pas participé à l’élaboration du plan et affirme n’avoir reçu la proposition qu’après sa publication publique.

La phase initiale du plan de paix en 20 points de Trump pour Gaza définit des mesures claires pour une désescalade immédiate. Contrairement aux propositions précédentes qui visaient une trêve temporaire avant de négocier un cessez-le-feu permanent, ce plan impose la fin immédiate de la guerre dès la signature de l’accord par les deux parties.

Dans les 72 heures suivant l’accord, le Hamas libérerait tous les otages restants de son attaque du 7 octobre 2023 contre Israël, dont une vingtaine de captifs encore en vie et les dépouilles d’environ 25 autres. En contrepartie, Israël libérerait environ 250 prisonniers palestiniens condamnés à perpétuité pour activités militantes et environ 1 700 Gazaouis détenus pendant le conflit. Les forces israéliennes se retireraient sur les lignes désignées, préservant une zone tampon à l’intérieur de Gaza, tandis que la communauté internationale commencerait à acheminer l’aide humanitaire d’urgence dans la région.

  • 3 Quelles seraient les conséquences pour l’avenir de Gaza ?

Selon le plan de Trump, la gouvernance du Hamas à Gaza serait remplacée par un « comité palestinien technocratique et apolitique » chargé de gérer l’administration d’après-guerre. Ce comité fonctionnerait sous la supervision d’un « Conseil de la paix », présidé par Trump, et Blair jouerait un rôle clé de direction. Les membres du Hamas qui s’engageraient à poursuivre une « coexistence pacifique » et à retirer leurs armes bénéficieraient d’une amnistie, comme l’a indiqué la Maison Blanche. Ceux qui choisiraient de quitter Gaza bénéficieraient d’un passage sûr vers l’exil. Le plan prévoit également que les États-Unis et leurs alliés arabes mettent en place une force internationale à déployer immédiatement à Gaza. Cette force formerait une unité de police palestinienne, censée servir de « solution de sécurité intérieure à long terme » pour l’enclave.

  •  4

Quels défis restent-ils à relever ?

Le plan laisse plusieurs questions cruciales en suspens. Parmi les principales incertitudes figurent :

Gouvernance : L’identité des membres du « comité palestinien technocratique et apolitique » chargé de gouverner Gaza reste non précisée, ce qui suscite des inquiétudes quant à sa composition et sa légitimité.

Désarmement des militants : Le plan ne précise pas comment les nouvelles autorités traiteront les militants du Hamas qui refusent de désarmer, un problème important étant donné l’acceptation conditionnelle du Hamas et sa résistance à une démilitarisation complète.

Force internationale : La composition de la force internationale qui sera déployée à Gaza, dirigée par les États-Unis et leurs alliés arabes, n’est pas définie, aucun pays spécifique n’ayant été confirmé pour y participer.

Calendrier de transition : La durée de l’administration de transition, supervisée par le « Conseil de la paix » présidé par Trump avec la participation de Tony Blair, n’est pas précisée.

Rôle de l’Autorité palestinienne : Le plan prévoit un rôle potentiel futur pour l’Autorité palestinienne, rivale du Hamas, mais cela dépend de réformes approfondies, dont la portée et le calendrier restent flous.

  •  5

Qu’a dit Israël à propos de ce plan ?

Netanyahou a approuvé le plan de paix de Trump. Le 4 octobre, il a annoncé l’envoi en Égypte de négociateurs israéliens, dirigés par son proche collaborateur Ron Dermer, afin de finaliser les accords techniques relatifs à la libération de nos otages. Netanyahou a déclaré qu’Israël et les États-Unis souhaitaient conclure ces négociations « d’ici quelques jours », exprimant l’espoir d’informer l’opinion publique israélienne du retour des otages « dans les prochains jours ».

Cependant, Netanyahou a toujours affirmé qu’il ne tolérerait aucun accord permettant au Hamas de maintenir une présence à Gaza. Il a réitéré cette position le 4 octobre : « Cela se fera soit par la voie diplomatique, selon le plan de Trump, soit par la voie militaire, de notre côté », ajoutant : « Cela se fera par la voie facile ou par la voie difficile, mais cela se fera. »

  •  6

Qu’a dit le Hamas ?

Le plan de Trump mettrait fin au contrôle exercé par le Hamas sur Gaza depuis près de deux décennies, ce qui constituerait un revers important pour le groupe. Les dirigeants du Hamas ont rejeté à plusieurs reprises le désarmement, le considérant comme une ligne rouge non négociable. Le plan stipule que les forces israéliennes maintiendraient une présence à Gaza, notamment dans une zone tampon frontalière, dans un avenir proche. Cela est en contradiction avec l’exigence constante du Hamas d’un retrait israélien complet du territoire. Les analystes notent que le Hamas craint que la libération de tous les otages dans les 72 heures, comme l’exige le plan, ne le prive de tout pouvoir, permettant potentiellement à Israël de reprendre ses attaques ou de revenir sur l’accord sans se soucier de la sécurité des captifs.

La déclaration du Hamas du 3 octobre, exprimant sa volonté de libérer tous les otages israéliens, a suscité un optimisme prudent quant à la possibilité que les négociations en cours aboutissent à des progrès durables. Cependant, le groupe n’a pas exprimé de position claire sur plusieurs autres éléments clés de la proposition, notamment le désarmement complet et les modalités d’une supervision internationale.

  •  7

Les plans de paix ont-ils fonctionné dans le passé ?

Les précédentes tentatives pour mettre fin au conflit à Gaza ont systématiquement échoué. Israël et le Hamas n’ont obtenu que des cessez-le-feu temporaires : l’un d’une semaine environ en novembre 2023 et l’autre de moins de trois mois début 2025. L’un des principaux obstacles à une paix durable demeure l’exigence du Hamas d’un cessez-le-feu permanent lui permettant de maintenir son influence dans la bande de Gaza d’après-guerre, tandis qu’Israël rejette fermement tout accord permettant au Hamas de conserver le pouvoir sur le territoire.

  •  8

Que se passera-t-il si le Hamas rejette le plan ?

Lors d’un point de presse à la Maison Blanche vendredi après-midi, la porte-parole Karoline Leavitt a déclaré que les conséquences d’un refus de l’accord seraient « très graves » pour le Hamas. « Je pense que le monde entier devrait entendre haut et fort le président des États-Unis », a ajouté Leavitt. « Le Hamas a l’occasion d’accepter ce plan et d’avancer de manière pacifique et prospère dans la région. S’il ne le fait pas, les conséquences seront malheureusement tragiques. »

  •  9

Que se passe-t-il à Gaza en ce moment ?

Israël mène une offensive majeure dans la ville de Gaza. Le ministre de la Défense, Israël Katz, a déclaré le 1er octobre que les forces israéliennes « renforçaient le siège » autour de la ville. Suite aux ordres d’évacuation émis par l’armée israélienne le 25 septembre, des centaines de milliers d’habitants de la ville de Gaza ont fui vers une « zone humanitaire » désignée dans le sud de la bande de Gaza, mais des centaines de milliers seraient restés sur place. M. Katz a averti que ceux qui resteraient dans la ville de Gaza pendant l’offensive seraient considérés comme des « terroristes et des partisans du terrorisme ». Israël affirme que l’offensive vise à obtenir la libération des derniers otages détenus par le Hamas.

10 Y a-t-il des raisons d’être optimiste ?

Le plan a recueilli le soutien de la quasi-totalité des grands gouvernements régionaux et des principaux États islamiques, à l’exception de l’Iran, ainsi que de l’Union européenne et de ses États membres. Ce large soutien confère non seulement un poids politique, mais aussi les ressources économiques substantielles nécessaires à la concrétisation de l’engagement pris dans le plan en faveur de la reconstruction et du développement rapides de Gaza, et potentiellement de la Cisjordanie. Certains États arabes ont notamment exprimé leur volonté de fournir des forces armées de stabilisation, un rôle à haut risque qui manquait auparavant de volontaires. Le plan s’inscrit dans une stratégie plus large visant à favoriser la paix régionale grâce à un réseau croissant d’accords d’Abraham, s’appuyant sur les traités existants avec les Émirats arabes unis, Bahreïn, le Soudan et le Maroc. L’Arabie saoudite est un candidat de choix pour y être incluse, la Syrie et le Liban, deux cibles fréquentes des actions militaires israéliennes, étant également considérés comme des partenaires potentiels.

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